Kokoroko :: Kokoroko

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En 2018, dans la compilation We Out There (Brownswood Recordings) regroupant les meilleurs représentants de la nouvelle scène jazz londonienne, une formation sortait clairement du lot. Kokoroko fermait magistralement le ban de la compilation avec le morceau Abusey Junction, un titre devenu rapidement exemplaire pour toute cette nouvelle génération de musiciens.
Kokoroko tire son nom de la langue nigériane et veut dire « sois fort ». Le groupe est composé de fortes personnalités issues de la communauté jazz londonienne. Huit individualités qui, ensemble, offrent une nouvelle jeunesse au jazz. Composé d’une section de cuivres dirigée par Sheila Maurice Grey (accompagnée de Cassie Kinoshi au saxophone et de Richie Seivewright au trombone), d’une guitare (Oscar Jerome), d’un clavier (Yohan Kebede), d’une batterie (Ayo Salawu) et de percussions (Onome Edgeworth), Kokoroko est une force représentative de ce qu’est l’Angleterre anti-brexit : multiraciale, multi disciplinaire. Kokoroko brasse les genres comme pour mieux ouvrir son champ lexical. L’octet aime à dire qu’il ne fait pas de la musique oisive. Entendez par là qu’il aime prendre des risques et travailler son style en allant piocher du côté de l’afro beat, du hip hop, des musiques de danses et bien sûr du jazz. Kokoroko invente une nouvelle langue qui pourrait s’assimiler à de l’esperanto musical. Une langue que tout le monde est capable de comprendre, de parler, de danser, de chanter…. Kokoroko a beau avoir le même langage que Féla Kuti, Tony Allen ou encore Ebo Taylor, la formation anglaise utilise des mots modernes qui ne sont pas encore inscrits dans le grand dictionnaire du jazz. Cela faisait longtemps qu’un groupe n’avait pas autant marqué les esprits avec seulement un EP en poche.

Damien