Judah Warsky « Painkillers & Alcohol »

Judah warsky painkillers & alcohol
A un moindre degré que Robert Wyatt, Mathieu Cesarsky, alias Judah Warsky s’est retrouvé dans la même position que le musicien en convalescence. Après un accident, chacun a dû s’adapter pour continuer à composer. Un seul doigt cassé l’a empêché de jouer avec son groupe Chicros et de se produire avec Turzi pendant un certain temps. A quelque chose malheur est bon dit le dicton. De la contrainte d’un handicap physique est née une liberté artistique. Les claviers analogiques sont les seuls instruments qui permettent à Judah Warsky de continuer d’écrire. Initialement prévues pour Chicros, les nouvelles compositions sont bien trop personnelles pour les proposer au restant du groupe. Le déclic se fait un soir où mélange d’alcool et d’antidouleur offre à Judah Warsky son premier titre, le bien nommé Painkillers & Alcohol. La suite, on la connaît et s’offre à nous tout au long de ce premier album éponyme. Parfois bancals comme des premiers jets de démos, les neuf titres ont les qualités de leurs défauts. Ils apparaissent comme ils ont été écrits. Sans apparats inutiles. Même s’il existe quelques imperfections, on est vite séduit par autant d’honnêteté artistique. Connaissant le savoir encyclopédique en matière de musique de l’intéressé, il est presque inutile de vous demander d’imaginer Painkillers & Alcohol en une sorte de rencontre entre Rock Bottom et Sophtware Slump. Judah Warsky a certainement puisé ses sources un peu plus loin dans l’underground. Entre trip lo-fi et cosmos synthétique, Judah Warsky éclaire le ciel musical comme seules quelques comètes l’ont fait avant lui. Pas étonnant de retrouver ce petit bijou sur le label Pan European Recording.

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