It It Anita :: Agaaiin

© Gert-Jan De Baets

© Gert-Jan De Baets

Le rock belge ne cesse de surprendre. Quand on pense en avoir fait globalement le tour en plus de 20 ans d’écoutes intensives, paf ! Un groupe dont on ignorait complètement l’existence s’impose et nous explose des riffs en pleine poire : IT IT ANITA.
Dans mon esprit, avait germé l’idée, un peu simpliste, certes, que la ville de Liège avait son excellent groupe, Hollywood Porn Stars, et c’était tout. Le punk de Cocaine Piss était toutefois déjà venu apporter un coup de canif à cette pseudo-certitude…
Après deux EPs de cinq titres, très bons, sortis successivement en 2014 et 2015, It It Anita sort enfin son 1er album : Agaaiin.
Originaires de Liège donc, les quatre musiciens d’It It Anita ont su se nourrir de la musique de leurs compatriotes (« Templier » de l’EP Recorded by John Agnello semble être la petite sœur noise du « Sam Peckinpah’s daughter » de dEUS ; « III (Christopher Square) » par ses guitares lourdes et un rythme relativement funky, rappelle le style Millionaire), tout en apportant une influence très anglo-saxonne, que ce soit dans la voix, régulièrement distordue, ou dans les déflagrations et riffs énergiques de guitares.
Par moment, on dirait du Metz (« 25 (from floor to ceiling) » et « Jean-Marc (Jean-Marie) » sont très proches d’un « Acetate » de Metz) ; à d’autres moments, on croirait des riffs de guitares sortis tout droit de l’album « Dirty » de Sonic Youth (le début de « Turnip » est vraiment susceptible d’entraîner une confusion !). Mais là où Metz reste homogène (qui peut franchement percevoir une différence (à défaut d’une évolution) entre leur 1er et leur 2e album ?), It It Anita va chercher ailleurs et ne se cantonne pas à un seul style.
En effet, Agaaiin est loin d’être monolithique : outre les guitares lourdes et la distorsion, vous trouverez dans cet album des rythmes hyper variés, des mélodies dansantes, une sensualité intense à faire mouiller la culotte de toutes les frigides du monde « Ginger « , une tension anxiogène palpable, une jolie ballade digne d’un « Seems like the think to do »  de Dinosaur Jr. « Parsnip (terminal) », de l’expérimentation pure mêlant lecture, parlé, guitares distordues, absence de mélodie, piano désaccordé et jeu très simple « VI (la lectura es cultura) ».
En résumé, ce premier album est une réussite. Riche, varié, énergique, mélodique, on a hâte de (re)voir les It It Anita le jouer en concert !

Elissa