Florent Marchet

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Dire que je suis fan de Florent Marchet serait un peu exagéré. A dire vrai, hormis quelques classiques je ne me suis jamais vraiment penché sur la carrière du musicien. Pourtant, je dois bien avouer qu’avec son dernier album, Bambi Galaxy, l’écriture, la musique et les ambiances proposées par l’artiste m’ont très  souvent touchées, parfois même bouleversées.

Electrophone :  Bambi Galaxy, ton nouvel album, a résolument une direction artistique tournée vers l’anticipation et la science-fiction, pourquoi ces choix ?

Florent Marchet : Bambi Galaxy n’est pas différent de mes autres albums,  c’est simplement l’angle d’approche qui est déplacé. J’ai toujours aimé observer les gens dans leur environnement qu’ils soient européens ou hexagonaux. Avec  Bambi Galaxy j’ai simplement déplacé le curseur mais l’approche sociétale est toujours identique. D’où vient-on ? Que nous a t-on transmis ? Quelle est la place de chacun dans la société ?fm

Est-ce aussi un prétexte pour mettre de côté tout ce que tu avais fait jusque-là et de  tester une autre façon d’écrire ?

Je suis toujours en réaction avec l’album précédent et ça serait terrible si j’avais l’impression d’écrire toujours la même chose. Après « Courchevel »,  j’ai eu envie de sortir d’une écriture trop naturaliste  et d’aller vers des choses plus oniriques et plus étranges. Le travail introspectif que j’ai fait grâce à l’écriture des chansons de Bambi Galaxy n’a jamais été aussi présent. Et puis musicalement,  j’avais aussi le désir d’aller vers le psychédélique. Le contraste de dire des choses plutôt graves sur un format pop m’intéressait.

Il y a un message assez fort  dans Bambi Galaxy, peux-tu  nous parler de la genèse de ce dernier ?

Aujourd’hui on est dans un déni total par rapport à ce qu’on est en train de faire subir à notre planète. Tu as d’un côté des progrès scientifiques et technologiques absolument incroyables et d’un autre des comportements limite moyenâgeux, c’est paradoxal  et les politiques semblent s’en foutrent. Bambi Galaxy est parti d’un constat simple : Comment en est-on arrivé là ? Comment peut-on expliquer cela aux enfants ?

Quelles ont été tes sources d’inspiration ?

J’ai beaucoup lu sur les sciences. Brian Green ou encore Stephane Hawking . Ce dernier est un professeur de mathématiques  qui pense que le salut de l’homme passera obligatoirement par l’exil sur une autre planète. J’ai également aussi beaucoup pensé au film Soleil Vert,  de Richard Fleischer. D’ailleurs, tu constateras que beaucoup de films post apocalyptique se déroulent vers 2030… et 2030 c’est demain.

Florent Marchet-2L’exil, comme dans ta chanson Appollo 21 ?

Un jour mon fils et moi allons à la pêche dans le Berry. Sur la carte il est inscrit de ne pas manger les poissons car ces derniers pourraient être  impropre à la consommation. En tournée en Chine on se retrouve au bord de la mer sans pouvoir se baigner car l’eau est polluée. C’est  à partir de ces faits, entre autres,  qu’est née la chanson Appollo  21.

Quand je parle de protéger la planète, je parle avant tout de protéger  l’Homme. Notre planète était là avant nous et elle sera là après nous mais pour l’homme c’est moins sûr.  Tous les jours des espèces s’éteignent mais bizarrement on n’imagine pas qu’un jour l’homme puisse disparaitre. J’ai aujourd’hui 2 enfants et à travers eux je me projette naturellement  dans le futur alors que le monde lui parait vivre à court terme !

Si tu devais vraiment quitter la terre avec femme et enfants, qu’emporterais-tu ?Je crois que j’emporterai des parfums, des odeurs. Pouvoir sentir l’océan, un feu de cheminée même si cela semble impossible. Il y a un peu cette idée dans le film Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973) où les personnages essaient de se souvenir du goût d’une fraise. Je l’ai d’ailleurs revu il n’y a pas longtemps et c’est étrange quand on sort de ce film là, on a envie de choses simples comme de respirer les cheveux de ses enfants.

En live, tel un capitaine de vaisseau, Marchet et sa chemise alu, nous balade de planètes en planètes jusqu’à l’Alpha Centaury. Des deux boucliers chromés surplombant la scène à la musique d’ambiance proche de celle du Space Mountain, ici rien ne semble être là par hasard. Une heure et des poussières cosmiques de show élégant et d’une grande classe, balancé entre humour décalé, ambiance apocalyptique et reprise atypique (Plastic Bertrand). Pour ma part, je ne saurais trop vous conseiller de prêter une oreille (et également un œil attentif) aux productions toujours soignées du musicien. En tout cas, nous, sur ce coup-là, on a complétement adhéré.

Chronique de Bambi Galaxy

Florent Marchet on tour / WEB

Merci à Florent Marchet, Christelle La Familia et à l’Autre Canal Nancy.

 

O.