Hoboken Division :: The Mesmerizing Mix Up Of The Diligent John Henry

Hoboken Division The Mesmerizing Mix Up Of The Diligent John Henry chronique

© Hadrien Wissler

The Mesmerizing Mix Up Of The Diligent John Henry. Quel titre ! Tout y est dit. Tout le nouvel univers d’Hoboken Division se retrouve dans cette phrase.
Pour la petite histoire, John Henry est un héros du folklore américain. Selon la légende, il était l’un des plus grands « pousseurs d’acier » lors de l’édification de la ligne de chemin de fer à travers l’ouest Américain. Mais, un jour, le propriétaire dudit chemin de fer décide de remplacer les ouvriers par une machine pour augmenter les cadences et la production. Désirant sauvegarder son emploi, John Henry défie la machine, gagne son pari, mais meurt d’une crise cardiaque aussitôt l’épreuve finie.
Si Hoboken Division fait aujourd’hui allusion au héros mythique, c’est que le duo est devenu trio avec l’arrivée du batteur mod Czmil. La nouvelle recrue remplace les machines, ou plutôt les boites à rythmes qui personnifiaient jusqu’à aujourd’hui le son du groupe nancéien. Finis donc les rythmes pré enregistrés. L’arrivée du batteur accroit incroyablement la force de frappe du groupe, à l’instar des divisions de soldats américains partis d’Hoboken pour se battre sur le front de l’est français en 1914.
Le son d’Hoboken Division prend donc de l’ampleur ce qui permet au groupe de partir vers des directions plus brutes et moins synthétiques même si des titres comme Lazy et So the Guy Was Walking rappellent les débuts du groupe. Deux titres qui servent sans doute à faire la filiation entre le génial Arts & Craft et le superbe The Mesmerizing Mix Up Of The Diligent John Henry. Un lien entre le passé et le présent. Une thématique que les nancéiens aiment à développer depuis leurs débuts.
En effet, la musique d’Hoboken Division a toujours été un combat entre les modernes et les anciens. Partagé entre respect du passé et une attitude punk, Hoboken Division bouscule les codes de bienséance des douze mesures traditionnelles. Irrévérencieux à souhait, le trio se fait plaisir en mixant dans un même album le delta blues avec du krautrock (Boilin Up) mais aussi les chants d’esclaves cotonneux (Oh Lord No More) avec de la musique hindoue (la cithare dans 436 Procter Street).
Cette mixité (Mix Up dans le titre) de styles peut horripiler les gardiens du temple de la musique du diable. Mais ce qui est sûr, c’est que le trio nancéien repousse les limites du blues de la meilleure des façons et redéfinit un nouveau style. Un style que l’on a d’ailleurs du mal à définir : Delta Blues Garage ? Avant-Blues Garage ? Lothringen Garage Blues ? Peu importe, Hoboken Division a son propre son. Ils poussent l’acier sur le chemin balisé du blues et gagnent leur pari. Espérons juste qu’ils ne finissent jamais comme John Henry.

Damien

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