GASENETA x AOBA ICHIKO x SHINTARO SAKAMOTO

GASENETA S/t LP (Full Contact)

Du bruit, du bruit et surtout DU BRUIT avec cette chouette compilation d’enregistrements datant de 1978 et déjà parus en CD via l’incroyable coffret sorti en 2011 chez Disk Union. Les tarés de Full Contact ont malgré tout réussi à mettre la main sur un enregistrement inédit (le douloureux Tochan No Po Ga Kikoeru dans une version de plus de 9 minutes), et ce n’était pas une mince affaire tant il semble véritablement compliqué de s’y retrouver dans cette parcellaire discographie.
Reprenant ainsi à son compte le moto des Rallizes Dénudés (on enregistre toujours les mêmes morceaux en live dans plein de versions différentes, et si on est défoncé c’est encore mieux) tout en pavant le chemin pour le punk japonais à venir (influence fatale pour le punk et la noise domestique, de Gai à Disclose en passant par The Stalin et Zyanose), Gaseneta fait partie de ces obscurs groupes avant-gardistes que l’on (re)découvre avec un plaisir à chaque fois renouvelé et qui remettent en perspective cette façon si typique de jouer du punk dans l’Archipel (toujours avec un son au bord de la dégueulure et du larsen qui rend sourd, bien entendu).

AOBA ICHIKO QP LP (Speedstar)

Aucune évolution à noter sur le nouvel album d’Aoba Ichiko, son sixième depuis ses débuts, son troisième pour Speedstar et surtout son second en vinyle. Mais c’est tant mieux. On ne lui demande surtout pas d’évoluer, mais bien de répéter à l’infini ces jolis motifs de guitare acoustiques tantôt évanescents, tantôt classiques à l’américaine sur lesquels elle pose sa voix envoûtante, fragile et cristalline. A l’inverse d’une Satoko Shibata, Aoba Ichiko choisit de persévérer dans l’ascétisme et la douceur. En envisageant le moindre arrangement comme une fantaisie pompière, elle remet la mélodie pure et dure au coeur de son art majeur.
Forcément, la première écoute déstabilise, pour qui est habitué à plus de contenu.
La seconde interpelle. Pourquoi j’y reviens ?
La troisième finit par convaincre.
QP est un disque d’une beauté sans limite.

SHINTARO SAKAMOTO Let’s Dance Raw LP (Other Music)

Complètement passé à côté du deuxième album de Shintaro Sakamoto (aucun lien de parenté) sorti en 2014, je me rattrape aujourd’hui. A peine reçu, déjà écouté quinze fois (au bas mot). L’ex-Yura Yura Teikoku propose en solo une musique légère, groovy, lounge et insouciante qui renvoie l’autre tocard de Mac Demarco à cette pratique médicale qu’il n’aurait jamais du négliger : l’orthodontie.
On danse cru, on danse nu, on fait la fête au ralenti.
Franchement, y’a rien à jeter sur ce disque génial.

Florian