INTERVIEW :: Kas Product @ Nancy Jazz Pulsations

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© Damien Boyer

2013 marque le grand retour scénique de Kas Product. Le groupe nancéien était à l’affiche de la quarantième édition du festival Nancy Jazz Pulsations. Mona et Spatsz jouent à la maison. L’occasion était trop belle pour les rencontrer et leur poser quelques questions sur les récentes rééditions de leurs albums chez Ici D’Ailleurs et l’avenir du groupe. 

Electrophone : Ça fait quoi de revenir jouer dans la ville de vos origines ?

Mona : C’est super existant de revenir à Nancy. On est là pour le 40 Eme anniversaire du festival et pour tout avouer, je trouve que, comparé aux années 80, Kas Product est bien meilleur aujourd’hui (rires)

Spatsz : Ca faisait belle lurette qu’on n’avait pas joué au NJP et la dernière fois c’était en 1986. Par contre on s’est produit un peu dans la région puisqu’entre temps nous avons fait les Eurocks et un concert de TOTEM ainsi que quelques dates à travers l’Europe.

E : Miss Kittin qui jouait ici il y a quelques jours s’est dit « fier de jouer dans la ville qui a vu naître Kas Product » vous avez conscience que pas mal d’artistes actuelles vous citent souvent comme référence ?

M : Merci Miss Kittin !

S : Il y a un lien c’est évident avec certains artistes actuels. On a joué avec Kap Bambino et c’était marrant de voir le mélange entre leur public et le nôtre. Il y avait beau avoir 30 ans de décalage la coalition c’est très bien passée et les gens se reconnaissaient, je pense, aussi bien dans notre son que dans la minimaliste de notre musique. J’ai aussi travaillé avec Sandy Trash, là encore la collaboration c’est super bien passée.

E : Comment vous est venue l’idée de se reformer ?

M : Tout est partie du concert qu’on a fait au TOTEM en 2011. Suite à ça nous avons réédité nos deux premiers disques sur le label « Ici d’Ailleurs ». Il était donc normal, selon nous, d’assurer quelques concerts, on ne pensait pas qu’on en ferait autant.

S : Que ce soit certains fans qui nous demandaient comment ils pourraient se procurer nos premiers 45 tours à d’autres qui souhaitaient qu’ont écrivent de nouveaux morceaux, on s’est rendu compte que beaucoup gens continuaient à nous suivre. Le concert au TOTEM a été l’évènement déclencheur.

E : Parlez-nous de votre rencontre avec le label « Ici d’Ailleurs » ?

M : Nous les avons approchés alors qu’ils étaient dans le public lors d‘un de nos spectacles. Comme vous dites ici on les a abordé en leur disant : « Bah alors gros, tu ne rééditerais pas les disques de Kas Product ? » (Rires)

S : Ça fait 30 ans que nos disques sont sorties et à chaque décennie ils sont réédités. La première fois c’était chez New Rose un label parisien, puis 10 ans plus tard sur le label Nancéien « les Disques du Soleil et de l’Acier » de Gerard N’Guyen et enfin, toujours à Nancy, sur le label « ici d’Ailleurs ».

M : Ou nous sommes fidèles à Nancy ou on n’arrive pas à s’en dépêtrer…

S : On revient toujours sur les lieux du crime… Avec « Ici d’Ailleurs » on a voulu faire quelques choses d’un peu diffèrent des précédentes rééditions. En plus des CD, on a réédité les vinyles à partir du mastering originale. Nous avons donc sorti un coffret de deux 33 tours accompagné de deux 45 tours. Ce qui nous intéressait avec ce label c’est qu’il est ouvert à l’international et cela s’inscrit dans notre démarche puisqu’on vend aussi bien en France qu’à l’étranger.

E : Pourquoi pas nouvel album avec eux ?

S : Pour le moment on est lié avec « Ici d’ailleurs » que pour les rééditions.

M : Ce sont des choses envisageables et ça s’inscrit dans un processus normal pour un groupe. En plus on a des tiroirs remplis de titres…

S : … et on a aussi des nouveautés. Mais on préfère finir notre tournée d’abord, on se concertera sur le studio ensuite.

E : Parlons de votre live. Voyez-vous une différence entre le public de vos concerts de l’époque et celui d’aujourd’hui ?

M : Il y a moins de crêtes aujourd’hui (rires). Plus sérieusement, il y a un mélange extraordinaire, on s’en est rendu compte récemment lors d’un concert à Paris. Il y a naturellement les fans des années 80 mais aussi tout un parterre de personnes beaucoup plus jeunes. D’ailleurs le plus jeune fan qu’on était une petite fille de 8 ans qui avait accompagné son père à un de nos concert.

E : Avec le temps, le matériel a beaucoup évolué, cela vous permet-il de revisiter vos morceaux sur scène ?

S : En effet, à l’époque j’utilisais 7 claviers car on ne pouvait pas mémoriser les sons et ce n’est plus le cas aujourd’hui. Idem pour les rythmes que je devais programmer avant chaque titre. Désormais j’ai un rack virtuel à base des machines que j’utilisais dans les années 80 et j’utilise des émulateurs. Ça permet une certaine liberté comme notamment celle de pouvoir faire monter des invité sur scène ce qui n’était pas le cas dans les années 80.

M:  Moi, je m’amuse parfois à changer un peu les paroles, les mélodies ou encore les attitudes. Je les revisite à ma façon en quelques sortes et ça m’amuse.

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