Liars « WIXIW »

Liars
Liars a toujours été une exception dans le milieu. Que l’on aime ou pas ce qu’ils font, il faut admettre que Liars surprend toujours grâce à un renouvellement constant de leur musique. Mais ce qu’il y a de plus fort dans ce désir de ne pas se répéter, c’est leur propension à garder leurs idées et idéaux. Et c’est d’autant plus audible avec leur nouvel album au titre palindromique WIXIW.

La première véritable surprise vient de la direction électronique donnée aux nouvelles élucubrations des New-Yorkais même si guitares, basses et batteries sont toujours présentes. La seconde est l’apparente sérénité régnante dans l’ensemble de ce sixième album. Liars est-il devenu trop vieux pour des délires conceptuelo-arty de They Were Wrong, So We Drowned (2004) ?

WIXIW déconcerte par son imprévisibilité comme tous les précédents albums. Mais sa plus grande qualité est d’être un des plus abordables. N’en déplaise aux fans de la première heure, Liars s’ouvre de nouveaux horizons avec des sonorités modernes et des atmosphères sombres. Loin de leurs frasques dance-punk originelles, Liars se prend pour Robert Wyatt le temps d’un lunaire  The Exact Colour Of Doubt. Insaisissable et alpaguant, WIXIW vogue vers des contrées déjà explorées par Warp et Autechre. Octagon formerait à lui seul la suite de The Eraser de Thom Yorke, alors qu’Ill Valley Prodigies fait songer à du Portishead sous tranxène. Opiacé (WIXIW), tribal (Flood To Flood), et shamanique (Brats), WIXIW  se vit surtout comme une expérience libidineuse faisant tomber les genres et les castes musicales. Un album profondément jouissif qui permet encore une fois à Liars d’être à l'avant-garde.

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