Les Marquises :: A Night Full Of Collapses

Les Marquises A Night Full Of Collapses ici d'ailleurs

À chaque nouvel album des Marquises, un nouveau sujet de prédilection. Après avoir utilisé l’œuvre de l’illustrateur Henry Dager comme trame de fond pour Lost Lost Lost puis le septième art et la jungle sur Pensée Magic, Jean-Sébastien Nouveau s’est concentré sur la thématique de la nuit pour composer A Night Full Of Collapses.

À la différence des sessions luxuriantes et gauguiniennes du précédent album, A Night Full Of Collapses explore ici les parties tourmentées d’une île à travers des évocations d’errances nocturnes et solitaires. Un disque plus sombre s’offre donc à nous où les termes lynchien et badalamentesque – si souvent usités, plus souvent à tort qu’à raison d’ailleurs – prennent tout leur sens.

Aidé par quelques collaborations heureuses (Olivier Mellano, Christian Quermalet, Jeef Hallam…), Jean-Sébastien Nouveau crée des climats sonores comme peu savent le faire. Les mots atmosphère et ambiance ne sont pas des mots à prendre à la légère puisque ce nouvel album est un climat à proprement dit. On se retrouve dans un titre des Marquises comme on apparaît dans un film de David Lynch. Un figurant dans un univers tout à tour hypnotique, onirique et sensuel. On navigue souvent en eaux troubles, mais le plus troublant ce sont les paysages mystérieux et inquiétants qui se dessinent devant nous à l’image de ces ‘Vallées Closes’ dont on ne saurait dire si elles sont accueillantes ou non. Idem avec ce Feu Pâle interprété par le nancéien Matt Elliott qui illuminera uniquement celui qui s’en approchera. On reste étourdis par ce ‘Forest Of Line’ pourtant si calme. Alors, on suit ces étrangers (‘Following Strangers’) jusqu’à ‘Des Nuits’ que l’on espère plus sereines. Mais rien n’y fait. On ne ressort pas indemne de ces balades nocturnes.

On ignore ce qui se cache dans l’obscurité.” a dit un jour le réalisateur de Twin Peaks. Est-ce que Jean-Sébastien Nouveau y a trouvé quelque chose ? Lui seul le sait, mais ce qui est sûr c’est qu’il a trouvé dans la nuit le premier grand disque de 2017.

Damien