Fabio Viscogliosi :: Rococo

© Ph. Lebruman

Bandes dessinées, illustrations, peintures, romans : Il n’est pratiquement aucun support que Fabio Viscogliosi n’ait utilisé.
Extension naturelle de son univers artistique, l’ex The Married Monk en est, avec Rococo,  à son troisième album, succédant ainsi à Spazio en 2002 qui l’avait, définitivement consacré auteur/compositeur/interprète de pop minimaliste. Passer autant d’années à cultiver ce son qui confine au dépouillement ne pouvait que secréter des chansons hors du temps, une sobriété du rendu où la légèreté côtoie la rigueur dans des lignes mélodiques réduites à leur essence.
Celui qui n’a de cesse d’abonner son œuvre aux changements de saison, se nourrit du vent  et des premiers frimas pour délivrer un message romantique, un étendard classieux aux multiples influences, d’Ennio Morricone,  à Lucio Battisti en passant par Nino Rota. Car le cinéma occupe une place centrale dans la musique de F. Viscogliosi (‘Il Bel Bagno Paradiso‘/’Le Secret‘). Son projet, Big Yum Yum, initié en 1995  et ses onze reprises de BO classiques, de ‘A Bout de souffle’  à ‘Quai des Brumes’ en est une des nombreuses illustrations.
Parfois visuelle, son écriture joue en permanence sur la corde sensible, sur des coulées de prose nonchalantes (‘Septembre’/’Dicembre’), entre complaintes et espoir, magnifiées par cette voix de velours, quand soudain ‘Les Palmiers sauvages’ viennent zébrer de lumière cette partition automnale.
Douze années d’attente depuis Fenomeno. Notre patience est largement récompensée.

Hervé