Jen Cloher :: Jen Cloher

Vivre dans l’ombre d’une personne qui est sans cesse exposée à la lumière ce n’est pas quelque chose de très vivable. C’est pourtant ce qu’a vécu Jen Cloher avec sa petite amie Courtney Barnett, la petite brune marante à qui tout réussi depuis la parution de son premier album Avant Gardener.

Forcément, cela attise quelque peu la jalousie lorsque l’on est soi-même musicienne et que l’on ne reçoit pas la reconnaissance que l’on souhaite après avoir sorti plusieurs albums trop souvent passés inaperçus comme l’excellent In Blood Memory. « Il y avait des moments où j’étais littéralement assis à une table à pleurer devant mes amis».

Aujourd’hui, l’Australienne va mieux et a réussi à surpasser cette paranoïa maladive. Elle en a même fait le fil conducteur de son troisième album. Cette remise en question semble avoir été bénéfique pour l’australienne. Sa musique gagne aujourd’hui en intimité et en profondeur.

Cela est déjà visible dès la pochette qui en dit long sur ce qu’elle renferme. Une femme dos nu joue de la guitare sur son lit dans la plus stricte intimité. Dans ces nouvelles compositions enregistrées à la maison avec l’aide de Courtney (et Kurt Vile sur le titre hommage à Dirty Three Loose Magic), Jen Cloher s’y dévoile de la plus touchante et la plus sincère des façons. Elle parle de l’amour pour l’autre sous différentes formes. Celui qui nous fait oublier d’être soi-même (Forgot Myself ), mais aussi l’amour à distance et celui qui est partagé entre personnes du même sexe (Analysis Paralysis).  « Je ne suis pas trop bonne pour décrire ma propre musique, mais je suppose que c’est intime sans jamais être  trop précieux ».

De la préciosité, il y en a tout au long de cet album qui ravira autant les cœurs brisés que les amoureux transis. Car en parlant d’elle, Jen Cloher parle aussi un peu, beaucoup, passionnément de nous.

Damien