Jimi Hendrix « People, Hell and Angels »

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Selon Alan Douglas, célèbre producteur et gardien du temple
hendrixien, il resterait assez de matière pour sortir un album de Jimi Hendrix
par mois pendant dix ans. Alors certes, il ne s’agirait pas de trouver dans ces
albums des inédits que personne n’aurait jamais entendu mais plutôt des albums
composés de versions inédites de titres plus connus. C’est le cas une fois de
plus avec cette nouvelle compilation intitulée People, Hell and Angels.

Présentée par ses producteurs comme une compilation
regroupant des essais menés par un Hendrix avide de se renouveler tout en
s’échappant du format de l’Expérience, People,
Hell and Angels
regroupe en vérité dix versions inédites de morceaux
connus et deux vrais inédits dont le magnifique « Mojo Man ».Pour la plupart issus de sessions d’enregistrements
destinés au quatrième album de l’Expérience mais aussi des titres composés avec
différents musiciens (Stephen Stills, Billy Cox, Buddy Miles, Lonnie
Youngblood…) ces douze titres ont tous été enregistrés après le monument Electric Ladyland, entre 1968 et 1969.

Alors ? Album de fonds de tiroirs uniquement destiné
aux fans ou simple prétexte à l’enrichissement des ayants droit ? On
ne répondra pas à la question mais celle-ci reste posée. Ce qui est sûr, c’est
que cette compilation renferme des moments incroyables comme ce "Earth Blues" placé en ouverture où
l’on ne trouve pas de solo de guitare (surprenant lorsque l’on connaît la
propension d’Hendrix à se laisser aller à des longs solo). Mais aussi
l’incroyable version, sans doute la meilleure, d’"Hear My Train A-Comin" avec son groove flamboyant. L’autre
part intéressante de cette compilation se situe lorsque l’on écoute un Jimi
Hendrix « sideman ». Notamment sur le titre "Let Me Love You" en collaboration
avec Lonnie Youngblood ou avec les Allen Brothers sur le morceau "Mojo Man".

Devant cette succession de titres, on a vraiment
l’impression qu’ils ont été enregistrés la semaine précédente dans un studio à
la pointe de la technologie. De cette fraicheur en ressort un goût de
tromperie. Certains morceaux ont vraisemblablement bénéficié d’un mixage de
plusieurs sessions différentes. Un reproche à faire à l’encontre de l’ingénieur
historique de Jimi Hendrix, Eddie Kramer, alors en charge de la mise en son de
"People, Hell and Angels". Un goût de bidouillage que la
majorité des gens n’entendront pas mais fera crier au sacrilège de nombreux
fans du gaucher.

L’album "People, Hell and Angels" n’est
peut-être pas la meilleure porte d’entrée pour découvrir l’univers de Jimi Hendrix,
mais il a le mérite de montrer un Jimi Hendrix en pleine possession de son art.