Jack White :: Boarding House Reach

Parfois une petite piqûre de rappel ne fait pas mal, surtout lorsqu’un artiste colore l’univers musical depuis les années 90. Certains diront que c’est une période courte, mais dans ce cas, elle fût assez longue pour laisser le temps à Jack White d’enchainer les groupes et les albums. Qui ne connaît pas les White Stripes ? Par la suite, il formera, avec Brendan Benson, The Raconteurs (à mon humble avis l’un de ses meilleurs groupes) ainsi que The Dead Weather avec la fougueuse Alison Mosshart (qui fait aussi partie du groupe The Kills). En 2009 se concrétisera l’aventure Third Man Records, un label créé en 2001, avec l’implantation d’un bâtiment à Nashville où sont regroupés un studio, une scène ainsi qu’un magasin.

Personne ne peut nier les bienfaits qu’il a apporté au monde de la musique, surtout en revalorisant le format vinyle avec son credo « Your Turntable’s not dead ».

Ces activités ne lui suffisant pas, Jack White passe le pas en 2012 dans le monde du solo avec son premier album Blunderbuss, un magnifique manifeste blues-rock, suivi deux ans plus tard par Lazaretto qui, avouons le, n’est pas ce qu’il a fait de mieux. Jamais deux sans trois, en décembre 2017 apparaît sur la toile un étrange teaser qui laissera planer un mystère impénétrable jusqu’à aujourd’hui avec la sorti de Boarding House Reach.

Boarding House Reach ne fait pas que des heureux, les aficionados et la presse se déchirent : tandis que certains crient au génie, les autres décrivent l’album comme étant une œuvre médiocre, si ce n’est pire. On pourrait donc citer cette petite phrase gravée sur le vinyle : If you don’t like this, I don’t know what to tell you. On pourrait dire aussi que certains ne l’ont pas assez écouté, car il faut plusieurs écoutes pour dénicher tous les trésors dont regorge ce disque.

Boarding House Reach a été enregistré d’une manière totalement nouvelle pour l’artiste ; entre autres avec l’utilisation du logiciel Pro tools, logiciel qu’il n’avait jamais utilisé jusqu’à lors préférant les bandes magnétiques (qui n’ont pour autant pas été totalement absente du processus de création). Et comme il ne faut jamais faire les choses à moitié : Jack White nous présente un album où sont convoqués tous les genres du rock au funk, en passant par l’électronique et le jazz. Les ombres de Funkadelic ou Prince ou encore Led Zeppelin et leur Templed Underfoot planent sur le disque sans pour autant voler la vedette à la patte si particulière de Jack White. La plupart des morceaux sont étonnants : Hypermisophoniac, Get in the Mind Shaft et le, malheureusement trop court Everything You Ever Learned, en sont de bons exemples. D’autres ont une histoire particulière : Over and over and over est vieux de 13 ans, de l’époque des White Stripes. Ce morceau a voyagé – une escale Raconteurs pour tomber entre les mains de Jay-Z et enfin trouver sa place en 2018. En clair, Jack White semble s’être libéré de ce qui le caractérisait le plus, le blues-rock hyper cadré, pour partir dans une direction (pas si éloignée) où il peut faire ce qui lui plait, varier les plaisir tout en ayant une liberté de ton incroyable.

Certains diront que d’ « autres ont fait mieux », mais pour un musicien de cette envergure et aussi populaire que Jack White, le voir prendre des risques, casser les codes de la musique auxquels il nous avait habitué, est particulièrement réjouissant. Surtout lorsque le résultat est d’une telle teneur. Boarding House Reach ? Une grande réussite !

Thomas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *