Frànçois And The Atlas Mountains – Piano Ombre

Pour son deuxième album sur le prestigieux label Domino (Artic Monkeys, Franz Ferdinand, Hot Chip) Frànçois And The Atlas Moutain  surprend avec un disque plus mature et plus inspiré que le précédent « E Volo Love » en 2011 qui m’avait  personnellement plutôt laissé de marbre.

À l’écoute de Bois, premier titre ensorceleur au possible, on constate que le groupe de François Marry a voulu découvrir de nouveaux horizons dessinés par le talentueux Ash Workman ( Metronomy) qui produit avec talent ce « Piano Ombre » .

Tous les styles musicaux abordés dans les précédents opus sont ici déclinés avec la délicatesse et la grâce que l’on connaissait de la formation née à Bristol, mais le choix de la langue française ( trois titres sont partiellement chantés en anglais) comme véhicule de ces harmonies paraît plus que judicieux.

En effet l’accent français de François (sans mauvais jeu de mots) sur le précédent album aurait fait passer Jacques Delors (les anciens comprendront) pour un véritable cockney.
Ce jugement pourrait paraître sévère mais chez F.A.T.A.M l’implication sur des textes en français est plus palpable et l’ambiance introspective de ces nouveaux titres (

La fille aux cheveux de soie) prend toute sa dimension dans la langue de Molière.

Le tubesque single «  La vérité »,  pop groovy à souhait, montre un groupe décomplexé maitrisant en toute sobriété les climats électroniques actuels.

Mais l’on pénètre réellement dans les bois de ce « Piano Ombre » sur le tribal «  The Way To The Forest » promenade nocturne bilingue en forêt,  véritable moment de béatitude assumée.

« Summer of a Heart » parenthèse chaloupée prolonge cette plongée initiatique  au sein  d’une nature mystérieusement maquillée à l’image de la superbe pochette de l’album.

On ressent l’extrême attention à la « matière sonore » sur « La vie dure » comme si Marry appréhendait sa musique comme une aquarelle (le garçon est passionné de peinture contemporaine), l’outro de ce titre envoutant procure des frissons comme si le vent frôlait délicatement à nos côtés les feuilles des arbres.

En plein « Réveil inconnu » la question est posée «Que connaîtrons-nous / De tout ce dont nous rêvions » comme si les doutes et les craintes de l’auteur-compositeur étaient ses plus grandes inspirations. L’avenir n’a pas droit de cité dans ces histoires contemplatives qui n’hésitent jamais à plonger dans la nostalgie de sensations à peine oubliées.

« Je ne veux pas m’arrêter de penser à toi/Je repense à l’or et la lumière qui pourraient venir, invoquant ton souvenir » l’essence même de ce disque réside dans le titre qui donne son nom à cette collection de chansons et laisse présager qu’un jour François sans ses excellents Atlas Mountains aie bien des choses à dévoiler sur un ton encore plus obscur que ce que nous laisse entrevoir cette forêt aux artifices étranges.

Cyrille

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