Guided By Voices « Let’s Go Eat A Factory »

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La légende veut qu’après le premier concert des Sex Pistols à Manchester, toutes les personnes présentes dans la salle formèrent un groupe dès le lendemain. Combien ont fait de même après un concert à rallonge des Guided By Voices ? A l’instar des Pixies, Pavement, Sebadoh et Dinosaur Jr, Guided By Voices fait partie de cette génération de groupes américains des années 90 les plus influents même après leur séparation en 2004.
Reformé en 2010 pour les 21 ans du label Matador, Guided By Voices n’avait pas rejoué avec son line up originel depuis Under The Bushes, Under The Stars (1996). Dans la foulée, le groupe de Dayton (Ohio) annonce deux albums pour 2012 Let’s Go Eat The Factory et Class Clown Spots A UFO.
Il faut bien admettre que depuis la Sainte Trilogie Bee Thousand (1994), Alien Lanes (1995) et Under The Bushes, Under The Stars (1996), on écoutait d’une oreille éloignée les excentricités sonores et les pop songs bien trop propres de Robert Pollard alors seul maître à bord de Guided By Voices. Avec Let’s Go Eat A Factory, GBV renoue avec les productions lo-fi. Enregistrés dans les home-studios des membres du groupe, les 21 morceaux (dont seulement deux d’entre eux  dépassent les 3 minutes) sont autant de classiques power pop envoyés comme une volée de bois vert à toute la jeune garde actuelle. Les guitares sont rêches sur Laundry & Lasers, The Head, et Spiderfighter. The Unsinkable Fats Domino sonne comme du Who des débuts alors que Either Nelson et Cyclone Utilities (Remember Your Birthday) puisent leurs inspirations dans le psychédélisme mid 60’s. Go Rolling Home et The Room Taking Shape, écrit par Robert Pollard, renvoie au meilleur de Sentridoh. Let’s Go Eat A Factory réussit le tour de force de renouer avec ses traditions tout en étant profondément moderne et varié. Guided By Voices retrouve sa jeunesse fougueuse.
A ceux qui chantaient "Don't take this too seriously. You just have to hum it all day long" sur Under The Bushes, Under The Stars, on leur dit qu’en 2012, ils sont des références qu’ils le veuillent ou non. Un très grand retour.

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