G. Lolli :: Capire Il Mistero

Achtung, this is a masterpiece !
D’après la définition du petit Lolli (véritable dictionnaire subjectif de l’histoire de la musique enregistrée dont la lecture est un plaisir insatiable), il s’agit simplement d’une longueur de plus dans l’incommensurable océan de la création, à la recherche de la vérité intérieure.
Le petit gars de Rombas, petite bourgade d’irréductibles lascars située près de la Cité Hautement Musicale de Metz (se prononce  «Mètze en belge), sort son dix-huitième enregistrement depuis 2006. Chose inouïe mais courante en cette époque de frénésie musicale.
L’alchimiste du Grand Est frappe une nouvelle fois en plein cœur de sa flèche imbibée de schnaps à la mirabelle. Aussi vite que la nicotine du matin atteint le cerveau, ce Library Music  for a Cinematic Journey (Specific Recordings prouve à nouveau son flair authentique à donner une vie bien matérialisée à des disques absolument uniques et notoires) emmène l’auditeur dans son Magical Mystery Trip pour un voyage hautement onirique et superbement mélodique.
Comprendre le mystère, titre de l’album comme un lapsus révélateur, est le résultat d’une quête en mouvement perpétuel que son compositeur G Lolli publie sous son vrai nom pour la première fois après avoir élégamment ôté son habit de Dr Geo (bluesman chamanique dont l’esprit voyage entre le Sud-Ouest et le Nord-Est des états désunis de France). Révélateur car cette recherche sonique est une décoction hallucinante de l’esprit de toutes les productions illuminées des 60’s et 70’s.
Quelques gouttes homéopathiques sur un sucre et c’est la vision d’une bacchanale entre l’esprit du rastafari, le sang bleu pétrole des tauliers du blues, les envolées Vannier, le groove soul jazz et les soundtracks façon Morricone.
Tel McCartney ou Phil Spector, il prend seul les commandes d’un studio magique jonché d’une ménagerie impressionnante d’instruments acoustiques et électriques. Le résultat est un dialogue sublime entre piano majestueux, basse électrique étouffée et tendue, charleston frénétique et batterie nerveuse, guitare Stratoscaster tatouée et reverb spatiale, lapsteel de velours, guitare acoustique de la Pampa, percussions cristallines, tambours militaires, xylophone boisé, Mellotron Sergent Poivre, flûte traversière et saxophone hypnotiques, orgue trippant, synthé modulaire Buchla, harpe dévalant le ruisseau, delay analogique sous bon produit, sitar Harrisonien.
À l’image de la magnifique pochette, ce disque est comme prendre son balluchon et partir pour une expédition en montagne sans carte, où le calme revient après la tempête, le groove flirte avec des mélodies qui marquent instantanément et soutenues des arrangements complexes et riches. Un voyage au milieu des éléments, un disque qui s ‘écoute d’une traite. Shuffle interdit !
Alors, ne passe pas à côté de cette pépite, prends le temps nécessaire et laisse-toi submerger par ce voyage au centre de la Terre. Jouissance garantie !

Papy Cools