LAURENCE WASSER :: V

Adolf Hitler et ses potes nazis avaient inventé le concept d’Art dégénéré. S’il était encore  de ce monde, nul doute que le führer aurait placé Laurence Wasser dans cette catégorie, et ne sauverait pas grand chose  du premier album du français, exilé en Californie.

Parce que Laurence Wasser revisite le Blues, la Country, le Punk, à la manière d’un Dead Kennedys sous influences, d’un Minutemen schizophrène voir d’un Birthday Party déviant. C’est dire.

Les guitares désaccordées sur Superbia, Cowboy Song et AH!  maltraitent  les oreilles, mais redonnent ses lettres de noblesse au RöckandRöll. Le vrai, celui qui suinte, qui fait mal, et salope les neurones à coup de barbelés sonores.

Parfois tout commence bien. La commune De Paris, à la mélodie presque pop,  est vite flinguée par une voix au bord de l’apoplexie, caressée par un piano claustrophobe. On y retrouve malgré tout une ambiance presque  enjouée –The Swinging Man-, à l’image d’un cowboy compulsif dansant sur son cheval ecstasié, mais Laurence Wasser annihile rapidement toutes velléités zoophiles.

L’ombre inquiétante d’un cactus lubrique vient hanter ses chansons comme sur le beau  The Autoimmune Song (La Distinction), les cris résonnent dans un désert de béton. Une série d’épitaphes sonores –Joli Mai, Ending (Molotov)- construites de bruitages et notes douloureuses, toujours au piano, enfoncent les clous du cercueil de R.Boulin, cité dans   Faux Amis. Aussi sur Island Impossible, afin d’instaurer un climat sépulcrale, Laurence Wasser installe ses  guitares venimeuses et des chants indécents, avec en ombre portée, celle du  Public Image Limited  version Keith Levene.

La durée de vie moyenne des 11 titres de V tourne autour des deux minutes, rendant la torture  supportable voire jouissive. Et parce qu’on aime ça, on en redemande.

Mathieu

1 comment for “LAURENCE WASSER :: V

  1. Machine
    mars 26, 2018 at 8:47

    Putain, ça c’est de la chronique !

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