Festival Stereolithe #5

VENDREDI
THE SOFT MOON

DAALE

 

SAMEDI

Prologue

Le Parc de la Cure d’Air, site désormais incontournable du festival Stéréolithe, est l’endroit idéal pour ce genre de rendez-vous. Une vue panoramique sur Nancy, des stands de nourriture et de boisson savamment pensés pour rassasier et rincer le public (à ce titre je recommande vivement la Châouette, à bon entendeur), une organisation réglée comme du papier à musique, une ambiance cool et détente avec un coucher de soleil en toile de fond. Bref faudrait presque pas oublier d’aller voir les concerts !

Heimat

Le premier concert auquel j’assiste est celui du duo Heimat. Derrière un jeu de scène timide on découvre une musique avec un univers singulier mené par de bonnes productions et un chant scandé en langues exotiques (allemande, italienne ou autres que je n’ai pas reconnu). Une bonne découverte à base de mélodies inventives aux ambiances martiales, de quoi se mettre en jambe !

Olivier Depardon

Après une petite pause Châouette à l’extérieur on retourne voir cette fois ci Olivier Depardon. À la croisée des chemins entre Dominique A et Iggy Pop (version française), l’homme envoie un rock froid, industriel qui emmène instantanément l’auditoire dans son univers empreint de noirceur. Ses paroles introspectives (« entends-tu les mots dans ma tête ? ») souvent parlées, parfois criées font du concert une sorte de catharsis vécue par le chanteur. Un moment intense et captivant.

Silence

Le nom de ce groupe est un oxymore au regard de leur musique. Silence, c’est du brute de décoffrage animé par un certain grain de folie, bref ce n’est pas le genre de concert où t’amène mamie ou ton nouveau collègue René-Hyppolyte. Il n’a d’ailleurs pas fallu longtemps pour que leurs riffs dissonants engendrent une ondulation frénétique de cheveux dans le public. Il faut dire que les membres du groupe sont sans filtre sur scène ! Ils ne trichent pas avec leur personnalité à l’image du bassiste, torse nu pour l’occasion, qui me faisait penser à un certain John Dwyer dans ses heures les plus punks. Au-delà de ça, Silence, c’est de vrais bons musiciens amenant une réelle richesse dans l’arrangement de certains morceaux ce qui n’est pas, il faut le dire, sans déplaire pour ce style de musique.

The Bryan Magic’s Tears

Changement radical d’ambiance avec le dernier groupe de la soirée qui n’est pas le Villejuif Underground, chose que n’a pas manqué de préciser au micro le chanteur du groupe venu en renfort : « Salut nous on n’est pas le Villejuif Underground ». Ce groupe surprise c’est The Bryan Magic’s Tears que je ne connaissais pas avant la soirée. Ces jeunes aux cheveux décoiffés habités par une certaine nonchalance tournent pourtant bien avec notamment un passage par la route du Rock cet hiver et en prime un live Arte Concert.

C’est en claquettes chaussettes (fashion faux pas) que le quintet commence son concert aux frontières du garage, de la pop et du rock psychédélique. Fort de ses trois guitares sur scène le groupe envoie des riffs intéressants emprunts d’une certaine mélancolie, le tout avec un côté teenage assumé. Si bien qu’à l’annonce du slow par le chanteur (« Bon maintenant on va vous jouer une sorte de Slow ») la salle s’est trouvée plongée dans une ambiance bal de promo américain qui aurait pu apparaitre dans un Lynch. Au final, le groupe nous a livré un concert marqué de puissance, profondeur mais aussi de fragilité. On attend alors de voir ce que les parisiens pourront nous sortir de leurs tripes dans le futur tant les bases sont bonnes.

Épilogue

L’association Monoltihe nous a une fois de plus livré un très bon festival de musiques alternatives et indépendantes, on ne peut que les encourager à persévérer sur ce chemin qui offre la possibilité au public nancéien d’avoir accès à une scène riche et variée.

Matt Elliott

La soirée se termine au son du DJ Set underground Soul and Funk de Matt Elliott, le plus anglais des nancéiens. On peut regretter que le public ne se soit pas rué pour montrer ses plus beaux déhanchés, sans doute n’avaient-ils pas consommé assez de Châouette, peut être en avaient-ils trop consommé…

Texte : Elie
Photos: Arnaud

Remerciements à l’ association Monolithe, Nicolas Robin, Anthony et l’équipe de L’Autre Canal