John The Conqueror « John The Conqueror »


John The Conqueror

I got a black cat
bone
I got a mojo too
I got John The Conqueroo

"Hootchie Cootchie Man", Muddy Waters

On ne sait pas encore si John The Conqueror tire son nom des
paroles d’un des titres les plus connus au monde, ou si c’est un hommage au héros
du conte populaire folklorique afro-américain du même nom narrant l’histoire
d’un fils de roi africain devenu esclave et réputé être le symbole d’une
certaine rébellion. En fait, pas grand-chose ne filtre sur ce trio venu de
Philadelphie et c’est mieux comme ça. Qu’ils entretiennent le mystère, car toutes
les réponses à nos questions se trouvent dans leur musique.

Alors que The Black Keys est tombé dans la hipstermania la plus
sordide en flirtant avec Danger Mouse, John The Conqueror reste dans le vrai et
n’essaie pas de devenir la dernière coqueluche à la mode. Avec leur blues rock
savamment dosé de phillysound (origine oblige) et de classique soul, John The
Conqueror rend hommage à son histoire et ne cherche pas à être révolutionnaire.
Même si on les aurait bien vus chez Fat Possum, ils ne pouvaient qu’être signés
sur Alive Records, maison fondée par le Français Patrick Boissel et dans
laquelle est sorti The Big Come Up de
The Black Keys (époque où ils n’avaient pas encore vendu leur âme). John The
Conqueror joue comme un power trio avec la bouteille de whisky pas très loin.
Ils ont l’âme des grands bluesmen (Muddy Waters, Howlin Wolf, Elmore James) et
la puissance de feu d’un groupe de stoner. Leur premier album est une véritable
gifle au visage à tous ces groupes qui essaient de reculer un maximum l’âge de
la retraite en se vendant à des acteurs financiers (The Rolling Stones en
tête). À l'heure où l’on parle de revival pour n’importe quoi, John The
Conqueror t’envoie direct dans un juke-joint bien crade à grands coups de riffs
salaces et de voix soul. John The Conqueror blues explosion.

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