Lenparrot :: Aquoibonism

Si lors de la découverte de Lenparrot vous vous dites « à quoi bon écouter un énième artiste qui mêle dans sa musique beat R’n’B, voix de crooner et parole spleenétique ? Tout cela a déjà été fait.», alors vous êtes frappé d’aquoibonisme. Pourquoi écouter quelque chose de nouveau lorsque l’ancien suffit ? C’est bien ce sens du propos que Romain Lallement a voulu donner à son premier EP en le nommant Aquoibonism.

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Avec beaucoup de sagesse et de fatalité, le Nantais est conscient que sa musique ne révolutionnera pas grand-chose, mais il ne regrettera rien et aura tenté sa chance comme beaucoup d’autres. Bien lui en a pris, car tout ce que l’on peut dire à l’écoute de ses quatre premiers titres, c’est qu’à la différence des autres formations du même genre, Lenparrot possède un supplément d’âme qui rend la formation plus vivante.
Derrière Lenparrot se cache Romain Lallement donc. Un artiste que l’on a déjà croisé derrière le micro de Rhum For Pauline et vu chevaucher un clavier dans le groupe electro-pop Pégase. La formation nantaise tire son nom de l’album inaugural de Baxter Dury Lenparrot’s Memorial Lift ( un album totem pour l’exilé de FVTUR records qui se retrouve aujourd’hui sur la belle structure Atelier Ciseaux). Elle partage, avec celui qui a donné son nom, le goût pour la beauté froide et les univers mélancoliques. C’est, lorsqu’on lui fait découvrir qu’il écrivait des choses plus intimes, que Romain s’est décidé à composer pour lui et non plus pour ses deux autres formations. À l’image de ce premier EP, Romain est un être sensible, fragile et habité. Il sait parfaitement faire partager ses états d’âme avec délicatesse à travers des morceaux que l’on imagine cathartiques. Aquoibonism possède un charme énigmatique grâce à des mélodies pop électronique modernes et minimales qui suspendent le temps comme pour mieux nous emmener dans un film dont seul Romain Lallement connaît le synopsis. Voilà une musique qui aurait pu être écrite par How To Dress Well et Anthony Hegarty s’ils avaient eu l’idée de s’unir sur un album. Mais c’est bien à Lenparrot que revient les honneurs. Alors Cocorico.

Damien

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