Interview de Sale Gosse « J’ai pas envie d’être domestiquée, c’est le rock’n’roll qui prime. »

Trêve de morosité électoralo-politico-sociétale franco-française ! Voici un groupe, basé à Bruxelles, qui fout la patate, la pêche, la banane et autres cinq fruits et légumes par jour : le groupe franco-belge Sale Gosse.

Après avoir sorti, en mode DIY, l’année passée, un premier, mais néanmoins réussi EP de trois titres, sobrement intitulé  3 , les Bruxellois réitèrent leurs méfaits avec un cinq titres, via Luik Records, le label liégeois (It It Anita, Monolithe Noir, Bison Bisou, No Metal In This Battle,…).

Ce disque a un nom qui résume bien l’esprit du groupe : The First Dick I Ever Saw Was Iggy Pop’s. Agathe, Randa, Nino ne se prennent pas au sérieux et ont un son résolument rock.

Ce vinyle est d’ailleurs accompagné d’une pochette surprise, singulière, unique et pleine de fantaisie, comprenant des confettis, des photos des membres du groupe dont les visages sont peinturlurés de maquillage, des drôles de sculptures vaudou-freaks d’Agathe, des messages philosophiques écrits au rouge à lèvres, des ballons de baudruche, des mèches de cheveux…

Leurs chansons indie-rock-grunge-punk-noise-bluesy (oui, tout ça à la fois) sont ultra catchy et sont capables de mettre de bonne humeur le plus ronchon des dépressifs qui n’aurait pas pris son café du matin.

Deux guitares, une batterie, une, deux, voire trois voix et une énergie folle, punk, sensuelle, déterminée.

Et puis, parce que le groupe est connu pour cette spécificité marrante : Nino, le fils, à la guitare et parfois au chant, Agathe, la mère, à la batterie et aux backing vocals et Randa, la bombe-fille-adoptive-copine, à la guitare et au chant. Chacun 15 ans d’écart. La rage je-m’en-foutiste adolescente, mêlée au riot grrrl, avec de la maturité folledingue : un cocktail explosif et surprenant.

Pour la petite histoire, j’avais rencontré Agathe, par pur hasard, lors d’un concert au 103, à Nancy. Une très jolie rencontre. J’ai ensuite découvert, par pur hasard également son groupe, Sale Gosse.

Et puis, j’ai décidé de me rendre au très chouette et très prometteur Houtain Rock festival, près de Liège, afin de voir Sale Gosse en live. Et réaliser leur interview.

Franchement, j’appréhendais. Parce que des groupes capables de mettre une telle énergie, une telle bonne humeur, une telle présence, une telle efficacité dans leurs morceaux et dans leurs disques, ne sont pas forcément capables de faire de même sur scène. Ou alors, ça sonne artificiel, avec des sets répétitifs et faussement spontanés.

Mais là, avec Sale Gosse, je me suis pris une tarte. Outre les qualités musicales et vocales indéniables des 3 membres du groupe, ces derniers font le show :

Randa, déesse ultra-sexy aux jambes de rêve interminables, à la chevelure longue, épaisse et brune, aux yeux de braise, à la bouche rouge et à la culotte de sequins, balance ses riffs de guitare et nous enveloppe de sa voix, puissante, parfois chaude et sensuelle, d’autres fois féroce et passionnée. Un parfum de PJ Harvey… Randa qui ne cesse de danser et sautiller partout.

Nino, autiste prodige nonchalant, en jogging et T-shirt, tellement à l’aise sur scène qu’on se demande s’il n’a pas fait ça toute sa vie, martyrise sa guitare pour en sortir des sons noisy, péchus, parfois bien sales et saturés, d’autre fois plus mélodiques et bluesy… et surprend par sa virtuosité, par sa voix, dont l’énergie, la rage, la justesse, l’aisance dénotent par rapport à son apparente indifférence. Et lorsqu’il se met à la batterie pour le dernier morceau, il sort de sa réserve et balance un « articule ! » bien audible à sa mère lorsque celle-ci prend le micro. Et toute la salle se marre, évidemment.

Agathe, enfin, sorcière-chamane blonde dont les baguettes ne cessent de rebondir sur sa batterie, et dont le décolleté est une invitation à tous les regards, même les plus prudes, marque le rythme, punchy, énergique et entraînant. Et balance des blagues et des anecdotes et se trompe dans les noms de groupe.

Un concert de Sale Gosse c’est ça : tu danses, tu sautes, tu prends ton pied, tu piges pas tout, tu te marres, et tu tombes amoureux.

Une bonne humeur, une énergie, une complicité communicatives ; et des échanges spontanés, authentiques et drôles avec le public.

Je retrouve le groupe après leur concert, alors qu’ils mangent des pâtes. Fous rires, histoires, règlements de compte et consignes de vote.

Elissa : Bonjour à tous !

Sale Gosse : Bonjour !

Elissa : Sale Gosse au singulier ?

Randa : Oui. Et d’ailleurs, à la fin de l’interview, tu devras nous dire qui est le pire Sale Gosse de nous trois… Moi j’aurais tendance à dire : la sale gosse c’est elle (Agathe), l’emmerdeur c’est lui (Nino), la chieuse c’est moi (Randa).

Agathe : Voilà ! Comme le Bon, la Brute et le Truand !

Randa : Sale Gosse, c’est une entité ; c’est nous trois ensemble qui formons un sale gosse. Et de temps en temps, il y en a un qui est plus sale gosse que l’autre…

Elissa : Alors pour commencer, vous pourriez nous raconter comment le projet Sale Gosse s’est construit ?

Randa : Agathe jouait dans un groupe, dont on ne citera pas le nom. Je me suis retrouvée à un de ses concerts, deux jours après Charlie Hebdo. Il n’y avait quasi personne dans la salle, parce que c’était la déprime, tout le monde flippait, blablabla…

Agathe : Oui, je jouais ce soir-là, où il n’y avait personne et j’ai vu une belle fille. C’était comme s’il n’y avait qu’elle, quoi.

Randa : Et ton groupe, maintenant je peux honnêtement le dire : il était vraiment pas terrible. Il y avait deux espèces de mecs mous du gland machin… mais cette batteuse m’intriguait. Parce qu’elle avait une espèce de présence, elle s’engueulait avec le guitariste, j’arrivais pas à capter son âge, ni d’où elle venait, je ne l’avais jamais vue à Bruxelles, je me demandais qui était cette femme…

Et on a commencé à papoter après le concert. Et qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ah oui, tu m’as dit que tu voulais monter un groupe de filles et je t’ai dit : « hey ! »

Agathe : Oui, je t’ai dit que j’en avais marre de ce groupe avec ces deux types-là… Parce que moi, au départ, je suis née à Dunkerque, je suis une Ch’ti. Mais quand j’étais à Metz, j’étais dans un groupe de filles ; et ça c’est…

Nino : Mais t’arrêtes de raconter toute ta vie ! La question, c’est Sale Gosse, c’est pas ta vie !

Agathe : Oh ! Ca va, toi ! Mange ! Mange et tais-toi ! Va au coin !

Et j’avais un groupe et j’adorais ce groupe ; on était 4 filles et c’était vraiment génial ! C’était en 1900…

Randa : 1982 !

Agathe : Bande de nazes ! Non, c’était en 1990. Les groupes de filles étaient à la mode avec Courtney-ta-race, là… Donc, moi je suis rentrée dans la musique comme ça, avec un groupe de filles, et c’était vraiment bien. Et quand j’ai vu Randa, je me suis dit « ouais, pas mal ! »

Randa : Et putain de coïncidence, moi j’avais un groupe de filles avant,  qu’elle avait vu au White Hotel et elle m’a dit qu’elle avait trouvé ça génial et tout. Et donc du coup, on s’est dit qu’on allait faire un truc. Dans une conversation, on a parlé des anniversaires, des signes astrologiques, elle me dit qu’elle est verseau, alors que moi aussi; elle m’a demandé quel jour j’étais née, je lui ai répondu le 28 janvier. Et là, Agathe s’est exclamée : « Non ?! Mon fils est né un 28 janvier ! Et en plus, c’est un super guitariste ! Il a 15 ans ! ». Et là, je me suis dit direct « oh putain non, quoi… il va nous faire des reprises des Red Hot Chili Peppers ! Super…». Enfin, tu vois, la mère reloue toute fière de son fils…

Agathe : Ouais, ben pourtant, y’a pas de quoi, hein…

Randa : Bon. Je vais chez elle un dimanche après-midi, deux mois plus tard. Et on commence à jouer. Et en une après-m, on a fait deux morceaux… on avait un feeling de dingue.

Agathe : Et Nino passait pas hasard… dire bonjour à sa maman… Bon, il a maté un peu le cul de Randa, il a dit : « ouais pas mal… »

Randa : Et donc, la 2e fois où je suis venue chez Agathe, elle m’a dit : « bon, cette fois-ci, Nino va jouer avec nous ».

Et là, il se branche. Il joue. Et le piot, il me troue le cul, quoi. Genre, je me suis dit que j’avais face à moi le fils bâtard de Thurston Moore et Jon Spencer, la réincarnation de Jimi Hendrix et Kurt Cobain, quoi. Un truc de fou !

Agathe : …bien éduqué par sa mère…

Randa : Et même la voix ! Il yaourtait du n’importe quoi en anglais, mais ça envoyait un truc… ça sortait des tripes. Et du coup, ben Sale Gosse est né comme ça, en fait…

Agathe : Oh on a mis du temps quand même à s’appeler Sale Gosse, parce que Nino voulait qu’on s’appelle Les Chiens Bizarres, en anglais : Weird Dogs.

Randa : … un nom qui ne voulait rien dire…

Agathe : Et puis moi je voulais qu’on s’appelle Nu. En flamand ça veut dire « maintenant » ; et puis en français, eh bien « nu »… Et puis, finalement, nous sommes devenus Sale Gosse. Et là, on sort un vinyle… Mais on n’a pas visé ça au départ. Les choses sont venues très vite. Et c’est Damien (Aresta, de Luik Records) qui a mis un truc là-dessus.

Randa : En fait, au départ, la démo, c’est un pote, Fabrice, qui nous enregistrés quasi gratos ; et on s’est dit « ok : on a des morceaux, on va les enregistrer, comme ça on va gratter des concerts à gauche à droite ». On a enregistré ça en deux-trois jours ; lui, il a mis sa patte, c’est quelqu’un qui est fort dans le milieu pop et tout. Donc, nous on a sorti ça, plus dans un objectif de com, pour trouver des dates de concert. Et puis, Damien, deux jours plus tard, il arrive, il me dit : « T’as un super groupe, j’ai un super label, faut qu’on parle ». On est bien tombé. Il s’est vraiment investi dans le projet, il démarrait son label…

Ça nous à permis de presser un vinyle, ça c’est cool… D’enregistrer dans un putain de studio, ça c’est génial.

Nino : Ça nous permet de faire plein de concerts, et ça, c’est encore plus cool !

Elissa : Vous avez l’image qui va bien avec votre nom de groupe : il y a le côté rebelle, sexy, punk, frais, sans prise au sérieux… C’est quelque chose auquel vous tenez ou c’est spontané ?

Nino : Moi je dirais que c’est très spontané. C’est nos trois personnalités ensemble.

Randa : Oui, c’est nous trois : il y a Agathe qui en mode « yeah ! », Nino qui est cool, et moi qui suis très Riot Grrrl… Et c’est vraiment le mariage de nos trois personnalités.

Mais en fait, Sale Gosse, c’est juste une grosse blague au départ. Et là, le fait qu’on tienne notre vinyle en main… On a commencé ça pour rigoler… parce que ça se passait bien. Et en fait, les choses ont pris, mais on ne s’est jamais posé des questions sur notre identité ou sur l’image qu’on renvoyait, quelle image on veut projeter, qu’est-ce qu’on va faire comme musique. En fait, voilà comment ça se passe : on jamme, il y a un truc qui sort bien, on l’enregistre, et si ça donne quelque chose de bien, on le travaille. Les clips, les photos, les machins, c’est plus des délires. « Fifteen », c’était à la maison. « DIA », j’ai croisé un pote à un feu rouge, il m’a dit qu’il voulait m’aider à faire un clip, on a balancé deux-trois idées. Enfin, les choses deviennent réelles, sans même qu’on les calcule, c’est ça qui est cool. Du coup, tu as l’impression que c’est une grosse blague qui prend forme et qui prend vie…

Elissa : Et qui trouve écho chez les gens !

Randa : Les gens, ça les fait rire, et ça c’est cool !

Agathe : Bon, si je peux dire un truc… Je crois que l’image de Sale Gosse : les pochettes surprises, de disques, les machins « panpan-cucul », tous les trucs qu’il y a chez moi, qui sont dans le clip, mes créations, tout ça, c’est mon côté créatif un peu trash-machin, et ça colle bien ensemble ; avec la musique de Sale Gosse.

Ce que j’aime bien aussi dans Sale Gosse, c’est le côté DIY, comme les petites pochettes qu’on a faites, nous-mêmes, et qui accompagnent les vinyles. Ca j’adore. Tu vois, j’ai fait ma tenue, ce soir, j’ai rajouté des têtes de mort dessus, je l’ai colorié en phosphorescent.

Pour moi, c’est important qu’il y ait cette image destroy artistique kitch. Et en fait je trouve qu’il y a tellement de groupes de rock… je vois beaucoup de concerts, tu sais, et parfois je m’emmerde… tous ces groupes qui se prennent au sérieux ! Qui restent statiques sur scène à jouer leur truc…

Nino : Oui, je te comprends.

Elissa : C’est vrai que vous, sur scène, vous êtes ultra fun et très sautillant ; il y a aussi le côté sexy, avec notamment Randa et sa culotte à sequins…

Agathe : Et encore, tu nous as pas vus jouer dans une petite salle…

Randa : Ben ce soir, c’était un peu frustrant, quand même, on était vachement loin du public…

Et l’histoire de cette culotte… que je porte aussi dans le clip « DIA », mais on ne la voit pas bien parce que je porte mon costume de batman dessus. En fait, à la base, c’est celle d’Agathe… On a été dans la Drôme, en France, et on avait pris genre le minimum d’affaires, au cas où on voulait tourner des images et rigoler et tout… Et Agathe a décrété qu’elle m’allait mieux à moi qu’à elle.

Et ça m’aide, sur scène, de jouer en culotte, en fait. Parce que du coup, tu es déjà complètement à nu ; tu n’as plus rien à cacher ; et tu es déjà en train de frôler et friser le ridicule. Du coup, tu n’as rien d’autre à faire que de sortir de toi et d’être toi, quoi !

Quant au côté sautillant, c’est un mix entre les nerfs, et aussi le fait que c’est toujours chiant de jouer face à un public statique, parce que tu as l’impression qu’ils se font chier. Et du coup, je saute et je me dis que si je saute, ils vont peut-être s’y mettre aussi… Parfois ils s’y mettent et parfois ils ne s’y mettent pas. Mais c’est vrai que c’est déstabilisant.

Elissa : On parlait de spontanéité, d’authenticité tout à l’heure : est-ce que le fait d’avoir désormais un label qui vous chapeaute, ça vous cadre, ça vous limite, est-ce qu’il y a des exigences… ?

Randa : Pas du tout. On s’est ramenés au studio, on avait nos morceaux, on les a joués…

Agathe : Y’a pas intérêt, de toute façon, sinon, moi, Mike (Goffard, ex-Malibu Stacy, actuel frontman de It It Anita, qui a participé à l’enregistrement), je lui fous un doigt dans le cul !

Randa : Liberté artistique totale ! Il y a juste Laurent, l’ingé son qui nous a raccourci une intro. On avait vraiment une dream team sur place.

Elissa : Autre question… Nino, question con, je suppose qu’on te la pose tout le temps : ça fait quoi de jouer avec ta mère dans un groupe ?

Nino : En fait, elle m’a imposé le fait que ce soit pas ma mère quand on joue. Je me pose pas la question, du coup quand je joue. Je fais de la musique et puis c’est tout. Si j’ai envie de faire un truc, je le fais et voilà.

Agathe : Avant, avec Nino, on avait un autre groupe, avant que sa voix ne mue, qui s’appelait « Me and My fucking mum ». Mais c’était génial ! Et à un moment, il m’a dit : « Vas y, tu fais chier, maman, je joue plus avec toi ! ».

Elissa : Et ça fait quoi de faire de la musique avec des vieilles ?

Agathe : Oh ! Toi, tu te calmes !

Randa : Hé ! Je suis pas vieille ! Quoi que… si, si, si… Ouais, ça te fait quoi, Nino, de jouer avec des vieilles ?

Nino : Ben c’est comme pour ma mère : je ne me pose pas la question. Je fais de la musique et c’est tout.

Un admirateur d’Agathe à Agathe : Pourquoi tu as quel âge ? Tu avoisines des 30 ans, toi, non ?

Nino : Elle a 47 ans !

Agathe : Non, j’ai 70 ans, comme Iggy Pop ! C’est moi Iggy Pop, en fait ! Il faut que j’enlève mon masque !

Elissa : Et justement : comment ça vous est venu, à la fois le titre, insolite et très drôle, de l’EP, et le fait d’insérer un sosie d’Iggy Pop et de le marier avec Randa dans le clip « Boys » ?

Agathe : C’est moi qui ai vu sa bite. J’avais 16 ou 17 ans ; je l’ai vu à Lille en concert. C’est mon oncle qui m’avait emmenée là-bas. Et un moment donné, j’avais perdu mon oncle, alors je me suis dit que j’allais aller tout devant… Et, Iggy a sorti son machin, et je m’y attendais pas. Alors, j’avais déjà vu celle de mon petit ami. Mais quand Iggy Pop a sorti la sienne, je me suis dit « Wow ! », et j’étais même gênée. C’était le côté animal du personnage…

Randa : Et le clip est venu avant. On était en vacances dans la Drôme chez le copain d’Agathe. Et on débarque le premier jour en bagnole, et on se rend compte que le mec qui tenait les lieux c’est le sosie d’Iggy Pop; il était en train de tondre la pelouse, tu vois, à moitié à poil, et c’était juste hallucinant, quoi ! Et puis Agathe a eu une vision. Elle a fait : « Randa ! Il faut qu’on tourne un clip ! On va faire un mariage ! Tu vas épouser Iggy Pop ! Ici, dans la Drôme. On va tondre un cœur dans la plaine. »

Voilà l’histoire du clip : je me marie avec Iggy Pop, on est sur le point de partir en lune de miel, et là d’un coup, je vois mon groupe en train de jouer ! Et je me dis : « Hé ! Mais ils sont en train de jouer sans moi ! » Je me rends compte que, non, la vie de mariée, c’est pas pour moi : je veux du rock’n’roll, je veux être avec mon groupe, je veux faire la conne avec ces deux zigotos ! Du coup, je cours vers eux… Et c’est ça l’histoire : en fait, il y a pas de mariage, j’ai pas envie d’être domestiquée, et c’est le rock’n’roll qui prime.

Voilà. C’est basé sur une histoire vraie… Mais je pense que c’est l’histoire de plein de meufs ; des meufs émancipées, qui ont envie de s’amuser, qui font peur aux mecs, et qui essaient de les rassurer…

Et à nouveau, tu vois, un délire total, mais qui devient réalité et ça a fait un clip cool. Tout le village est venu, s’associer à ce délire, tout le monde s’est pris au jeu, quoi.

Agathe : Dans la Drôme, il y a plein de Belges. Et tous les Belges, ils sont venus ! On a eu de la Jupiler pour le mariage… On a eu quoi d’autre ?

Nino : De la Duvel.

Agathe : Tous les soirs, on jouait dehors… C’était magnifique.

Randa : Et donc on a montré ça à Damien. Et ce jour-là, on devait brainstormer des noms d’EP. Et lui, il a proposé qu’on l’appelle « Iggy ». On a répondu que c’était nul. Et là-dessus, Agathe, elle raconte son histoire et elle dit « Non, mais moi n’empêche, la première bite que j’ai vue, c’était celle d’Iggy Pop ! ». Et il a un peu réfléchi, et puis il a dit qu’on avait qu’à appeler l’EP comme ça. On a été dubitatifs… Et puis, ben, à nouveau, le délire est devenu réalité. Et c’est imprimé maintenant en toutes lettres sur un vinyle qui sort aujourd’hui.

Elissa : Et quels sont les projets pour Sale Gosse ?

Randa : On va aller une semaine à la campagne pour écrire un nouvel album ! On a déjà fait des nouveaux morceaux, en fait, et on veut se lancer dans de la nouvelle matière. Ce set, ça fait deux ans qu’on le travaille, deux ans qu’on a ses morceaux, on a besoin de nouveauté. Donc cet été, on part une semaine à la campagne, près de Bouillon, pour jouer. Et on aimerait cette fois-ci faire carrément un album. Travailler l’histoire, faire un truc cohérent.

Agathe : Et on va travailler différemment : Nino plus à la batterie. Moi, en fait, je suis guitariste ; je le savais pas, mais je suis guitariste.

Elissa : Vous allez venir jouer en France ?

Randa : Oh oui ! On a une tournée à la Toussaint ! On va passer par Metz, Paris, tout ça…

Elissa : Avant de finir, est-ce que vous auriez chacun d’entre vous le nom de trois albums ou de trois artistes que vous nous conseillerez d’écouter ?

Randa : Bon, alors ça va être l’été, et il y a un groupe que j’adore, ça s’appelle The Babies, avec Cassie Ramone, la meuf des Vivian Girls, et Kevin Morby, ils ont fait un album qui s’appelle : « The Babies », un autre « Our House on the Hill ». C’est frais, c’est hyper fun, c’est estival, c’est vraiment bien foutu.

Sinon, un album de PJ Harvey : « Dry ».

Et un de Sonic Youth : « Washing Machine », parce que c’est quand même le meilleur, le plus trippant…

Agathe : Moi, ça va être simple : The Stooges « I wanna be your dog ». Sonic Youth, le premier qui s’appelle “ Sonic Youth”, avec un autre batteur, vachement plus tribal, un petit italien. Et puis les Pixies… et PJ Harvey aussi… Ca fait quatre. Mais je suis plus vieille, alors j’ai le droit.

PJ pour moi, c’était la première femme qui a osé, avec un putain de 4 pistes, faire tout toute seule et niquer le reste du monde.

Nino : Pour moi, il y a une différence entre la musique que j’aime jouer, pratiquer, et celle que j’écoute. Et dans ma tête c’est compliqué, parce que je suis partagé entre le rock, le punk et le rap. Il y a desfois, par exemple, quand je vais à l’école, la musique que j’écoute comme ça, c’est du rap plutôt. Mais quand j’ai une idée précise en tête, un sentiment, une émotion en moi, j’écouterai plus du rock’n’roll ; ça me touche plus profondément.

Les artistes qui m’inspirent le plus dans mon jeu de guitare, dans ma musique, etc., ça va être Jimi Hendrix ; parce que vraiment, quand je l’écoute, je suis admiratif de son jeu.

Les Pixies, aussi.

Agathe : C’est vrai qu’un des premiers concerts que je t’ai offert, c’était les Pixies à l’Ancienne Belgique…

Nino : Je dirais aussi Nirvana, parce que c’est quasi un groupe que j’ai découvert par moi-même, c’est un des premiers groupes vers lequel je suis allé spontanément et j’ai écouté leurs titres…

Et aussi, au niveau de mon jeu de guitare, il y a le blues qui m’inspire énormément. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais dans Sale Gosse, il y a quelques morceaux qui sont un peu bluesy comme ça.

Et les Clash aussi.

Elissa : Merci beaucoup, les Sales Gosses !

Randa : Oh non, continue tes questions !

Nino : Oui, c’est cool, encore des questions !

Randa : Improvises-en une !

Agathe : On va parler de la France maintenant !

Randa : Votez Mélenchon !

Agathe & Nino : Ouais, Mélenchon !

Randa : Poutou, ça aurait été cool, mais bon… votons utile, votons Mélenchon ! Là, on risque de se retrouver face à un deuxième tour Macron-Le Pen, et il faut éviter ça à tout prix !

Prophétique… et c’est reparti pour la morosité… Vite ! Ecoutons « DIA » !

Propos recueillis par Elissa

Merci à Damien Aresta, Damien Chierici et Houtain Rock Festival.

1 comment for “Interview de Sale Gosse « J’ai pas envie d’être domestiquée, c’est le rock’n’roll qui prime. »

  1. AGATHE
    mai 2, 2017 at 8:18

    je n ai qu un seul mot à dire ! MAGNIFIQUE INTERVIEW !
    et un autre I LOVE YOU FOREVER ELISA <3 <3 <3 <3 t'assures à fond !

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