LIVE REPORT :: The Sonics et The Glücks à L’Antonnoir

Bon, je vais pas vous faire un rappel historique sur les SONICS, si vous connaissez pas ou peu, rafraîchissez-vous la mémoire avec wikimachin ICI

Sachez juste que pour tout fan de garage rock, c’est un groupe culte qui a plus ou moins disparu pendant 40 ans et qui écume à nouveau les scènes depuis 2008, profitant enfin d’une renommée tardive. Et donc, il y a quelques mois, entre 2 conneries sur Facebook, apparaît l’annonce tant espérée : un concert des Sonics à moins de 3h de bagnole de Nancy ! C’est donc Besançon (et ouais) et l’Antonnoir, chouette salle qui rappellera le Terminal Export aux plus anciens qui vont accueillir les papys du rock.

Ni une ni deux, mon sang ne fait qu’un tour, j’enclenche l’organisation d’un week end entre potes dont le but avoué est 1 : D’aller voir ce que ça donne sur scène, 2 : Profiter des spécialités culinaires locales à base de fromage fondu, 3 : Se la coller…

C’est donc un convoi de 2 bagnoles et 8 quadras (voir quinquas, soyons honnêtes) respectant une parité parfaite, qui part de Nancy ce vendredi 26 octobre. Après une route tout à fait agréable, surtout entre Vesoul et Besac’ (!), l’installation dans une charmante maison bucolique à 20 min de la salle (merci airbnb) destinée à accueillir les objectifs 2 et 3 du périple, une pizza aux ravioles rapidement avalée, nous nous rendons fébriles et impatients à l’Antonnoir. On se demande quand même si on ne va pas assister à un truc un peu pathétique, entre l’âge avancé des protagonistes originaux (un en fait, le saxo Rob Lind) et les nouveaux venus, pas forcément beaucoup plus jeunes ou en mode « mercenaires ». On retrouve quelques têtes connues dans la salle – Nancy est plutôt bien représentée -et ça se remplit assez vite. Le temps de commander une première tournée et la première partie commence à l’heure. Il s’agit des Glücks, duo belge (mais flamand) qui accompagne les Sonics sur une partie de leur tournée européenne. Le son est un peu brouillon et trop fort pour certains d’entre nous qui sont déjà probablement trop vieux mais l’énergie déployée par le couple batteuse/guitariste emporte l’adhésion de la majorité. Entre les Magnetix et les Oh Sees, sous l’influence des éternels Cramps, ils envoient le pâté dans la bonne humeur et avec une certaine fraîcheur les bougres ! Je reconnais quelques-uns de leurs morceaux comme « CuCuCuCool » ou « Youth on Stuff » malgré une surabondance de reverb dont sont friands tous ces jeunes groupes de la scène néo-garage (mais qui ont finalement plus à voir avec un revival grunge qu’avec la medway scène). En tout cas, ça fait le job et ils s’amusent.

Retour au bar, pause pipi, échanges d’impressions sur la première partie, on commence à jeter un œil sur le merch en écoutant distraitement les choix judicieux du fameux DJ Mr Duterche

Et puis les lumières se baissent à nouveau et entrent en scène les sémillants Sonics dans leurs belles chemises tex-mex brodées. Revue des troupes rapides, seul le saxophone Rob Lind maintient le flambeau de la formation originelle, Gerry Roslie et Larry Parypa ayant jeté l’éponge ces derniers mois. On reconnaît JakeCavaliere (The Bomboras, Lords of Altamont) au clavier, le batteur Dusty Watson (un pedigree long comme mon bras et pas beaucoup plus jeune que Rob Lind), l’ex-Kingsmen Freddie Dennis, pourtant encore présent sur les affiches, a laissé sa basse à un mix entre Iggy Pop et David Carradine et le jeunot Evan Foster, sorte de Jack Black trapu et moustachu, officie plutôt bien à la guitare.

Et boom (!), c’est parti ! Le son n’est pas beaucoup plus défini mais le public s’en fout, il est venu écouter des standards et voir des légendes, c’est exactement ce qu’il va se passer ! Après 2-3 morceaux de chauffe et malgré quelques moments un peu baloche quand même (mais pas tant que ça), tout le monde se met à danser, onduler, dodeliner, pogoter et chanter… Ils lancent « have love, willtravel » assez tôt dans le set et c’est une bonne idée, ça décolle vraiment dès les premières notes du riff légendaire et l’ambiance ne retombera plus. Dans le respect de la tradition, le chant est réparti entre les 4 frontmen et chaque morceau est joué à la note près (bon, les lignes de saxo sont un peu simplifiées, à 75 balais ça se comprend). Les standards « The Witch », « Strychnine », « Psycho » se mêlent aux morceaux plus récents de l’album This is theSonics sorti en 2015 comme « Idon’tneed no doctor » & « Be a woman ». On comprend même, malgré l’accent ricain de Rob, qu’un nouvel album est en préparation et qu’ils vont en jouer un extrait ce soir ! Chouette alors… sauf que, il s’agit en fait d’un morceau des Lords of Altamont, chanté par le chanteur des Lords of Altamont… ‘se sont pas foulés quoi ! Mais bon, ça passe, on s’en contentera…

Le concert touche à sa fin, après le rappel généreux de rigueur et une ovation méritée pour ces papys pas pourris !

Moi je suis content, j’ai vu des héros et leur légende n’est pas écornée, ce qui aurait pu être pathétique s’est avéré largement honorable et même très agréable. Mention spéciale à l’Antonnoir, une salle comme il y en a désormais si peu en France, pour avoir fait le pari de nous offrir cette superbe affiche !

Comme on est vieux, on zappe l’after qui se profile pour regagner nos pénates et confronter nos impressions autour d’un bon vin/whisky/rhum/bière (raye ta mention inutile) et d’un peu de charcuterie/fromage/m&m’s (pareil, plusieurs choix possibles)…

Je vous fais grâce du reste du week end, sachez juste que les points 2 et 3 de l’ordre du jour ont été largement et parfaitement abordés !

Cédric