Les Rythmeurs :: F.I.N.I

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Trente trois. C’est le nombre d’années qu’Il a fallu attendre pour   que soit réédité l’unique album de ce génial groupe français. De Rouen, Les Rythmeurs  sortent en 1983, un unique mini album qui  marquera bon nombre d’auditeurs. Pas des milliers, certes, mais chacun se souvient de leurs rîmes et mélodies imparables.

La sortie de F.I.N.I aura le même impact que celui d’un Murmur de REM, toute proportion gardée. Même lignes claires, même envolées rythmiques et références musicales. Seul le chant diffère. Et pour  cause, le phrasé de Gilles Tandy s’encre plus dans la tradition Punk – assagie certes – plus proche d’un Patrick Eudeline d’ Alsphalt Jungle qu’Etienne Daho ou Philippe Pascal.

Les Rythmeurs sont  nés des cendres du plus grand groupe Punk français, les Olivensteins (1978-1980) dont l’unique 45t Fier de ne rien Faire est l’équivalent hexagonale du God Save the Queen. Suivirent les Gloires Locales (1980-1981) qui calment le jeu le temps d’un EP.

Lorsque F.I.N.I sort chez New Rose, l’album est attendu au tournant. En pleine vague néo Garage Sixties  et New Wave, le disque surprend.

Hors mode, les 6 titres trouveront grâce auprès d’érudits qui apprécient aussi bien Bo Diddley que Television, les Byrds  et Daniel Darc pour les textes finement ciselés. Ces derniers, signés par Vincent Denis, explorent des sentiments emprunt d’une douce mélancolie (Rêveries Cet Hôtel), de questionnement (PlaireUn soupçon d’indifférence) en phase avec l’époque et dotés d’une habilité sémantique. Autant la section rythmique fait son job discrètement et efficacement, autant la guitare magistrale de Vincent Denis cristallise toute l’attention. Arpèges infinis taillés dans les aigües (Rickenbacker évidemment), jeux inventifs et compositions hors pairs font des ces 6 titres une des plus belles arlésiennes du rock français 80’s. Trente années plus tard les Rythmeurs s’écoutent très bien, n’ayant pas succombés aux tics de productions de l’époque, tout comme le premier REM.

On retrouve sur cette réédition les démos, inédits et un live de leur première partie d’Alan Vega en 1982. Le groupe tournera en France et se séparera en 1984 sans honorer leur concert a Strasbourg. Et c’est Eric Tandy, présent ce soir là au Bandit, accompagné des Snipers, qui montera sur scène pour interpréter Fier de ne rien Faire en guise de consolation. Espérons que la reformation des Olivensteins (avec G..Tandy et Vincent Denis) aboutisse sur une tournée des Rythmeurs.

Mathieu