Lonely Walk :: Teen

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Nouveau venu sur la scène française post punk -garage psyché- déjà bien encombrée, Lonely Walk sort son troisième album chez Born Bad. Stakhanoviste de l’enregistrement, son leader Mickael Appollinaire officiant aussi dans Strasbourg, nous livre son disque le plus abouti.
Les années passent et on se rend compte de l’importance du premier 45t du groupe parisien Les Coronados. Enregistré en 1982 dans une cave avec un quatre pistes, le groupe posait les jalons d’un son qui allait devenir une norme pour nombreux groupes des années 2010. Ce fameux son qui donne l’impression d’avoir été enregistré dans un hangar bourré de réverbération. Lonely Walk n’échappe pas la règle. Mais à la différence de bien d’autres, ils savent composer en convoquant le savoir-faire d’illustres prédécesseurs. Pèle mêle, on y retrouve la grâce des Chameleons, la crudité de Gomm sous des nappes rappelant The Horrors ou The Feeling Of Love.
En ouverture, « Complaints » mais aussi « Coverage » et « Pgl », posent la filiation avec Born Bad de manière évidente car on y retrouve l’urgence et le ton déjà entendu chez Cheveu ou Frustration soit un post punk psyché. Le chant de Mickael y étant pour beaucoup, oscillant entre slogan et diction syllabique.
Plus marqués par les eighties synthétiques, « Rosie », « Burial Tom » et « Judgement Night » déroulent les vagues froides avec retenue. Le tube sautillant « Common Sense » et son riff imparable soutenu par un rythme métronomique nous réconcilie avec le dance floor. Dans une dj set liste improbable, Edith Nylon précéderait Lonely Walk et The Horrors enchaînerait.
Les stades de Foot ne sont pas loin à l’écoute du crypto hymne de supporters bien barrés « Licked by The Flame » et de son refrain symphonique. Avant de nous offrir une plage instrumentale, en introduction de « War », ou orgue Farfisa rivalise avec les tambours de la mort. Primitif et addictif, le chant est scandé version Apocalypse Now.
Plus anodins, « Wait and See » et « Black Dragonfish » s’enfoncent dans les méandres de la tragédie martiale et de la complainte nue. Teen n’aurait jamais pu être enregistré dans les 80’s ou 90’s d’ailleurs. Encore moins dans les 60’s. Juste une synthèse de l’underground rock, recraché lumineusement par les membres de Lonely Walk en 2015

Mathieu

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