Hoboken Division :: Arts & Crafts

« Ce disque est une tuerie. Achetez-le et écoutez-le. » La chronique pourrait s’arrêter là puisqu’apparemment, 140 caractères écrits sur les réseaux ont malheureusement autant d’influences qu’une chronique de la vieille école. Mais le dernier disque d’Hoboken Division mérite beaucoup mieux, alors, explications.

Hoboken Division - Les Trinitaires 2 - Copie

© Damien

Sur son dernier 45t, Hoboken Division avait osé reprendre Devil Got My Woman du grand Skip James. Ils ont eu raison, car c’est en se frottant à ses aînés que l’on devient adulte. La reprise est un exercice difficile et souvent casse gueule. Mais comme ils ne sont pas nés de la dernière pluie, le piège de la simple copie avait heureusement été évité.
Depuis ses débuts, Hoboken Division nous offre sa propre vision du blues. Il s’approprie la musique du diable en ne gardant que le fond et en rejetant la forme. Ils n’en retiennent que le sang et rejettent la carcasse (les douze mesures). Hoboken Division maîtrise le vrai blues et peut donc se permettre de faire évoluer celui-ci et d’y imprimer sa marque en y injectant d’autres sources d’inspirations toutes aussi majeures et formelles. Même si on avait déjà eu un aperçu de cela en live, tout éclate au grand jour dans Arts & Crafts.
Derrière cette superbe pochette signée Jean-Luc Navette, Hoboken Division ne se prive pas d’avouer son amour pour la musique psyché, des grands noms du rock ou encore le rock garage.
De ce dernier, Hoboken Division en a retenu le son. Rien à voir avec les premières sorties. La production apparaît plus brute. Écoutez la relecture de leur propre tube Sugardaddy (quelle bonne idée), vous en aurez la preuve. On dirait un titre sorti chez Fat Possum à la belle époque où le label américain dénichait encore les bluesmen oubliés. Et s’il fallait encore enfoncer le clou, le duo s’offre la reprise de Shake ’em On Down de RL Burnside découvert tardivement par… Fat Possum.
La musique psyché tient la part belle aussi. On pense au Velvet Underground avec la guitare accordée en Ostrich sur certains morceaux. La musique indienne est aussi présente.
Sensible à la culture rock, le duo ne pouvait pas s’empêcher de faire quelques clins d’œil à quelques grands noms du rock notamment Bowie et Iggy Pop (circa The Idiot) sur Desertion, leur nouveau tube.
Toutes ces influences mêlées et aussi bien maîtrisées dans ce premier album font d’Hoboken Division un groupe à la croissance exponentielle. Alors que beaucoup de groupes attendent leur second, voire leur troisième album, pour trouver leur son particulier, Hoboken Division a trouvé la recette parfaite dès son premier album. Maintenant, les comparaisons avec The Kills, Whites Stripes et autres formations mixtes ne sont plus permises.
Hoboken Division est passé directement à la case Arts sans passer par la case Crafts. Bravo.

Damien

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