Fenster « Bones »

Cover fenster bones
Autant le dire tout de suite, Fenster est typiquement le groupe dont il est difficile de dire du mal. Dès la première écoute, la musique est attachante. Et pourtant ici, le propos n’est pas à la rigolade. Car même si les comptines sont cajoleuses et éthérées, on est plutôt ici dans le registre d’une noirceur et une mélancolie presque gothique. On passe très vite d’une pop enjouée (Oh Canyon) à des ballades cafardeuses (The Hunter, Gravediggers). Leur pop insidieuse qu’ils qualifient eux-mêmes de « de-constructed pop music » trouve son inspiration dans les atmosphères fantomatiques, les cimetières et l’imaginaire religieux. Leur musique, sorte d’electro accoustique, est construite avec des accords mélodiques et une rythmique minimale à laquelle s’ajoutent des bruitages de la vie quotidienne (claquements de portes, bruits urbains) accentuant par la même occasion le côté spectral de leur musique.  Formé en 2010 par la new-yorkaise exilée à Berlin JJ Weihl, le berlinois Jonathan Jarzyna, et le percussionniste Lukas, Fenster réussit avec leur premier album Bones à nous alpaguer avec seulement très peu de choses. De ses moyens limités, Bones en tire une incitation à l’imagination fertile partagée avec une curiosité craintive. Comme dans toutes bonnes histoires de fantômes, l’auditeur veut connaître la fin des histoires racontées dans Bones même si celles-ci lui provoquent quelques frissons. Intriguant et envoûtant à la fois.

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Photo1_fenster by Maxime Ballesteros