Johnny est mort, Vive Johnny !

Les hommages pleuvent, la France pleure, qu’on soit élitiste intello, beauf à tête de loup, bobo, ou les 3 à la fois, Johnny fait l’unanimité. Coté Electrophone c’est un peu la même chose…enfin surtout me concernant. Pour tout vous avouer, ça doit faire une bonne dizaine d’année que je souhaite vous parler de l’idole des jeunes des plus de 60 ans. Cependant, l’occasion ne s’étant jamais présentée, je gardais en moi cette idée attendant le moment propice. Johnny est mort hier, voyage au pays des vivants terminé, salut les copains, c’est le moment ou jamais.

Attention, qu’on soit clair dès le départ, dire que je suis fan de Johnny serait un mensonge. Cependant j’avoue, sans honte, que certains titres ne me laissent pas indifférent, préférant de loin la période Noir c’est Noir à celle de Cadillac.

À l’image d’un Johnny sans parent, l’album dont il est question n’a pas de nom. Comme beaucoup d’albums sans nom, c’est le premier titre qui s’impose comme une évidence. Je vais donc vous parler aujourd’hui du 12eme enregistrement studio de Johnny : Rivière ouvre ton lit. Notez cependant que certains préfèrent l’appeler l’album blues ou encore l’album au bandeau, la couverture de ce dernier illustrant le visage d’un Johnny mal rasé, sauvage et coiffé d’un bandeau noir.(Voir photo)

Réalisé par tonton Lee et dirigé par Micky Jones et Tommy Brow, Johnny s’entoure sur ce dernier de nombreux musiciens anglais dont Peter Frampton et Steve Marriott  (Small Faces/ Humble Pie). Glyn Johns, producteur et ingé son ayant collaboré avec les Beatles, les  Stones ou encore  Led Zep est également de la sauterie. Nous sommes en 1969. Johnny a décidé de s’orienter vers un rock plus dur et plus violent, exit les reprises pépères des standards américains. Place désormais à la sueur et aux guitares folles.

Si il y a bien un disque francophone qui incarne le mieux le Rock’n’roll, ne cherchez plus, c’est  celui-ci. Porté par un blues rock des plus électrique, chaque interprétation de Johnny est admirable. Fureur, énergie, sueur, tout y est. Ça suinte la testostérone durant la trentaine de minute et des poussières que constitue l’album. Johnny est indomptable, offrant à la maxime  Sex, Drugs and Rock’n’roll toutes ses lettres de noblesse. Wild Thing comme dirait l’autre. Impossible de ne pas tomber amoureux d’un type pareil. Certes les paroles peuvent parfois sembler quelques peu perchées (voir complètement Kitsch) mais il est clair que  Johnny et sa bande ne sont pas venu jusqu’à Londres pour réciter des poèmes. Entre prière, fille de mauvaise vie, grand patron et scarabée mort, tout est permis. Preuve en est le final de «Je suis né dans la rue » classique parmi les classiques  écrit par Long Chris. Allez savoir pourquoi, mais le taulier se permet de faire de la promo pour son propre album. Culot, folie ou pur génie je n’ai toujours pas la réponse à ce jour.

Suspendu dans le temps, Rivière ouvre ton lit est un album à part dans la carrière de l’artiste. Classé 6éme meilleur album de Rock Français par Rolling Stone et véritable plaisir coupable totalement assumé me concernant. Johnny aura réussi à me mettre KO avec un album qui, rappelons le, a été enregistré alors que je n’étais pas né, j’en ai d’ailleurs toujours voulu un peu à mes parents à cause de ça.

Johnny est mort, vive Johnny.

O.