L’Art de Ranger Ses Disques

L’Art de Ranger Ses Disques de Philippe Blanchet et Frédéric Beghin est un livre absolument génial qui montre à quel point les collectionneurs de disques et amateurs de musique sont des personnes atteintes d’une névrose particulièrement belle.

L’art de collectionner, et donc de ranger les disques, est un sujet qui anime les débats chez tous les passionnés de musique. Comme si la musique en elle-même ne suffisait pas pour débattre de longues heures, il faut que la manière dont on la garde jalousement chez soi devienne matière à débats passionnés. La lecture de ce livre prouve qu’il n’y a pas qu’une seule façon de ranger ses disques. Il y en a autant que d’amateurs de musique et de styles musicaux confondus.
Si le rangement alphabétique semble être la règle la plus répandue, la manière de ranger ses disques peut vite se transformer en casse tête chinois. Faut-il ranger les projets solos avec les albums du groupe tutélaire ? Doit-on les ranger par ordre chronologique ou de manière autobiographique comme le héros de Nick Hornby dans Haute Fidélité ? Doit-on mélanger tous les genres musicaux ou doit-on dissocier les styles comme tout bon disquaire. Mais alors, que faire des artistes qui aiment brouiller les pistes en changeant de style à chaque album ?

Après avoir résolu le problème de l’ordre de rangement des disques, reste celui de la manière dont il faut ranger sa collection. Etes-vous plus partisan de la marque suédoise et de son best-seller Expedit/Kallax ou plutôt meuble de récupération ? Du sur mesure fait par un artisan ou un détournement de caisse de vin en bois?

Par contre, s’il y a bien un point sur lequel tous les collectionneurs de disques (vinyles ou cds) semblent s’entendre, c’est d’avoir leur trésor à disposition et bien rangé sur tout un pan de mur. Ils partagent tous aussi la même crainte. Celle du déménagement mais aussi et surtout celle du dégât des eaux et de l’incendie.

Philippe Blanchet et Frédéric Beghin ne répondent pas à toutes ces questions mais traitent ce sujet passionnant pour passionnés avec une certaine dose d’humour  qui rend la lecture des 110 pages des plus agréables. Les témoignages de plusieurs collectionneurs comme JD Beauvallet, Dider Delages et Deni Barthes sont aussi savoureux. Celui d’Hugo Cassavetti, qui a perdu 10000 cds lors de l’incendie de son appartement, est probablement celui qu’il faut retenir : « Depuis, je ne me pose plus la question du sort de ma collection après ma mort. Pour moi, elle ressort de la même vanité qui consiste à se demander s’il y aura du monde à mes funérailles. Mes héritiers décideront de la valeur de mes disques à leurs yeux ».

Damien

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