Hoan :: Modern Phase

Hoan Modern Phase chronique

C’est la rentrée et les sorties d’albums se bousculent à l’entrée. Comme tous les ans à la même époque, on ne sait plus où donner de l’oreille devant le nombre incalculable de sorties. Alors, de peur de louper quelque chose, on écoute tout ce que l’on reçoit. Souvent, on est tenté de zapper rapidement, mais parfois il nous arrive de nous prendre une gifle. La dernière en date s’appelle Hoan. On ne sait pas grand-chose sur cette formation hormis que le groupe nait des cendres de Kurvi Tash et que les membres viennent tous de Montréal et plus particulièrement de Mile End, quartier bohème de la cité canadienne, celui-là même où est né le groupe Ought. Comme eux, Hoan joue l’attrape-cœur d’entrée de jeu. Sans même avoir signé sur un label, les Montréalais sortent Modern Phase, un EP aux vertus obsessionnelles. Et pourtant, rien de vraiment très innovant dans cette musique. Ballade façon Beach House, son rétro futuriste comme on en a plus créé depuis la fin de Broadcast et krautpop dansant se succèdent sur ce premier essai réussi. L’EP se trouve à la croisée des styles, au milieu d’un carrefour dangereux où bon nombre de groupes ont perdu leur âme à force de vouloir trop en faire. Mais cette sauce n’aurait absolument pas prise si Hoan n’avait pas ce savoir-faire qui est d’imposer un climat sonore singulier mêlant douceur mélancolique et noirceur mélodique. Seule une écoute du bien nommé Inside Touch nous permet d’être convaincus par cette science du climat sonore particulier et d’être touché au plus profond de nous comme lorsque l’on reçoit une… gifle. LA belle surprise de la rentrée 2016.

Damien