Luke Haines and Peter Buck :: Beat Poetry For Survivalists

Quel est le point commun entre REM et The Auteurs. Jusqu’il y a peu, on pouvait avancer qu’il n’y en avait aucun. Il a fallu que Peter Buck (guitariste de REM) commande une toile représentant Lou Reed à Luke Haines pour qu’une collaboration inédite et inattendue naisse. À longueur de discussions, les deux hommes se sont trouvés de nombreux points communs dont un amour certains pour les personnages atypiques. On connaissait déjà ce penchant pour les freaks chez le leader de The Auteurs, mais en aucun cas chez le collègue de Michael Stipe. On se retrouve donc aujourd’hui avec Beat Poetry For Survivalists.
À la lecture du titre, on aurait pu croire que les poètes de la Beat Generation tels que Kerouac, Burroughs et Ginsberg étaient à l’honneur dans une sorte d’album concept. C’est avec surprise que l’on découvre que la relation transatlantique s’est tournée vers d’autres anticonformistes.
Parmi  ce trombinospop, on retrouve Andy Warhol, un habitué des morceaux à son honneur. Comme son titre l’indique, « Andy Warhol Was Not Kind » ,  le pape du Pop Art bénéficie d’un portrait peu flatteur de sa personne.  Chose étonnante lorsque l’on sait que Luke Haines aime tout ce qui concerne New-York jusqu’à lui avoir consacré un album entier (New York In The ’70s).
Autre figure culturelle déviante et moins coutumier de la pop, c’est Jack Parsons.  Cet ingénieur américain,  pionnier de la propulsion spatiale et adepte de la magie noire offre son nom au titre d‘ouverture, qui est de loin le meilleur morceau de l’album. Une  sorte d’invitation lunaire et ésotérique en compagnie de Jimmy Webb et Donovan.
L’autre point d’orgue de cet album savoureux est le morceau « Beat Poetry For Survivalists« , que le grand méchant Lou (Reed) n’aurait pas renié si il l’avait composé à l’époque de Transformer. « Last Of The Legendary Big Foot Hunters » nous fait presque regretter qu’il n’ait jamais eu un second album de Baader Meinhof.
On arrêtera ici l’inventaire des titres pour dire que le seul bémol de cet album est l’apparition redondante d’une flûte assez incongrue dans  de nombreux  titres.
Mais cela ne mettra pas en berne notre bonheur de retrouver un Luke Haines en très grande forme et en pleine possession de son art du songwriting pop. Ça nous donnerait presque envie de ressortir ses deux chefs-d’œuvre New Wave et Now I’m A Cowboy .

Damien