LOTH :: LOTH

Loth Portrait

La Moselle, terre de mirabelles et de tueurs en série, est aussi un vivier fantastique de groupes et artistes originaux, inspirés et sincères. Ce qui m’a mené à ce disque, LOTH by LOTH, dans un style qui a priori n’est pas ma tasse de thé ni de café d’ailleurs.
Voilà un disque qu’il est bon. C’est simpliste mais c’est le premier sentiment qui m’est venu à la première écoute. A la seconde, l’émotion aride et mélancolique de cet opus m’a mis une belle claque, signe précurseur d’un rangement irréversible dans mon top mental d’écouteur en lente mais constante évolution.
Au déballage, il y a déjà ce visuel qui annonce déjà la non-couleur ou donne le La (pour les sociétaires du Crédit Mutuel) : superbe instantané de forêt majestueuse sous le froid de la solitude hivernale et excellent logo gothique qui semble avoir été gravé sur la pierre des roches volcaniques du Mordor.
Une fois le diamant posé sur la cire noir charbon, c’est un lent et intense voyage au cœur des Ténèbres qui commence, à peine éclairé par une sublime intro acoustique à la mélancolie à faire pleurer un all black et un dernier interlude également acoustique annonçant la dernière bataille contre les hordes de l’envahisseur (In Resistance). Quatres longs et suffoquants chapitres implacables et parfaitement agencés.
Dans leur grotte mentale, LOTH alias Julien Rosenberger, accompagné de la voix et de l’âme de F.S. alias Florian Schall, ont enregistré un puzzle mélodique et cauchemar nihiliste dans une version black metal très personnelle. Largement inspiré par les joyeuseries de Burzum et Darkthrone, le rock psyché des années 60’s et 70’s, le post rock de Mogwai et les cavalcades d’Iron Maiden.
Atmosphères lumineuses et ténébreuses à la fois. Ruptures rythmiques et contrastes. Chant venu des profondeurs et des stupeurs de la psyché humaine dont l’écoute glace et chauffe le sang simultanément comme un shoot de borborygmes démoniaques.
Musique frontale – violente – oppressante – obsédante – grégorienne – norvégienne – païenne – inspirée – véritable, tel un tsunami nordique déferlant à vitesse de Drakkar.
Écoutilles paralysées par tant de distorsion maladive et brutale, de cris éructés dans une langue de troll coincé dans un piège à loup qui crie la haine, la nuit de pleine lune, la douleur, le combat contre l’amour du vide et la violence inextinguible.
Sorti sur l’excellent label messin Specific Records, de plus en plus reconnu pour ses trouvailles éclectiques toujours passionnées, originales et carrément jouissives à chaque sortie, le disque a un son, une intensité et une émotion à fleur de peau.
Le perfectionnisme de la production est impressionnant : batteries survitaminées aux cassures hallucinantes comme des coups de machettes, guitares chauffées à blanc monstrueuses et nocives, basse de l’Enfer, guitare acoustique hantée, Mellotron venimeux et subliminal.
Le mastering, assuré par le magicien de la maison Specific Records, est à la hauteur du projet : massif et brutal.
J’ai aimé ce disque et je l’aimerai encore dans 15 ans. Ecoute le comme on écoute le son de la forêt. Et tu comprendras.
LOTH n’a pas fini de nous fait souffrir…plaisir.

Christophe

Interview LOTH