KG :: Jesus weint Blut

KG Jesus weint Blut chronique review herzfeld electrophone

Il y a des ducs dont les duchés n’ont aucunes frontières, des musiciens qui voyagent avec aisance entre les étiquettes musicales, louvoyant sans jamais se perdre. C’est bien de cette trempe qu’est l’adonis officiant sous le nom KG qui, avec son nouvel album Jesus weint Blut (élu pochette de l’année), aura une fois encore réussi à atteindre le cosmos depuis l’Alsace.
Des vêpres qui ouvrent le disque, un hommage biblique à la ville de Strasbourg, aux drones électroniques aux ambiances éthérées, en passant par des envolées pop shoegaze dans la langue de Goethe, sans oublier la reprise sépulcrale du Cool Summer de Bob Lind qui conclut le disque, devenue ici Kühler Sommer, KG nous régale avec finesse et humour. Entre kitsch assumé, sublimé même, poésie absurde et traits de génie, il est difficile de bouder son plaisir à l’écoute de Jesus weint Blut. L’ensemble à cette saveur improbable, une fraîcheur bienvenue, ce quelque chose de surprenant que l’on espère toujours trouver lorsque l’on écoute un disque. Des contrastes de langues – majoritairement de l’allemand, un peu de français et même de l’arabe – aux contrastes de textures sonores – souvent aériennes, parfois plus obscures, toujours célestes – naît un mariage en tous points réussi. KG ose, et c’est là ce qui fait sa force, avec un sens de l’autodérision bienvenu. Jesus weint Blut un miracle ? Dieu seul le sait, a condition qu’il ait déjà trainé ses guêtres dans le coin de Mulhouse. Mais n’exagérons rien. Tout ce que je peux vous dire c’est que cet album ne vous fera que du bien, parole d’un gars qui vient juste de soigner sa gueule de bois avec.

Jocelyn H.