Lætitia Shériff – Pandemonium, Solace and Stars

Lætitia Shériff  PandemoniumSolace and StarsSix années après la parution du prodigieux Game Over enregistré avec Olivier Mellano et Gael Desbois, les fans trépignaient depuis des mois à l’annonce de la sortie du nouveau disque de la lilloise Lætitia Shériff. Six longues années pendant lesquelles la bassiste n’a pas ménagé ses efforts. Une tournée avec Piers Faccini en 2009, un formidable disque (On The Roof) paru en 2011 avec les rennais Daniel Pabeuf, Florian Manzano, Régis Boulard et Stéphane Fromentin sous le nom de Trunks, et toujours en 2011 un disque resté plus confidentiel, majoritairement composé de morceaux instrumentaux sous le nom d’ Often False avec son ami Thomas Poli et le saxophoniste François Jeanneau.
L’artwork signé  Eric Mahé (visages de Lætitia) annonce un album à facettes multiples et au tempérament presque anxiogène.
Avec ‘Fellow’, l’entrée en matière est soyeuse et lorsqu’apparaît le violon de Carla Pallone (violon présent également sur deux autres titres), l’ascension va être jouissive, surtout quand Lætitia vient poser sa voix pour nous emmener là où savent le faire de rares chanteuses.
L’enchaînement (‘The Living Dead’) est plutôt brutal mais il faut bien redescendre et mettre les pieds sur terre pour profiter des imminentes envolées électriques et s’engouffrer dans un univers plus rude et confus.
Avec l’audacieux élan trip-hop (‘Visit to Brighton’), la chanteuse/bassiste nous emmène sur la côte sud de la Perfide Albion. Elle redevient tour à tour sauvageonne (‘Wash’), mélancolique (‘To Be Strong’), empreinte d’un lyrisme à faire rougir Nick Cave sur ‘Urbanism – After Goya’, titre déjà présent sur le précédent EP 5 titres paru en 2012 et intitulé Where’s my I.D. ?.
Lætitia Shériff vient de trouver sa place entre Sonic Youth et Shannon Wright.
Pandemonium, Solace and Stars est un album qui place l’auditeur face à ses moments de doute, de détresse et de colère. Pandemonium, Solace and Stars est un grand disque.

Hervé

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