Fantôme :: Acédie – Mostla Tape

Fantôme :: Acédie - Mostla Tape

Maxime Delcourt a titré son livre « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire« . Il y relate une certaine idée de la chanson française emmenée par des artistes comme Brigitte Fontaine, Jac Berrocal et autres. À la fin de ce livre, un chapitre est dédié aux héritiers de cette mouvance libertaire fourbue d’idées larges et de musique ouverte aux influences diverses. Fantôme aurait très bien pu avoir sa place dans ce chapitre.
Derrière ce nom énigmatique se cache Josepha Mougenot (fille du chanteur lorrain Mil Mougenot) une jeune artiste qui s’est déjà essayée à la BD (Isadora Duncan Naïve 2013) avant de poursuivre sa vie en musique. Une musique pas comme les autres, qui ne ressemble pas à celle que l’on a l’habitude d’entendre sur les radios ou à celle que l’on écoute chez soi. Si entrer dans l’univers de Fantôme Josepha nécessite d’abattre quelques préjugés, lorsque ceux-ci ont disparu, c’est une forme de satori musical qu’il nous est donné de vivre.
Les instruments de prédilection de Josepha sont le piano, la harpe et le koto. On pourrait donc facilement rapprocher la messine avec Joanna Newsom. Mais la musique de Fantôme est plus frêle, plus ascétique, et donc plus authentique et plus sincère. Lorsque que l’on découvre Acédie, sorti sur la très respectable structure La Souterraine, on retrouve les mêmes sensations que lorsque l’on a découvert White Chalk de PJ Harvey. On pense aussi parfois à Nico et son harmonium notamment sur « Long Dimanche Blanc ». Comme ses deux aînées, Fantôme provoque avec sa harpe et son piano un effet de surprise comme on n’en avait pas perçu depuis longtemps. Il y a de l’audace dans la voix et dans le choix des instrumentations. On perd ses repères. On en retrouve d’autres. Fantôme et sa musique sont les choses les plus troublantes entendues cette année.

Damien

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