Iggy Pop :: Post Pop Depression

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Post Pop Depression. Voilà un titre qui illustre bien la situation dans laquelle se trouve  la musique actuelle. Une sorte de marasme nostalgique qui pousse bon nombre d’artistes à chercher dans le passé, un âge d’or qu’ils n’ont parfois même pas connu. Si Iggy Pop a choisi ce titre, ce n’est pas un hasard. Car son âge d’or est derrière lui. Il peut donc se permettre de connaître quelques moments de déprime.

Avec Post Pop Depression, Iggy Pop revient avec des sons qui ont, en partie, fait sa légende. Des sons qui trouvent leurs origines dans des albums tels que The Idiot et Lust For Life, deux albums composés en compagnie du regretté David Bowie. Depuis, Iggy n’a pas vraiment sorti d’œuvres majeures hormis peut-être New Values.

Il y a longtemps que l’on a perdu l’Iguane et on ne croit plus vraiment à un retour en grâce de l’Américain même si sa collaboration avec Tarwater et Alva Noto sur l’album hommage à Walt Withmann, sorti cette année chez Morr Music, augurait un beau retour. Mais il est vrai que pour Leaving Grass, Iggy Pop était sorti des sentiers (rab)battus.

Dorénavant, entre  publicités pour SFR ou Le Bon Coin et concerts avec son groupe qui l’a fait connaître (The Stooges), Iggy Pop est en roue libre et vit sur ses acquis sans aucune remise en question.

C’est toujours le cas avec ce dernier album. Il n’y a aucune prise de risque. Pour composer cet ultime album, Iggy Pop a fait appel à la seule personne capable de lui procurer un écrin de velours pour sa voix rocailleuse, à savoir Josh Homme de Queen Of The Stone Age. Dans cette suite logique au duo magique The Idiot et Lust For Life, on retrouve les mêmes tics de compositions inventés quarante ans plus tôt. Les notes de clavier à l’influence asiatique qui rappellent China Girl. Des sons de guitare qui en rappelle d’autres à tels point que l’on se demande si ce ne sont pas des chutes de Lust For Life et de The Idiot retrouvées par hasard dans un coffre à souvenirs. Iggy Pop avoue même sa nostalgie du temps qui passe sur German Days, ceux-la même qui ont vu éclore les deux albums cultes précités.

Non, vraiment, il n’y a rien dans cet album qui puisse nous faire dire que c’est le retour en grâce d’Iggy Pop comme le disent certains journaux. C’est seulement un simple coup d’œil dans le rétroviseur qui sert tout juste à émoustiller les plus nostalgiques d’entre nous.

Damien