Live Report :: Les Nuits de L’Alligator à L’Autre Canal

Les Nuits de l’Alligator c’est une tournée annuelle de concerts plutôt orientés musiques roots (blues, soul, rock’n’roll, country et dérivés…) qui a la bonne idée de passer par chez nous, avec l’occasion de belles découvertes et aussi son lot de déceptions (remember la country FM de Karl Blau l’année dernière, coincé entre les 2 magnifiques prestations de William Z. Villain et Bror Gunnar Jansson). Cette année ne dérogera pas à la règle mais heureusement le ratio reste positif ! On attaque donc avec la jolie révélation du jour me concernant : Automatic City, un quatuor lyonnais qui revisite un blues du delta avec finesse, originalité (ce qui n’est pas si courant) et juste ce qu’il faut d’emballement scénique. L’assise rythmique est composée d’un inédit duo guitare classique/contrebasse sur lequel un batteur percussionniste – inventif dans ses sons grâce à un subtil mélange d’instruments traditionnels et de bricolages – vient poser des influences caribéennes. Un guitariste plutôt garage, malheureusement (pour moi) un peu trop porté sur les solos, sera la caution rock du groupe. Le chanteur/guitariste rythmique passera le concert à hésiter entre le beau tabouret rouge de l’Autre Canal et l’envie de gigoter comme un beau diable. Les reprises de Willie Dixon ou RL Burnside (une belle version de « Goin’Down South », à la fois respectueuse de l’esprit et inventive dans les arrangements) côtoient les compos originales du groupe présentent sur leur 2° album Bongoes & Tremoloes que je me suis empressé d’acquérir. C’est toujours difficile d’ouvrir la soirée mais la bonne humeur communicative et le groove implacable du groupe emportent la mise !

 

Après le passage de rigueur au bar, on rejoint le club pour le 2° groupe de la soirée, un duo, The Goon Mat & Lord Benardo, qui officiait en trio avec Stinky Lou (depuis retiré et tenancier d’un fameux débit de boisson liégeois dans lequel la fine fleur du garage blues se produit régulièrement) il y a quelques années lors de leur premier album chez Voodoo Rhythm Records, mon label préféré ! Et donc, un one man band (pour rappel, batterie minimaliste aux pieds, guitare et chant, tout ça en même temps) accompagné d’un harmoniciste virtuose et showman. Le genre de mec dont on se dit au début qu’il en fait des caisses et que ça va être relou et puis à la fin on est obligé de reconnaître qu’il a raison parce qu’il emmène tout le public avec lui. C’est un garage boogie blues classique bien fait, pas très nouveau mais enthousiasmant et qui doit prendre sa pleine mesure dans un petit bar enfumé et suintant de sueur et de bière plutôt que dans une SMAC. En plus ils sont de Liège, ce qui les rends immédiatement (et évidemment ça se vérifiera) sympathiques…

 

2 concerts sur 3 plutôt agréables ou on tape du pied, le contrat est rempli.

Je ne m’étendrai pas sur Deva Mahal, j’ai tenu 2 morceaux. Sa pseudo soul FM (ce son de batterie horrible ! une compression des années 80 comme ça je croyais que ça n’existait plus) plus proche d’Alicia Keys que d’Aretha Franklin m’a décidé a rentré plus tôt à la maison et c’est tant mieux, on se fait vieux. Maintenant je vais poser le vinyle d’Automatic City sur la platine…

 

Merci à Anthony et l’équipe de L’Autre Canal ainsi que le festival Les Nuits de L’Alligator.

Photos : Arnaud Martin
Texte : Cédric Géney