Jesus Christ Fashion Barbe

Jesus Christ Fashion Barbe - Eurockéennes de Belfort - 2012-1-3
Découvert dans une salle nancéenne lors de la soirée On Pousse Jusqu’au Totem organisée par What Comes Around Goes Around, Jesus Christ Fashion Barbe avait laissé plus qu’une bonne impression.

En à peine deux ans d’existence, le trio caennais s’est déjà fait remarquer dans les plus grands festivals de France avec seulement un EP de sept titres en poche.

A l’affiche de la dernière édition des Eurockéennes de Belfort, l’occasion était trop belle pour enfin les rencontrer et leur poser quelques questions pour une  interview au long cours. Il y est question de festivals et des Eurockéennes de Belfort, de souvenirs, de style musical et d’avenir discographique du groupe.

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-INTERVIEW-

Alors on va commencer par les formalités d’usage un peu contraignantes pour ceux qui ne vous connaissent pas encore. Jesus-Christ Fashion Barbe, c’est qui ? Depuis quand ? C’est quoi ?
Nicolas (basse) : C’est un trio qui vient de Caen  et qui existe depuis 2 ans. On se connaît depuis vachement longtemps, depuis qu’on est à l’école. C’est un nouveau projet qu’on a monté. 
Nicolas (chant) : On avait déjà des projets avant, dans plusieurs groupes. On est des copains de vie et de musique depuis très longtemps déjà. 
Nicolas (basse) : Ça semblait évident de refaire de la musique ensemble.

Vous venez juste de terminer votre set. C’est tout chaud. Je t’ai entendu dire que c’était la plus belle scène de France. Alors comment s’est passé votre concert ?
Nicolas (basse) : On ne les a pas toutes faites en même temps
Nicolas (chant, guitare) : On a une trentaine d’années. On a déjà fait pas mal de festivals en tant que festivaliers et aussi en tant que groupe et c’est vrai que cette scène est particulièrement jolie dans tout notre périple. (JCFB a joué sur une scène construite sur l’eau devant le public debout sur la plage).
Nicolas (basse): Et vu que Jésus marche sur l’eau…

Jesus Christ Fashion Barbe - Eurockéennes de Belfort - 2012-1
La dernière fois que je vous ai vus en concert, c’était dans un tout autre cadre. C’était au Totem à Nancy lors de la soirée organisée par What Come around goes around. Comment passe-t-on d’un concert intimiste à l’ambiance d’un festival ?

Nicolas (basse) : En camion
Charly (batteur) : L’intention est un peu la même. Il y a juste un peu de stress supplémentaire parce qu’il y a un fantasme autour des Eurockéennes. Forcément, c’est un festival que l’on suit depuis que l’on est gamin. On regarde la programmation chaque année. On a rarement la chance de venir parce que c’est loin de chez nous donc on fantasme un peu sur le truc.
Nicolas (chant, guitare) : L’approche est différente
Charly (batteur) : L’approche est différente, mais c’est plus une gestion de stress.
Nicolas (chant, guitare) : L’envie est la même. Ce n’est pas qu’une question de stress ou d’importance de scène ou de festival. Et puis, il y a plein de gens qui s’occupent de ça. Alors après c’est différent lorsqu’on se demande si on préfère ce genre de grande scène ou les petites scènes qui sont plus proches du public.
Nicolas (basse) : C’est une chance de pouvoir faire les deux
Nicolas (chant, guitare) : Ouais, c’est vraiment intéressant de faire les deux.
Charly (batteur) : C’est un équilibre important à sauvegarder.

C’était important pour vous de vous produire dans un tel festival ?
Nicolas (basse) : On n’a pas eu le choix (rires)
Nicolas (chant, guitare) : On n’avait pas trop envie (rires)

Jesus Christ Fashion Barbe - Eurockéennes de Belfort- 2012-1-2

Avant, ça évoquait quoi pour vous les Eurockéennes de Belfort ?
Charly (batteur) : Je parle un peu à titre personnel, mais quand j’étais plus jeune entre 17 et 25 ans…
Nicolas (basse) : Parce que j’ai 45 ans (rires)
Charly (batterie) : …j’attendais toujours deux programmation: c’était la Route du Rock et les Eurockéennes de Belfort. Ce sont deux festivals qui déjà par leur nom sont connotés très rock.

Vous êtes déjà venus aux Eurockéennes en tant que festivalier?
Charly (batterie) : Moi je suis venu jouer avec un autre groupe en 2007 je crois. J’avais déjà été épaté par la beauté du site.
Nicolas (basse) : Moi, je me rappelle d’une émission d’M6 présentée il y a longtemps par Laurence quelque chose
Nicolas (chant, guitare) : Fréquenstar ?
GCTMT : Laurent Boyer ?
Charly (batteur) : Laurence Provence ?
Nicolas (basse) : Laurence Provence c’est ça. C’était un vieux Rock Express spécial Eurockéennes. Ca devait être en 1997/98. Je l’avais enregistré et je le regardais en boucle. Il y  avait Nick Cave qui était venu avec PJ Harvey
GCTMT : J’y étais à ce concert. C’était en 1996.
Charly (batterie) : Tu en gardes un bon souvenir ?
GCTMT : Ouais c’était génial. Surtout qu’à un moment, il y a eu une panne de courant. Plus de son sur la scène en plein milieu du set.  Et puis il y a eu PJ Harvey qui est venue.
Nicolas (basse) : chanter Henry Lee, Get Down Get Down (Nicolas se met à chanter)
Nicolas (chant, guitare) : C’est une de mes chansons préférée.
Nicolas (basse) : C’est vrai on ne dit jamais qu’Henry Lee est l’une de nos chansons préférée. Si la prochaine question c’est: quelle est ta chanson préférée, on répondra Henry Lee.
GCTMT : Ok. Quelle est ta chanson préférée ?
Nicolas (basse) : Heu !! (rires)

 

Alors, le groupe n’a que deux ans d’existence, vous avez déjà fait Les Rockomotives, Les Trans Musicales, le Printemps de Bourges. A la fin du mois vous faites les Vielles Charrues. Comment expliquez-vous votre reconnaissance assez rapide ? On a l’impression que tout s’enchaine très vite pour vous.
Nicolas (basse) : Je pense que l’on a fait les bonnes choses aux bons moments. C’est une histoire de rencontres. Il y a aussi un gros facteur chance parce qu’on rencontre les bonnes personnes aux bons moments qui nous donnent l’impulsion à ce moment-là. On a gagné le tremplin de notre salle à Caen le Cargo, qui nous a fait rebondir sur celui des Vieilles Charrues puis des Trans Musicales de Rennes
Charly (batterie) : Le fait de tourner avec un tourneur, les Tontons Tourneurs, qui est aussi très implanté dans ce genre de festivals (Rockomotives….)
Nicolas (chant, guitare) : C’est un système de réseau aussi.
Nicolas (basse) : Avec nos anciens groupes, on attendait le producteur avec la bague en or qui frappe à notre porte. Mais en fait non, on se rend compte que c’est une histoire de réseau.
Nicolas (chant, guitare) : Il y a les tremplins comme celui du Cargo et des Vieilles Charrues qui nous ont amené des choses.
Nicolas (basse) : Ça nous permet de rejouer aux Vieilles Charrues d’ailleurs.
Nicolas (chant, guitare) : Il y a aussi le fait que ce que l’on fait soit bien, mais c’est encore autre chose.

Cette année vous faites les Eurockéennes de Belfort, Les Vieilles Charrues, vous avez l’impression de passer un cap dans votre carrière ?
Nicolas (basse) : De faire des concerts comme ça, d’en enchainer, parce qu’on en a déjà fait pas mal alors qu’à l’origine on ne pensait pas en faire autant et aussi vite, ben forcément ça nous a rodés et fait progresser. Maintenant, ce qui serait intéressant ce serait qu’on arrête d’en faire un petit peu pour refaire un autre disque. C’est ce que l’on a prévu de faire à l’automne. Mais je te bouffe tes trois dernières questions non ?
GCTMT : Ouais c’est un peu ça (rires).
Nicolas (chant, guitares) : Ce n’est pas un cap à passer parce que c’est complètement aléatoire. Il n’y a pas de cap à passer dans la musique.
Nicolas (basse) : Des crans peut-être.
Nicolas (chant, guitares) : On ne se pose la question de savoir si la prochaine fois on passera sur la grande scène.
GCTMT : C’est plus au feeling ?
Charly (batterie) : C’est plus une question de projet artistique. Enfin nous on est plus centré là-dessus. Faire des nouvelles chansons et voir ce que ça donne c’est plus ça. Mais c’est vrai que vivre ça au bout de deux ans, c’est quand même une chance.
Nicolas (chant, guitare) : On prend plus ça comme une chance qu’un cap.
Nicolas (basse) : Comme une récompense aussi. Pourvu que ça dure. Pourvu qu’on revienne aux Eurockéennes dans deux ans faire nos nouvelles chansons. Avec PJ Harvey, Nick Cave…

Jesus Christ Fashion Barbe - Eurockéennes de Belfort- 2012-1
Vous aimez dire que vous jouez du Lo-folk’n’roll ? Vous pouvez expliquer un peu pour les novices ce que vous entendez par cette dénomination ?

Nicolas (basse) : On dit ça parce que c’est la mode de choisir des noms bizarres donc on s’en est cherché un et on a trouvé ça. Mais c’est un mélange de musique lo-fi, de folk et de rock’n’roll

Ca peut aussi résumer votre manière de travailler et d’écrire?
Nicolas (chant, guitare) : Surtout le côté lo-fi, parce qu’on essaie toujours de travailler avec les moyens du bord.
Nicolas (basse) : On essaie de ne pas avoir un gros son efficace, mais plutôt notre son, un peu tendu, un peu crado.
Nicolas (chant, guitare) : Même si, au fur et à mesure, notre son évolue quand même. On s’adapte aussi à des scènes comme ici où effectivement le lo-fi…il faut au bout d’un moment avoir un son qui passe partout.
Nicolas (basse) : Puis plus on travaille, moins ça devient lo-fi.
Charly (batterie) : Au départ, ce truc lo-folk’n’roll, c’était surtout pour trouver un style de musique. Mais le lo-fi, le folk et le rock ce sont surtout des styles que l’on aime et que l’on écoute. On se revendique de ça mais on ne sait pas si notre musique respire ça.
Nicolas (chant, guitare) : C’est toujours difficile de donner une étiquette à ce que l’on fait. C’est plus pour les journalistes.

Votre premier EP connaît un succès d’estime. Mais à quand une nouvelle production ? Vous bossez sur un album actuellement ?
Nicolas (basse) : On est en train d’écrire des chansons et on va s’y coller à la rentrée.

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Vous savez déjà quelle couleur vous allez lui donner. Qu’est-ce qui changera par rapport à l’EP ?

Nicolas (basse) : Le groupe n’est pas très vieux donc on avance à notre manière.
Nicolas (chant, guitare) : Je pense que le prochain EP aura un son qu’on a un peu plus envie d’avoir.
GCTMT : J’ai lu dans une interview que vous aviez enregistré votre EP avec des connaissances assez proches.
Nicolas (basse) : Oui c’est çà. C’est notre ingé son, Christophe, qui nous a enregistrés avec son matos dans la maison d’un copain. Presque en condition live. On voulait un truc assez brut, assez live.
Nicolas (chant, guitare) : On va essayer que le prochain EP soit plus riche tout en gardant le même style de musique.
Charly (batterie) : En fait, c’est à partir du moment où la personne qui compose les chansons propose une identité, je pense que l’on ne s’éloignera jamais de son style propre.
Nicolas (chant, guitare)
:
A partir des arrangements, tu peux créer un style de musique aussi mais on va surtout essayer de faire de bonnes chansons et de faire quelque chose qui nous plaise sur un EP.
Nicolas (basse) : Pour pouvoir revenir au Totem.

Ca sera plus un EP ?
Nicolas (chant, guitare) : Oui un EP plus qu’un album je pense.
Charly (batterie) : On ne sait pas trop encore pour l’instant. Mais après il y a toujours cette histoire de format où effectivement la couverture médiatique est plus forte quand tu sors un album parce que c’est la première grande étape pour un groupe.
Nicolas (chant, guitare) : En même temps, faut assumer aussi de sortir un album. C’est compliqué pour un groupe parce qu’il faut suivre tout le processus.
Nicolas (basse) : Dans l’époque aléatoire dans laquelle on vit, le format EP permet de rester dans l’immédiateté.

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Ça vous permet aussi de rester en contact avec votre public et d’être visible ?

Charly (batteur) : Oui c’est sur, c’est con à dire mais la pression est moins grande en sortant un EP qu’un album. Je crois qu’il y a le truc un peu couperet d’un album où les gens nous attendent au tournant. Il faut que l’on trouve un équilibre par rapport à ça.
Nicolas (chant, guitare) : Puis maintenant, l’EP a sa vraie place dans le milieu de la musique. Plein de groupes font des 5/6 titres.
Charly (batteur) : C’est vrai que toutes les plateformes internet ont redonné la place à l’EP. Avant, vu qu’il y avait très peu de distributions numériques, on pouvait apparaitre que sous la forme d’un album physique.
Nicolas (basse) : Avant, c’était des démos
Charly (batteur) : Le format physique dans lequel on pouvait apparaitre c’était l’album parce qu’il n’y avait pas d’autres moyens de diffusion. Autre que de donner un cd. Alors que maintenant, on peut lâcher quelques titres à gauche et à droite et, au final, les gens sont plus disponibles pour écouter ce que l’on fait.

Merci à Jesus Christ Fashion Barbe et à Lara