Kim Fowley (1939-2015)

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Apprendre la mort de Kim Fowley au retour d’un live d’un groupe psyché, il y a là-dedans quelque chose de bizarre. Car pour moi Kim Fowley c’était avant tout l’auteur de The Trip, une ode au lsd paru en 1965. Mais il n’était pas que cela.

À 75 ans, un fou vient de s’éteindre , un visionnaire, un excentrique resté bloqué dans son monde. Mourir d’un cancer de la vessie pour un queutard comme lui, c’est quand même un comble. C’est un peu comme attaquer un journal et mourir dans une entreprise d’impression. Ce type était un punk avant l’heure, et surtout un freak. Ce que l’on retiendra de celui qui aimait s’afficher avec des bimbos, c’est son management quelque peu insolite des Runaways (génialement représenté dans le film du même nom de Floria Sigismondi en 2010). Il sera pour plusieurs albums leur producteur pygmalion.

Ce fils de comédiens a joué la comédie toute sa vie. N’hésitant pas à se grimer et se mettre en scène pour attirer l’attention sur lui. Il se disait « né dans la décadence hollywoodienne ». Il est devenu l’archétype même de la décadence outrageuse. Lorsqu’il parlait de sa vie on ne savait jamais si c’était de l’art ou du cochon.
Le rock perd aujourd’hui l’un de ses derniers pères. Lui qui, dès ses débuts, composa des dizaines de hits allant du doo-woop au psyché en passant par le rock garage, a souvent été traité d’escroc par le show-business à cause de ses manières pas toujours catholiques. Et pourtant, il a travaillé avec des artistes comme Paul Revere & The Raiders, KISS, Alice Cooper, Leon Russell, et Kris Kristofferson. Celui qui se baptisait Lord Of Garbage a chanté sur un album de Gram Parsons mais aussi sur Freak Out ! de Franck Zappa. Il aurait même failli remplacer Iggy Pop au sein des Stooges.

10514488_10152744110991848_5949343536680816615_nIl était né pour être sauvage comme son pote Mars Bonfire, celui-là même qui composa Born To Be Wild et rendit célèbre Steppenwolf. Il côtoyait les plus grands (Gene Vincent, John Lennon…) comme l’underground. Il suivait les Modern Lovers de Johnathan Richman avant que John Cale mette le grappin dessus.
Dans les années 1980, il continua d’être un découvreur de talents et producteur de groupes aussi méconnus que The Innocents, Candy, Steel Breeze et Shanghai.
Jusque sur son lit d’hôpital, il n’hésitait pas à faire des doigts d’honneurs. Il resta actif jusqu’à sa mort, soit 56 ans après avoir produit son premier 45t (The Renegades Geronimo / Charge). On le retrouve notamment sur le dernier album d’Ariel Pink sorti l’année dernière. Un autre freak qui lui ressemble bien finalement.

A la question Êtes-vous un trompe la mort ? posée par Gonzaï, Kim Fowley répondit : « Je ne suis pas un trompe la mort. Je ne suis même pas humain. Je suis Kim Fowley. » Après avoir survécu à d’autres cancers, on commençait à croire qu’il était devenu immortel. Mais Kim Fowley est bel et bien  parti pour son dernier Trip.

Cette foutue année 2015 commence vraiment mal. Mais comme le titre de son premier album solo l’indique Love Is Alive and Well.

Damien

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