Girls Pissing On Girls Pissing :: Songs of Sodomy and the Compost of Aethyr

Y a des groupes que l’on a envie de chroniquer juste pour leur nom. Peut-être que quelqu’un tombera sur ma chronique par le biais d’une mauvaise recherche Youporn ? Quand on se met enfin à écrire des chroniques sur lesquelles on peut difficilement tomber autrement qu’avec une mauvaise recherche Youporn, on se dit que l’on tient enfin le bon bout. Et ce bout là s’appelle Songs of Sodomy and the Compost of Aethyr. Même le nom de l’album est une perle de poésie. Tu devrais l’offrir à ta mère pour noël. N’oublies pas de lui spécifier que ça vient de Nouvelle-Zélande, le pays du Seigneur des Anus, ça rajoutera du cachet.

En vrai, il est vachement plus simple d’imaginer toutes sortes de calembours salaces autour de Girls Pissing On Girls Pissing que de parler de leur musique. C’est plutôt foutraque dans l’ensemble. S’il fallait les caser, je dirais que c’est plus ou moins un groupe de post-punk no-wave folk apocalyptico-ésotérique. Ce qui ne veut strictement rien dire, on est d’accord. Disons plutôt que c’est un rejeton bâtard de Psychic TV, The Birthday Party et Current 93. En gros une forte personnalité et un univers riche, les qualités essentielles d’un bon groupe.

Si notre orchestre n’en est pas à son premier méfait, il m’était complètement inconnu jusqu’alors. Comprenez que ce disque, que je ne suis pas en mesure de comparer aux précédents, m’apparaît comme une bouffée d’air frais. Une de ces bouffées froides et  humides, un peu comme si vous ouvriez la porte d’une cave obscure (lugubre pour les âmes sensibles) et mal isolée en plein été. Le tout sonne comme une cérémonie incantatoire. On est assez réfractaire au début. Je ne vous cache pas qu’il m’a fallu plusieurs écoutes pour me laisser embarquer. C’est dense et tordu, mais ça ne laisse certainement pas indifférent. Fantomatique, c’est peut-être le mot. Girls Pissing On Girls Pissing nous convie à une macabre danse des esprits. Pour ne pas dire funeste. On se sent aspiré dans une spirale un poil anxiogène. Pour autant, il est difficile de dire que c’est complètement oppressant. Surtout dérangeant. L’offrande s’étale tout de même sur 18 titres. 18 titres inégaux mais dont les faiblesses prennent une dimension assez poétique. Il n’y a pas vraiment de morceau-phare sur cet album. On retient avant tout l’impression d’ensemble. On se dit que ça aurait pu être mieux, plus carré, mais au fil des écoutes, on se rend compte que les imperfections semblent faire sens, dans une certaine mesure.

Vous l’aurez compris, je vous invite à écouter ce disque assez particulier, mais je ne suis pas capable de rentrer dans les détails techniques, car la technique ne saurait être le propos dans ce cas de figure. À mon sens tout ici est histoire d’impression. Songs of Sodomy and the Compost of Aethyr se vit mais ne s’explique pas. Un disque exigeant dans l’écoute, pas toujours assez dans la forme, mais définitivement superbe.

Sachez que pour rajouter au côté mystique, l’édition originale du disque n’est autre qu’un jeu de tarot conçu par le groupe, rangé dans un disque en bois et qui ne contient aucun disque physique à écouter mais un code pour télécharger celui-ci. Alors, convaincu et prêt à vous laisser tirer les cartes ?

Jocelyn H.