Un dimanche soir pas comme les autres avec Jessica Pratt

Jessica Pratt

© Damien

À l’intérieur, la Belle suspend le temps pour une petite heure.
Dehors, la Bête gronde de plus en plus et passe par la Lorraine avec ses sabots vert-de-gris.
Un dimanche soir pas comme les autres.

Nous étions quelques privilégiés dimanche dernier (jour d’élection départementales) à pouvoir écouter Jessica Pratt dans le cadre du Festival Home Sweet Home. En invitant la ravissante américaine, Off Kultur ne pouvait pas rêver mieux pour clôturer de la plus belle des façons son festival.
L’artiste découverte par Tim Presley (White Fence) débute à Nancy une tournée française qui la conduira notamment au Festival Les Femmes S’en Mêlent. Sa réputation l’a précédé avec une succession de belles chroniques et une petite hype pitchforkienne que Morgane, la maîtresse de cérémonie de la soirée, ne manque pas de signaler en ouverture.

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© DR

La soirée débute avec Ivory Lake. Un folkeux lillois, qui pour l’occasion, fait son concert le plus méridional de sa toute jeune carrière. Son folk est classique, parfois teinté de blues, et sa voix est proche de celle de Ben Harper lorsqu’il monte dans les aigües. Un peu tendu et peu bavard au début de son set, Ivory Lake se détend sur la fin et plaisante même avec le public lorsqu’il annonce qu’il reste dormir sur Nancy et qu’on lui demande si c’est un message codé. Le public rit. Il a gagné des nouveaux fans. A suivre donc.

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© Damien

Après un entracte de quelques minutes, c’est au tour de Jessica Pratt, accompagnée d’un guitariste, de monter sur la scène de l’appartement.
Face à nous une toute jeune femme à la ressemblance troublante avec Stevie Nicks. Le concert débute comme On Your Own Love Again avec le titre « Wrong Hand ». Une mauvaise main qui n’en est pas une, car très vite l’impression de se lover dans un cocon nous envahit. L’auditoire est calme, posé, et écoute religieusement la voix diaphane de l’américaine. Sa voix rappelle parfois celle de Grace Slick sur certains titres. Les morceaux s’enchaînent avec limpidité et toujours avec la même économie dans les arrangements. Jessica Pratt déploie tout un panel d’émotions avec un rien et nous pousse à l’introspection avec peu de moyens. On pense aux mélodies cristallines et méditatives de Vasthi Bunyan. Une artiste à laquelle Jessica Pratt est beaucoup comparée actuellement dans les articles qui lui sont consacrés. La comparaison est méritée. La comparaison est méritée. On espère juste qu’elle ne tombera pas dans l’oubli comme l’anglaise et qu’elle n’attendra pas quarante ans pour nous offrir un successeur à Own Your Own Love Again.

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Le temps passe vite. Le concert se termine après un rappel en solo. Les morceaux sont entrecoupés d’accordages et de timides « thank you very much ». Là encore, pas la peine d’en dire plus. C’est toujours dans l’économie chez Jessica Pratt et c’est tant mieux. On n’a pas envie d’en savoir plus.

À l’intérieur, la Belle a suspendu le temps pour une petite heure.
Dehors, la Bête gronde de plus en plus et passe par la Lorraine avec ses sabots vert-de-gris.
Un dimanche soir pas comme les autres.

Damien

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© Damien