Idiot Glee

Idiot Glee est la dernière découverte de Rémi Laffitte, artisan du label Atelier Ciseaux. Son  EP Life Without Jazz  (sorti conjointement sur Atelier Ciseaux et Bureau Bureau) a été une véritable révélation, un peu comme tout ce qui se trouve dans le catalogue du label (TOPS, Best Coast, Ela Orleans, François Virot, Oupa…). Entre pop de chambre et songwriting d’esthète, les hymnes lo-fi torsadées de James Friley instrumentalisent une rencontre idéalisée entre Fleetwood Mac, Casiotone For The Painfully Alone, Roxy Music et Scott Walker. Après les écoutes prolongées de cet EP, tout s’emballe. Découvrir la musique d’Idiot Glee, c’est découvrir en même temps une envie de connaître tout sur l’artiste. On part à la recherche du premier album Paddywhack qu’un ami bien intentionné vous trouve. On lit tout ce qui touche de près ou de loin au natif de Lexington (Kentucky, USA).  Et lorsque l’on vous propose une interview de celui  qui finit par hanter vos obsessions, c’est un désir inavoué qui se réalise. A travers quelques questions, James Friley raconte ici ses débuts et revient sur sa reconnaissance européenne et  ses goûts musicaux.

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Idiot Glee n’est pas votre première formation. Vous avez joué sous votre propre nom et sous le nom de Happy Days. A quoi ressemblait votre musique à cette époque ?

J’ai joué dans un groupe appelé Bedtime pendant 4 ou 5 ans avant de commencer mon propre projet. Bedtime c’était beaucoup de piano, d’orgue et de guitares déchirées. Un indie rock très sombre et très entrainant.

La première fois que j’ai joué les compositions d’Idiot Glee c’était sous mon propre nom. C’était à un concert avec Peaking Lights dans un skateshop de Lexington devant 10 personnes. J’y ai joué 3 morceaux: Happy Day, Eyes, Arms of Smoke et Jamie’s Song.

Par contre, je n’ai jamais joué sous le nom d’Happy Days.

C’est le label digital français Beko qui vous a fait découvrir au grand public. Comment en êtes-vous venu ensuite à signer sur le label londonien Moshi Moshi ?

Stephen Bass de Moshi Moshi m’avait ajouté comme ami sur myspace. J’en ai profité pour lui envoyer un message, c’est drôle non ? J’ai supprimé cette page myspace depuis quelques années déjà.

Nous avons discuté et signé ensemble peu de temps après. C’est à peu près tout. Je pense qu’il a découvert ma musique grâce à la diffusion de mon morceau ‘All Packed Up’ sur la BBC.

Aujourd’hui c’est Atelier Ciseaux et Bureau Bureau qui sortent votre EP. L’Europe est-elle plus réceptive à votre musique que les Etats-Unis ?

C’est parfois ce que je ressens mais une bonne partie des États-Unis est très ouverte également. Principalement le Midwest, mais pour je ne sais quelle raison, pour le moment, seules les personnes de l’autre côté de l’Atlantique sont intéressés à sortir ma musique.

Je suis vraiment heureux de travailler avec Atelier Ciseaux/ Bureaubureau, ce sont des gens sympas et ils aiment vraiment la musique. J’aime travailler avec des gens qui le font pour les bonnes raisons. Depuis que j’ai commencé IDIOT GLEE, j’ai toujours eu de bons retours en France, je ne sais pas pourquoi.

Vous avez une tournée avec Women. Comment avez-vous trouvé le temps pour composer Life Without Jazz ? 

Ca ne s’est pas passé en même temps. J’ai commencé à enregistrer « Life Without Jazz » 6 mois après la tournée avec Women. Et puisque nous en parlons, c’est sans doute l’une de mes tournées préférées. C’est vraiment un super groupe.

6a013486c547bd970c017d40cd2021970c-800wiJ’ai lu quelque part que Paddywhack avait été influencé par vos écoutes prolongées des Beach Boys ainsi que la musique des sixties et que Life Without Jazz était quant à lui influencé par l’écoute de Fleetwood Mac. Jusqu’à quel point la musique influence-t-elle votre écriture ? Et jusqu’à quelles limites vous laissez-vous influencer par un groupe ou un artiste ?

J’ai tendance à me plonger uniquement dans un ou deux albums à la fois. Je n’écoute pas beaucoup de nouveaux groupes ni même beaucoup de musique ces derniers temps. Quand je suis obsédé par un album, je laisse les rythmes, les motifs, ou plus généralement les idées s’infiltrer dans mon cerveau. Ils ont une sorte d’impact sur ma propre créativité. Je ne cherche pas à sonner exactement comme Fleetwood Mac mais il y a une ambiance sur Tusk dont j’aimerais parfois me rapprocher lorsque je compose. C’est la même chose avec le ‘Calling Out Of Context‘ d’Arthur Russell, les premiers albums rock de Brian Eno, les débuts de Roxy Music, Paul McCartney et quelques albums des Beatles, etc..

The Beach Boys, Fleetwood Mac sont des groupes qui n’ont plus rien fait depuis de nombreuses années. Vous arrive-t-il d’écouter des artistes actuels ? Quels sont ceux qui pourraient inspirer votre musique ?

Pas beaucoup mais si je dois citer quelques noms, je dirais Ariel Pink’s Haunted Graffiti, beaucoup de groupes de Lexington comme Street Gnar, Matt Duncan, et Three Legged Race, Broadcast, certains Deerhunter, Twin Sister, Mac DeMarco, Peaking Lights, etc.

J’ai l’impression que APHG et sa façon d’enregistrer la musique pop m’a plus influencé que n’importe quel autre artiste contemporain.

En plus de puiser vos influences dans des groupes du passé, on ressent une certaine nostalgie dans votre approche de la musique…

C’était sans doute plus vrai au début. J’étais dans une période de break avec ma copine et j’avais ce désir de retrouver ce qu’était notre relation au début. C’était très inconscient, c’est juste ce qui en est sorti à l’époque.

Aujourd’hui, comment voyez-vous votre musique évoluer dans le temps ?

Probablement de beaucoup trop de manières différentes. Je ne peux pas me concentrer sur une seule idée. J’ai enregistré de la guitare, de la basse, de la batterie, des versions folks de ma musique, du piano, de la musique new age de yoga et plus encore. Je pense que pour le prochain Lp, il y aura un peu de tout ça. Probablement des trucs plus sombres, plus entrainants, et j’ai vraiment envie de quelque-chose de plus dépouillé en ce moment. C’est ce que j’ai en tête ces derniers temps mais nous allons voir ce qui ce passe. J’espère également avoir accès à un meilleur studio pour enregistrer.

La pochette de Life Whithout Jazz est très belle et assez réussie. Pouvez-vous nous en toucher quelques mots et comment en êtes-vous venu à collaborer avec Robert Beatty ?

J’ai demandé à Robert de commencer à travailler sur une idée et il m’a envoyé le « logo » Life Without Jazz comme piste de départ. Nous avons travaillé à partir de cette partie en y ajoutant des éléments de lumière. Je voulais une ambiance un peu à la Monty Python. Mais qu’est-ce que je raconte, c’est Robert et son talent qui ont fait le travail. Nous vivons à  5 minutes l’un de l’autre et nous apprécions chacun nos travaux respectifs. La collaboration s’est faite naturellement.

Idiot Glee / Atelier Ciseaux

Merci Rémi pour la traduction

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