Izzy & the Black Trees :: Trust No One

Il y a quelques mois, nous avions fait la connaissance d’ Izzy & the Black Trees grâce à un premier EP attachant qui révélait un goût prononcé pour l’ alt-folk américain. Un folk sombre dans la droite lignée de Cat Power et Nina Nastasia. Au fur et à mesure que l’on avançait dans cet EP, l’ambiance s’électrisait et laissait poindre une énergie contenue qui ne demandait qu’à éclater.
Ce premier essai prometteur a permis au groupe polonais de partir en tournée à travers l’Europe, mais il a aussi obligé la formation à changer de line-up. Le quatuor a donc  fait du chemin et muri par la même occasion.
Cela s’entend incroyablement dans le combatif premier album Trust No One constitué de huit titres envoyés comme un uppercut à la face du rock. Tous témoignent  d’une nouvelle énergie communicative. Izzy & The Black Trees semble avoir trouvé sa véritable identité qu’il cachait dans le premier EP. La bande originaire de Poznań a profité d’un long processus d’enregistrement pour expérimenter et affiner le son du groupe. Cela s’entend notamment dans l’euphorisant « Scream Sea Lions » (reprise de Miss Is Sleepy, side project folktronica d’Iza)  et le cuivré « Strangers Allows » ; soit les deux titres les plus longs représentant à eux deux presque un tiers de la durée de l’album.
Mais les morceaux les plus convaincants sont sans conteste « Trust No One », tout en cassure rythmique et « Picasso’s Octopuss » où Iza Rekowska prend des airs de Debbie Harry à la sensualité débordante. Que dire du single « Mr President » sorti il y a quelques semaines et qui aurait très bien pu intégrer le tracklisting de Stories From The City, Stories From The Sea de PJ Harvey. De belles références qui rendent Iza Rekowska irrésistible et ses arbres noirs tout simplement bluffants. On ne peut que s’incliner face à ce parcours atteint en si peu de temps. Izzy & the Black Trees est sorti du bois.

Damien