JC Satàn « ça va en foutre plein la gueule ! »

© Vanessa Agostino

Dans le cadre du festival Musiques et Terrasses, sur les Quais de Londres, la ville de Verdun a accueilli le groupe français JC Satàn. Ils devaient initialement jouer leurs Love Sessions, mais ont finalement décidé de jouer leur concert en mode show sauvage et possédé. Verdun ayant d’ores et déjà ses propres démons issus du passé, le public a su apprécier.

Avant le concert, nous avons rencontré les Satàn : Arthur (voix et guitare), Paula (voix), Gaspard (basse), Dorian (claviers), Romain (batterie), accompagnés en bonus de Pascal (l’ingé son). Nous avons ainsi picolé, entre autres choses, des bières Corona, et ils ont fait des selfies. Ils nous ont parlé du départ d’Alice, de l’arrivée de Gaspard, de mecs qui portent des pulls camionneur et des boucles d’oreille, d’ordinateurs en carton, de Despacito et de Michel Berger, de féminisme, de sexe brutal, des filles pas belles mais belles et avec lesquelles on a envie de se marier et… ils nous ont dévoilé en toute exclusivité le nom de leur prochain album, prévu pour 2018… et « ça va [nous] en foutre plein la gueule ! » (dixit Romain)

Une interview parfois surréaliste.

Elissa : Alors pour commencer, nous allons évoquer le changement de line-up. Votre bassiste, Alice a choisi de quitter JC Satàn. Comment s’est passé ce départ ?

Arthur : Ben elle en avait un peu marre de faire de la pop, je crois ; elle avait envie de faire du black metal, du doom, des trucs comme ça… Mais ça s’est bien passé entre nous… Je crois qu’elle avait vraiment besoin de faire la musique qu’elle aime à fond. Ce n’est pas son style de musique à la base, Satàn…Mais là, elle va faire des trucs cools avec Johan, le mec de Year of no light. Donc on risque de la revoir dans un autre style… plus proche de ses cheveux noirs.

Paula : Elle en avait un peu marre aussi de tourner…

Romain : Oui, les tournées, ça la pesait vraiment, de passer du temps à attendre, le temps dans le camion, le stress des voyages, elle n’en pouvait plus…

Paula : C’est vrai que c’est chiant, hein !

Romain : En plus, elle c’est le genre de meuf qui a envie d’être tranquille, qu’on la fasse pas chier. Elle est assez casanière.

Paula : Elle sort presque jamais à Bordeaux, par exemple. Si y’a un concert de metal, oui.

Vanessa : Et donc, vous avez choisi Gaspard comme bassiste. Vous n’avez pas voulu remplacer une fille par une fille ?

Romain : On a essayé de trouver une meuf aussi sexy qu’Alice, et puis voilà…

Arthur : C’est le côté féminin de Gaspard qui nous a touchés. Ca paraissait être le choix le plus évident. Y’avait pas 10 000 bassistes sur Bordeaux, et il fallait quand même qu’il soit assez bon, quoi. Donc on a pris ce qu’on a trouvé. Il jouait dans d’autres groupes. Et on fait ce qu’on avait déjà fait avec Pascal (Mondaz, le super-ingé son), on l’a chouré à d’autres groupes. Il s’en rend pas compte, là, il croit qu’il va pouvoir continuer à jouer dans ses autres groupes…

Elissa : Alors, Gaspard, peux-tu nous parler un peu de toi ?

Gaspard : Alors, moi, je joue dans Cockpit, dans Sam Fleisch, dans Prêcheur Loup, et maintenant dans Satàn. Et j’espère pouvoir continuer mes autres groupes !

Elissa : Comment ils t’ont approché ? Tu l’as senti venir le truc ou pas ?

Gaspard : Ouais, je l’ai senti venir… J’ai l’habitude de traîner chez eux et c’est le seul groupe de la colloc dans lequel je ne jouais pas. Et puis Arthur nous avait enregistré le premier album de Cockpit ; et puis il était parti en tournée avec nous, c’était notre…

Romain : …leur rigolo de service !

Gaspard : …notre alcool manager ! C’était celui qui finissait nos bouteilles, quoi !

Arthur : Comme j’étais parti en tournée avec lui et qu’on se marrait bien, pour moi, c’était hyper naturel de jouer avec lui. Et puis, il joue bien et j’aime bien sa manière de jouer ; il a un style qui est proche du mien, je trouve ; j’adore.

Romain : « J’adore mon propre style ».

Arthur : Ben oui ! Evidemment, j’adore mon propre style de basse ! Comment tu veux faire de la musique si t’aimes pas ce que tu fais, pauvre tocard ! Y’a que toi qui trouve que t’es nul à la batterie… ah non ! Y’a tout le monde ! Autant pour moi !

Elissa : Et du coup, Paula, tu es désormais la seule fille dans le groupe ? Comment tu le vis ?

Arthur : Et du coup, on va encore plus prendre soin d’elle !

Vanessa : Alors, ça veut dire qu’en tournée, tu as la chambre d’hôtel pour toi toute seule ?!

Paula : Oui, ça déjà, c’est pas mal ! Et aussi avant, avec Alice, vu qu’on était deux filles, je ne m’en rendais pas trop compte, je faisais pas gaffe, mais maintenant, je réalise qu’il n’y a vraiment pas beaucoup de filles dans le rock ; je ne suis pas la seule fille dans un groupe, mais en général, si. Hier, on jouait avec cinq groupes, il n’y avait qu’une seule autre fille. Et donc voilà, maintenant, je suis la seule fille. Ça fait bizarre. Pour le moment, on n’a pas fait beaucoup de dates ensemble avec le nouveau line-up (c’est la 4e), mais pour l’instant ça s’est bien passé. Les horaires d’Alice et moi, ça passait jamais bien ; Alice, elle est comme Arthur, elle regarde des films jusqu’à 7h du mat et elle se lève à midi… alors là, c’est vrai qu’avoir la chambre d’hôtel toute seule, c’est vraiment pas mal…

Vanessa : Arthur, dans une interview de 2015, tu as déclaré que si les gens disaient de Satàn qu’ils étaient les sauveurs du rock en France, c’est parce que le rock français, c’était de la merde. Est-ce que tu penses toujours la même chose ? Et aussi qu’est-ce qui vous plaît actuellement dans le rock en France ?

Romain : Y’a rock français et rock français.

Arthur : Ouais, c’est ça. En fait, si on doit être considéré comme les sauveurs du rock français, ben je préfère aller dans un autre pays. Parce qu’il y a le rock, qu’on peut faire partout dans le monde d’une part, et le rock français d’autre part. Moi, je n’aime pas le rock français. Maintenant, le rock français, c’est devenu un style à part entière, avec des codes et tout, avec une façon de chanter, et même une façon d’écrire de la musique ; hyper inspiré de ces trucs comme Téléphone, Noir Désir… tout des trucs… chiants. Des mecs avec des pulls camionneurs, une boucle d’oreille, mal rasés, qui sont souvent engagés… On est des gros chauvins en France.

Après, t’as le rock en France, où là, t’as des trucs géniaux. La moitié des groupes que nous on aime qui font du rock en France, c’est des groupes qui, s’ils étaient américains, seraient tous potes avec Ty Segall et machin, et ils seraient respectés de la même manière.

Romain : Mais c’est fini, tout ça, le mouvement du rock français ; ça devient anecdotique. Aujourd’hui, les jeunes qui se mettent à faire du rock, ils font plus du « rock français », regarde à Bordeaux, on n’en connaît aucun, par exemple…

Arthur : Oui, ben ça c’est bien, tant mieux. Depuis que les Ricains sont arrivés de San Francisco et tout, le garage c’est devenu vraiment la base du rock ; et maintenant, quand les jeunes se mettent à faire du rock, leurs références sont davantage internationales. Mais il faut arrêter avec le chauvinisme de merde. Après, j’adore la langue française dans la musique. Mais une langue, ça a une musicalité, et il faut que ça aille avec un certain type de musique ; il y a des gens qui arrivent à chanter en français sur du rock ou de la pop… Moi, je trouve que l’anglais là dedans c’est plus naturel, musicalement, au niveau de la sonorité.

© Vanessa Agostino

Elissa : Parce qu’à ma connaissance, JC Satàn n’a fait qu’une chanson en français et une en italien.

Paula : Oui. Bientôt deux en italien.

Vanessa : Et à l’étranger, où est-ce que vous êtes le mieux accueillis ?

Arthur : Partout, on est super bien accueillis, tout le monde nous aime, c’est incroyable !

Paula : Je ne sais pas… Je crois qu’en général, le meilleur accueil, ça reste en France.

Vanessa : Et en dehors de la France ? Parce que vous avez joué en Chine il y a quelques mois, en Angleterre il n’y a pas très longtemps…

Arthur : Aux Etats-Unis, c’était vraiment cool, je trouve. Qu’il y ait peu ou beaucoup de gens, il y avait vraiment une chouette ambiance. Et on a eu la chance de jouer avec tous les groupes qu’on adore : on a joué avec les Lamps, avec Ty Segall, King Dude… On a joué qu’avec des gens qu’on aimait bien, alors ça c’était cool. Et puis des gens assez connus, donc ça c’est bien. Et tu sens qu’ils ont une culture du rock là-bas ; tu peux jouer, direct, les gens vont comprendre ce que tu fais.

Dorian : Mais il n’y a pas vraiment de règle, d’accueil systématique selon les pays…

Romain : En fait, tu vas dans un pays, tu fais autant de dates de merde que de dates bien, comme en France… Mais c’est vrai, comme dit Paula, en France, on est connu, donc ça ne nous arrive plus de faire des concerts minables, où il n’y a vraiment personne et où c’est vraiment nul à chier…

Arthur : … alors qu’en Italie…

Paula : Non, en Italie, ça ne nous est pas arrivé souvent non plus, hein ! Ça n’est arrivé qu’une fois où on a fait une date de merde ; c’était un lundi à Pescara…

Après, la dernière tournée qu’on a faite en Angleterre, c’était bien aussi ! Ça s’est super bien passé, c’était cool.

Vanessa : Alors, il y a un nouvel album de prévu bientôt ?

Arthur : Pour 2018, oui. On va le finir ce mois-ci.

Vanessa : Et du coup, la façon de travailler a changé ?

Romain : Eh bien oui, ça a un peu changé. Pour la première fois, j’ai enregistré des batteries sur l’album et franchement, ça s’est plutôt bien passé… même si je suis un batteur de merde…

Arthur : Non, la batterie sonne du feu de Dieu…

Romain : Non, Arthur déteste comment je joue, alors…

Vanessa : Mais en tout cas, ils ne t’ont pas encore remplacé, c’est plutôt bon signe !

Arthur : Non, ce n’est pas vrai, je lui ai dit que j’ai trouvé qu’il avait fait des trucs supers. Y’a plein d’idées supers, des trucs étonnants. On n’aurait jamais imaginé qu’il puisse sortir ça.

Gaspard : Oui, moi aussi je trouve ça super, ce qu’il a fait !

Romain : Alors déjà, rien que cette différence là, ça va vous en foutre plein la gueule !

Paula : Mais après, par contre, notre manière de travailler, c’est toujours la même chose : c’est Arthur qui compose, c’est moi qui écrit les textes. Et cette fois, c’est mieux enregistré : Arthur et Dorian ont acheté plein de matos… un studio de professionnel.

Dorian : Un putain de putain de matos !

Arthur : Et ça sonne vraiment super bien ! Ça n’a vraiment rien à voir avec les disques d’avant.

Paula : Hormis celui d’avant, ils étaient tous enregistrés à l’ordi : batterie à l’ordi, ampli des ordinateurs et tout.

Après, ceux sortis sur Born Bad, c’était des vrais ordis euh… des vrais amplis…

Dorian : Des vrais ordis ?

Paula : Non, des vrais amplis ! Parce qu’avant c’étaient des…

Arthur : Avant, c’était des faux ordis, on avait une boîte en carton, on avait dessiné des touches dessus et on tapait comme ça, et on a enregistré la musique comme ça, tu vois ; sur des écrans creux comme ça…

Romain : Non, mais disons que là, ils sont équipés, ils ont leur studio mobile…

Elissa : Et pour ce prochain album, est-ce qu’il y aura une thématique précise, comme pour « Faraway Land » ?

Paula : Non, « Faraway Land », c’était le seul disque où il y avait une thématique globale. Et là, ça ne sera pas le cas du prochain. Chaque chanson aura son thème, son histoire à part.

Arthur : On s’était dit qu’on voulait revenir un peu comme le deuxième album, avec des chansons à la cool.

Dorian : Vous voulez le nom en exclu du disque ?

Vanessa & Elissa : Oh ouais !

Paula : « Centaur Desire ».

Vanessa : Comme un centaure dans la mythologie ?

Paula : Oui, mi-homme mi-cheval. Et cette chanson, qui donnera son titre à l’album, ça parlera d’une femme très féministe qui aime bien l’amour très violent, le sexe brut et les hommes machos et tout ça. Et elle, c’est quelqu’un  de très féministe.

Romain : Parce que le centaure, c’est le symbole d’un combat entre la raison et la passion.

Paula : C’est parti du fait que j’ai trouvé une carte postale par terre, avec un centaure qui était trop beau ; et je me suis dit que ça ferait une super pochette d’album. Et je me suis dit que j’allais faire un morceau sur un centaure ; et j’avais déjà une idée sur cette chanson, mais je n’avais pas encore le nom. Et la connexion s’est faite.

Arthur : En fait, c’est une façon de dire que toutes les féministes sont des grosses connasses aussi.

Paula : Mais non !

Elissa : …des connasses ou des salopes ?

Arthur : Moi je trouve que c’est plutôt féministe d’être une salope !

Vanessa : En fait, être féministe, c’est l’acceptation de sa sexualité. Peu importe ce que c’est.

Paula : J’ai une copine qui a mon âge, 33 ans. Et il y a 10 ou 15 ans, son premier groupe, c’était trois filles qui faisaient du punk. Elles ont été appelées pour un festival féministe, je ne sais plus où en Italie. Et elles sont arrivées toutes les trois habillées un peu en style sado-maso avec des robes achetées dans un porno-shop, tu vois. Et du coup, elles ont été virées du festival, ils ne les ont pas laissées jouer, parce qu’ils disaient qu’elles dénigraient l’image de la femme. Mais je connais ma copine, elle est complètement féministe. C’est Astrid qui joue maintenant dans Miss Chain & The Broken Heels.

Elissa : Alors, après le sexe brut, parlons un peu romantisme… Ce soir, vous deviez initialement jouer les Love Sessions, mais finalement, vous optez pour la formule classique. Vous pouvez nous parler un peu du concept des Love Sessions pour commencer et ensuite nous expliquer pourquoi ce soir vous jouez la version sauvage des Satàn ?

Dorian : À la base, on nous a proposé de le faire à un moment donné. On nous a proposé de faire des sets acoustiques. C’est pas trop un truc qu’on aime faire, on n’était pas trop chauds pour le faire à  chaque fois. Et puis une fois, on a dit oui, je ne sais pas trop pourquoi. C’était pour des enfants…

Arthur : Et puis le truc aussi c’est qu’en fait, dans les disques, y’a plein de ballades et plein de chansons douces.

Paula : Moi, perso, ça faisait longtemps que j’avais envie de jouer ces morceaux. Parce que la moitié des chansons sur les disques, ce sont des ballades. Sauf que ça ne colle pas avec nos sets. On ne va pas jouer la moitié du set et faire ensuite une ballade, quoi, ça ne colle pas.

Arthur : Et de toute façon, vu tout le matos qu’on a sur scène pour faire du gros son, on ne peut pas passer de ça à une ballade… Je ne peux pas re-régler tous mes amplis…

Romain : Toi, tu dis ça, mais moi je suis persuadé qu’on pourrait quand même tenter le coup. Il y a certains morceaux qu’on pourrait faire.

Arthur : Sinon,  pour ce soir, c’est pragmatique : Alice s’est barrée et on ne pouvait pas imposer à Gaspard deux sets à apprendre en deux semaines.

Dorian : Après, ce n’est pas tout à fait ça, parce que Alice s’est barrée après qu’on ait décidé de ne pas faire les Love Sessions.

Paula : C’est aussi qu’on ne se sent pas au top avec les Love Sessions comme avec la version classique. On est tellement rodés pour l’autre. Et puis cet été, c’était la seule date où on aurait dû faire les Love Sessions ; ça aurait voulu dire bosser beaucoup, avec Gaspard, pour un seul concert. Ça aurait été compliqué.

Arthur : On ne l’a pas beaucoup répété, ce set. On a fait que 5 / 6 concerts avec les Love Sessions. Et quoi qu’on en dise, c’est hyper dur.

Romain : Mais par exemple, ce soir, on est content de ne pas faire les Love Sessions, parce que faire les Love Sessions sur une scène comme ça, c’est ridicule. A la limite, les Love Sessions, on devrait les faire dans des lieux intimistes, des petites scènes. Limite, un théâtre, quoi.

Arthur : Je pense que c’est un truc où ça ne devrait pas être trop repris, dans un endroit pas énorme où les gens peuvent bien entendre ce qu’on fait. Un truc petit, des gens proches.

Après, les fois où on l’a fait, c’était pas mal. On a eu des retours positifs. Genre à la Maroquinerie, c’était super beau, les gens ont été géniaux. Les gens ont été touchés.

Paula : Il y a même des gens qui nous ont dit qu’ils préféraient le set des Love Sessions plutôt que l’autre, quoi.

Elissa : Vous allez quand même essayer de perdurer dans ce concept ? Refaire des concerts Love Sessions ?

Paula : Pour l’instant pas trop. Parce que là, on aimerait bien commencer à répéter les nouveaux morceaux, du prochain album.

Vanessa : Et ce soir, vous allez en jouer ?

Romain : Aucun.

Arthur : Non, ça va être un vieux set. Mais Gaspard a eu un mois pour apprendre le set, donc on a choisi d’être plutôt efficaces. Cet été, on va commencer.

Paula : Moi, perso, je préfèrerais attendre la sortie du disque. Parce que l’autre fois, le disque a mis longtemps à sortir et on a commencé à jouer les morceaux avant la sortie ; et on a donc joué les morceaux un an avant la sortie. Du coup, ça fait deux ans et demi qu’on joue les mêmes morceaux. Et je trouve que quand tu sors le nouveau disque, que tu aies un nouveau set, c’est plus cohérent. C’est pour ça que j’aimerais ne pas trop jouer les nouveaux morceaux avant.

Elissa : Maintenant, la question bonus : Vous pourriez chacun nous dire votre chanson, album ou artiste fétiche, votre album ou la chanson que vous écoutez beaucoup en ce moment, et puis votre « shame song », c’est-à-dire la chanson un peu honteuse qu’on aime bien.

Romain
Pour l’album ultime, ce serait « Roman Candle » de Elliott Smith.

La shame song, ce serait Michel Berger « Je reviens de loin ».

Et en ce moment… euh… pfff… je ne sais pas quoi dire, ben… Domo Genesis, le dernier album ; c’est du rap, trap. Sinon, en plus récent, y’a Kendrick Lamar, mais c’est un peu naze de dire ça, je préfère dire Domo Genesis.

 

 

 

 

 

Paula

Alors, le disque que j’écoute vraiment beaucoup en ce moment, c’est « Nino and Radiah » de Nino Ferrer accompagné de la chanteuse Radiah ; et j’adore les deux titres « Looking for you » et « Vomitation ».

La chanson shame c’est Despacito (j’adore Despacito).

Et après, le disque fétiche, c’est plus difficile, parce qu’il y en a quand même beaucoup. Tu vois, hier j’écoutais encore Queen of the Stone Age, « Song for the dead », et je me fatigue jamais de ce disque. Il y a aussi « Goo » de Sonic Youth. Mais voilà, entre les deux, je ne sais pas lequel choisir

 

 

 

Arthur

En chanson fétiche, ça pourrait être D.r. Hooker « Forge your own chains » ou « I’m only sleeping » des Beatles.

Un disque que j’écoute beaucoup en ce moment c’est « Chinese Restaurant » de  Chrisma; il est génialissime ce disque, vraiment hallucinant. C’est un duo génial. Déjà le disque, il est vraiment démentiel. Et ils font une chanson géniale à la fin où ils remercient tous les groupes qu’ils adorent, et il y a que des groupes géniaux ; donc ça c’est super.

Y’a une chanson des Dwarves, ça fait pas trop shame song, mais quand tu l’écoutes, c’est ringard à mort ; c’est les Dwarves de maintenant, qui sont vraiment nuls à chier. C’est une chanson qui s’appelle « FEFU », on dirait vraiment une chanson de hardcore punk d’un collège américain tout pourri ; hyper ringard, mais j’adore cette chanson. Ils chantent « I wanna fuck » tout le temps…

Dorian

Le morceau que j’écoute beaucoup en ce moment c’est Basil Kirchin « Sillicon chip ». C’est un compositeur qui a écrit pas mal de musiques de films, et qui fait des choses plutôt jazzy ; et là, le morceau que j’ai découvert, c’est un truc assez disco, assez étrange, qui est hyper bien.

Après, le disque dont je ne me lasse jamais, c’est « Last Splash » des Breeders, avec le titre « Cannonball ».

La shame song, j’hésite entre plein de trucs… mais il y a un morceau de Claude François que j’ai redécouvert y’a pas longtemps, qui s’appelle « Mais quand le matin ». Et il est génial.

Gaspard

L’album que j’écoute beaucoup en ce moment c’est Brian Eno « Taking Tiger Mountain (by strategy) », qui est super.

La chanson que j’écoute sans me lasser, c’est Q Lazzarus, « Goodbye horses », je crois que je peux l’écouter une centaine de fois d’affilée, je crois que je ne m’en lasserai jamais.

Et ma shame song, c’est une chanson sur le dernier album de Christophe, qui s’appelle… je sais plus comment il s’appelle… (il chante : ) « le courant t’emporte… j’ai beau te serrer fort… » (c’est « Océan d’amour »). Elle est superbe !

 

 

Vanessa : Et Pascal, tu nous les donnes aussi ?

Pascal : Alors, ce que j’écoute en ce moment : Jessy Lanza, qui est une productrice canadienne et elle produit tout elle-même et c’est électro, et elle chante dessus et c’est trop beau. Et y’a une autre meuf dans le même genre qui s’appelle Kelly Lee Owens, qui est Galloise, dont la démarche est identique : elle produit et elle chante et c’est super beau. Et elles ont pas peur de passer du techno au R’n’B. Elles sont même pas très belles, mais elles sont tellement belles que j’ai envie de me marier avec elles quand même.

La chanson honteuse, c’est Abba et « The winner takes it all ». Il faut savoir que le mec a composé les paroles après avoir largué la chanteuse blonde, et se mettant à sa place à elle et en s’imaginant ce qu’elle pourrait lui dire. Donc elle chante : « tu gagnes tout et tu me laisses comme une merde ». Donc, voilà, il lui a ramené le texte en disant « ben voilà, je t’ai larguée, mais tu vas chanter ce texte »…

Et la chanson fétiche, c’est « Velouria » des Pixies ; et il y a une autre version, une reprise jazzy d’un groupe qui s’appelle The Bad Plus. Et les deux versions sont merveilleuses et voilà.

 

Vanessa : Et bien c’est parfait, merci beaucoup !

Elissa : Est-ce qu’il y a une question qu’on ne vous a pas posée et qu’on aurait dû vous poser ?

Arthur : Ben, tu n’avais pas une question sur la taille de la bite de Gaspard, il me semble ?

Gaspard : Je resterai énigmatique.

Vanessa & Elissa : Ha ha ha ! Merci beaucoup les Satàn ! (et on vous aime très fort)

Propos receuillis par Vanessa et Elissa

Merci à Pauline, JC Satan et Musiques et Terrasses

© Vanessa Agostino