Jardin du Michel 2014 – Live Report

 

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Vendredi 06 Juin : A voir le trafic routier autour du petit bled de Bulligny nul doute que ce 10 ème anniversaire du festival du Jardin du Michel a quelque chose de particulier. A vrai dire, tout  a commencé en fin d’année dernière lorsque l’équipe organisatrice annonçait via son site web la venue d’OffSpring. Telle une bombe, l’annonce fit rapidement le tour des réseaux sociaux. Bulligny, 500 âmes hors festival, allait recevoir un des plus importants groupes de punk rock américain, quelques 16 millions d’albums écoulés à ce jour.

Le rendez-vous s’est donc rapidement imposé comme immanquable pour toutes personnes  s’intéressant un tant soit peu à la musique et aux ambiances festives d’autant plus que le Michel et sa bande allaient en remettre une couche quelques mois plus tard en annonçant la participation d’FFF, du duo GZA et Redman pour finir par ce qui est sans doute la cerise sur le gâteau de cette 10ème édition, avec la venue du légendaire Alice Cooper.

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Lorsqu’Offspring monte sur scène, il faut bien avouer que le pari est quelque peu osé. Offspring, clairement c’était mieux avant et les dernières sorties du groupe n’ont plus vraiment l’écho qu’avait pu faire un album tel que Smash. Justement, ce soir, c’est de Smash dont il est question puisque cette année, le groupe fête le 20ème anniversaire de sa sortie. Avec l’âge, Dexter Holland et Noodles sont assez posés, mais il est clair que leur musique n’a pas perdu de son efficacité. Agrémentés par quelques titres d’Americana, le groupe interprétera la totalité de l’album qui les a fait connaitre et les premières mesures de titres tels Come out and play, Why don’t you get à job, Pretty fly (for a white guy) ou encore the Kids aren’t all right provoqueront l’hystérie d’un public totalement sous le charme.

On clôturera cette première soirée avec le swing Electronique proposé par le collectif strasbourgeois Lyre le temps. Jolie mélange d’influences hip hop et electro jazz. Musicalement bien foutu, le show est efficace et la prestation très propre.

 

Samedi 07 Juin : Retour au JDM. Aujourd’hui deux noms sortent naturellement du lot : FFF et Alice Cooper.

Arrivé tôt sur site, pour l’heure c’est avec les locaux qu’il faut compter. Fort de leur récent album « Mass Solace », le trio Blondstone est en train de tabasser dur sur la grande scène ! Clairement les Nancéiens ne sont pas là pour faire de la figuration ! Desert rock au programme, la prestation est à l’image de leur costard, nickel ! Notez ce nom, vous risquez d’en entendre parler. Blondstone3

Le temps de changer de scène que déjà Dead Stereo boots entame sa prestation. Les deux musiciens dissimulent difficilement leur bonheur de faire partie de cette dixième édition. Quarante-cinq minutes de rock balancées entre riff garage, batterie puissante et sourires communicatifs qui donneront à la prestation offerte ce soir par le duo un spectacle énergique et transpirant l’honnêteté.

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La dernière fois que j’ai vu FFF en live on payait encore en Francs. Pour les jeunes qui ne connaissent pas forcément le fonky band emmené par Marco Prince, FFF fait partie de ces groupes incontournables pour quiconque s’est intéressé de près ou de loin au paysage musical français des années 90. Le groupe est une référence, souvent cité mais jamais vraiment égalé. Composé comme à la grande époque de Nicolas « Niktus » Baby en bassiste fou allié vêtu d’une toge, du guitariste Yarol Poupot devenu entre temps directeur musical pour Johnny et du charismatique Marco Prince, FFF n’a rien perdu de sa superbe ! Et même si il faut bien avouer leur live est à peu près la même chose que ce que le groupe proposait quelques année auparavant, des titres tels que Silver groover, le pire et le meilleur, AC2N font toujours leur petit effet quand à Barbès en clôture…est-il utile de faire un commentaire ?

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Hormis son chapeau et sa canne, quelques poussins décapités sur scène et un passage dans le film Wayne’s World, je dois bien avouer que je ne connais pas grand-chose d’Alice Cooper. Bien entendu j’ai eu vent de la carrière monstrueuse de l’artiste mais personnellement le hard Rock cuir et cheveux longs n’a jamais été plus loin que Gun’s and Roses. Pourtant, très vite on se rend compte en voyant les festivaliers présents sur site que Cooper possède toujours son lot de fans. Chauffés à blanc, les plus ardus, T-Shirt et maquillage à l’appui sont cramponnés à la main courante qui les séparent de la scène. Une scène cachée par un rideau annonçant de ce fait un concert atypique.

Le concert débutera sous une cascade d’étincelles à travers laquelle l’artiste, la soixantaine bien tapée, entamera ses meilleurs succès face à un public conquis.

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Alice Cooper, c’est bien plus qu’un concert. Sur scène trois guitaristes accompagnent l’interprète d’Eigteen. Une personne proche de l’équipe JDM me confiera d’ailleurs que certains de ses musiciens possèdent leurs propres attachés de presse. Un show à l’américaine ou rien n’est fait par hasard. Certes aujourd’hui des solos de batterie et des envolées de solos de guitares dos contre dos peuvent paraître quelque peu too much mais quand ils sont joués de la sorte ça passe comme du petit lait. Ajoutés à cela une mise en scène très ’Rocky horror picture show’, une infirmière sanguinaire, une guillotine, une marionnette géante, des fouets et de la pyrotechnie… vous aurez une petite idée de la performance énorme proposée ce soir-là, n’en déplaisent à ceux qui l’auraient enterré trop vite.

Notons également les très bonnes prestations des irlandais de Kid Karaté, trio rock à l’aise dans son époque. Tout comme Murkage ou encore D-bangerz qui avec leur hip hop explosif auront réussi à transformé le JDM en véritable machine à danser

Pari osé mais pari réussi pour cette nouvelle édition du JDM sous un soleil de plomb. Désormais il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’à l’année prochaine, la tête remplie de jolis souvenirs.

O.