Fensch Groove Consortium

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Fensch Groove Consortium est LE collectif de DJs qui a le vent en poupe actuellement dans l’agglomération messine. Œuvrant pour le développement de la culture dance underground en Moselle avec leurs soirées « Steel Groovin » à l’Endroit, Fensch Groove Consortium a été très vite reconnu d’utilité publique par bon nombre de noctambules.
Le 18 juin prochain, les Trinitaires ouvrent les portes de son cloître à FGC pour une après-midi/soirée placée sous le signe de l’hédonisme : La Summer Session.
Avant ce rendez-vous immanquable, Electrophone a voulu en savoir un peu plus sur cette machine à danser qu’est le Fensch Groove Consortium. Armagnac, l’un des cinq djs du collectif messin s’est prêté au jeu des questions/réponses et nous offre, pour l’occasion, un mix d’une heure qui, à coup sûr, vous mettra des fourmis dans les jambes avant samedi.

Qui se cache derrière Fensch Groove Consortium ?

Derrière le FGC se cachent les Aurus Squad, Leen, Herr 2003, Nate Tone et donc moi, Armagnac. On est tous DJs ou producteurs. Il y a aussi Max qui s’occupe de tout ce qui est administratif. Dans l’ensemble, il y a beaucoup de « Maxime » dans le Consortium.

Ce nom Fensch Groove Consortium est fortement attaché à notre région. Pourquoi cet attachement à la vallée de la Fensch et par conséquent choisi ce nom ?

On est naturellement attaché à la région Lorraine. On a tous grandi ici et puisque l’on représente plus la Moselle que la Meurthe-et-Moselle, on a cherché à trouver un nom qui puisse traduire cette appartenance. La Fensch, c’est ce qui décrit le mieux notre environnement et je pense que ça évoque une image forte dans le reste de la France : celle de Florange des hauts fourneaux, d’une région déshéritée qui se cherche un nouveau souffle.
Et puis on fait de la House (enfin essentiellement) et les artistes House ont toujours représenté leur ville ou leur région, que ce soit à Chicago, New York, Detroit ou même Berlin. Il y a aussi Red D et San Soda en Belgique qui mixent sous « FCL », le club de foot dans lequel ils évoluent ! On représente nos frères et soeurs en gros.

Quelle est l’idée première dans la création de Fensch Groove Consortium ?

L’idée c’est de dynamiser la ville et de créer une scène. À Metz, si tu aimes la Dance, la musique underground, tu t’en vas parce que les artistes intéressants dans le domaine ne viennent pas jouer dans notre ville. Il y a eu des événements ponctuels (les soirées Puissance, Nuit Blanche etc.) mais trop rares, pas assez fréquents pour créer une habitude chez le public. Ce que l’on aimerait nous, dans l’absolu, c’est qu’il y ait une soirée  par semaine avec une programmation Dance de qualité. Pour ça il faudrait un lieu dédié, un club spécialisé que l’on attend désespérément. On garde espoir !

Aujourd’hui, vous êtes seulement quelques djs (Armagnac, Aurus Squad, Leen, Nate Tone, Herr 2003) au sein de Fensch Groove Consortium. Est-ce que le nombre d’artistes est appelé à augmenter et du coup évoluer vers d’autres courants de la musique électronique?

Je pense qu’actuellement on est assez dans le Consortium. Après, bien sûr qu’on est prêt à programmer des DJs locaux tant que ça rentre dans notre ligne artistique. On a fait jouer Hirsto de Luxembourg à notre première soirée à l’Endroit, c’était mortel ! Jens Lözeltt du collectif Mara Moja, idem.

Ceci dit, ce qui nous intéresse particulièrement c’est surtout de faire venir des DJs d’ailleurs, parce qu’une scène repliée sur elle-même avec des Djs qui ne font que jouer entre eux, ça a quelque chose de morbide. Je crois que c’est hyper important de faire découvrir de nouvelles choses aux Messins et que c’est une source d’inspiration pour tout le monde. Depuis un an, on a fait jouer des DJs de partout en France : Eliott Litrowski et Simo Cell de Paris, DTLW de Limoges, la clique du disquaire Groovedge à Lyon… et dernièrement Interstellar Funk du label Rush Hour venant d’Amsterdam, pour une soirée à Nancy, mais ça a été un bide haha

Quels styles de musiques électroniques défendez-vous ? À ce que j’ai déjà pu entendre le spectre musical va du disco assez pointu à la house ?

On défend la Dance music au sens large. On est plusieurs DJs dans le Consortium donc on a forcément des goûts très marqués et assez variés. Leen est très branchée funk disco, r’n’b 90’s ou House à la Small People, les Aurus Squad et moi on est des mordus de Chicago House, d’Electro Detroit voir de Hip Hop. Herr2003 c’est le côté Boogie Funk et disco.

Personnellement ce qui me plaît c’est de pouvoir passer d’un style à un autre sans que ça soit n’importe quoi. J’ai été vraiment marqué par le DJ Set de 3 Chairs que j’ai vu au Dekmantel il y a deux ans. Ils ont mixé six heures et enchaînaient de la disco sur de la acid house sur de la techno sur du rap sans jamais perdre leur public. Ça demande une bonne technique et un sens de la teuf, c’est ce que je me donne comme objectif.

Metz a une petite culture electro grâce aux soirées Puissances et Okay Pulsations. Aimeriez-vous que Metz deviennent une ville reconnue pour sa scène electro comme Detroit ou encore Berlin ?

On n’en demande pas tant. On voudrait juste que les gens arrêtent de dire qu’il ne se passe rien chez nous. Si quelques artistes peuvent émerger grâce ou parmi nous, on aura déjà de quoi être ultra fier.

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Sentez-vous à changement dans la perception du public et des acteurs culturels en faveur de la musique électronique ? Est-il plus facile qu’auparavant de défendre sa musique lorsque l’on est DJ ?

La techno est à la mode partout en France. Si tu regardes le nombre de festivals majeurs consacrés essentiellement à ce style, ils sont en nette augmentation : la Weather, les Nuits Sonores, Marsatac, We Love Green etc. Alors je pense que c’est à double tranchant : d’une part, c’est cool parce que la connaissance globale du mouvement s’amplifie, et parce que les DJs ne sont plus considérés comme des semi-artistes que l’on case entre deux vrais concerts pour faire patienter. D’autre part, c’est gênant parfois, parce que ce qui est à la mode se vulgarise. Beaucoup de programmations se font parce que le mouvement est à la mode et parce que l’on sait que ce style ramène du monde et la qualité musicale passe au second plan. Beaucoup de gens te parlent de musique électronique sans vraiment s’y connaître. C’est un peu comme quand tes contacts facebook se transforment en experts de géopolitique en commentant les articles du Monde.

Et dans le même temps, je ne suis pas non plus pour une sacralisation du DJ. Tu entends souvent parler de « DJs légendaires » « Pionnier de tel mouvement » « Shaman du dancefloor »… Il y a beaucoup de vanité dans ce discours. On est juste des types qui passent des disques que d’autres ont créé. Ça demande du talent, une grande culture musicale, un feeling sûrement, mais on n’est pas Beethoven !

Samedi, Fensch Groove Consortium organise une soirée aux Trinitaires. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

On invite DJ Rahaan qui vient de Chicago est qui est vraiment un des meilleurs DJs que j’ai eu l’occasion de voir dans ma vie. Il était passé à Lyon l’année dernière et l’ambiance était complètement dingue, les gens dansaient comme des malades et hurlaient de joie. Ce qui est quelque chose d’assez agréable.

On invite aussi LB aka Labat, un producteur lyonnais hyper prometteur, qui jouera en live avec sa MPC et quelques machines. Il vient de sortir un album chez Groovedge qui est juste mortel. Ca ressemble beaucoup à ce que peut faire Theo Parrish et c’est très proche de ce que joue MCDE, très house Detroit deuxième génération qui utilise beaucoup de samples de soul, de funk, de jazz…

Le reste des Djs sets seront assurés par les membres du Fensch Groove Consortium.

Pour ce qui est de l’événement en lui-même, il se déroulera samedi après midi de 14h à 22h dans le Cloitre des Trinitaires. Le disquaire Groovedge (de Lyon) disposera d’un stand pour vendre des vinyles. On a demandé à Mehl’s Kitchen de s’occuper de la restauration et les Franc Cartons, une asso de Metz, collabore avec nous sur la scénographie.

S’il fait trop moche, on rapatrie les concerts sous les arcades du cloître. Mais on garde espoir et puis la pluie en Lorraine ça n’a jamais arrêté personne.

Après la Summer Session de samedi, quel est le programme des prochains mois pour Fensch Groove Consortium ?

On va participer au festival Ondes Messines et on prévoit d’autres choses pour plus tard, mais c’est confidentiel pour l’instant.

Propos recueillis par Damien

Event SUMMER SESSION

TRACKLIST :
Sound Mechanix – I Can’t Forget
G-Strings – Land Of Dreams
Simoncino – Pyramids
Rhythim Is Rhythim – The Dance (Living Room Mix)
Joe R. Lewis – My Own (Dub)
R-A-G – Beyond (Aroy’s dub)
Moodymann – J.A.N
Glenn Underground – Servants Jaz House
Strictly Jaz Unit – Fear God (I Will Sing To The Lord)
Black Jazz Consortium – Stay
The Other People Place – Let Me Be Me
Mike Mareen – Dancing In The Dark (Galactica Remix)
Julian Jonah – Jealousy & Lies
Alex O. Smith – Skynet