Exsonvaldes « Lights »

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Auparavant, Exsonvaldes était un groupe un peu trop timide
jouant une pop estimable mais trop souvent mésestimée. Son principal défaut
était qu’il laissait à d’autres la place d’outsider qu’il méritait amplement.
Mais avec Lights, les Parisiens vont
enfin voir la lumière des grands soirs. Et s’il y a bien un titre qui symbolise
le revirement artistique d’Exsonvaldes c’est bien le morceau « L’inertie ».

J’ai pris le temps de perdre mon temps,

De ne pas dire je t’aime assez souvent

J’ai vieilli et j’ai grandi

Ravalé mes envies

Alors

À force d’attendre on n’aura rien

À force d’attendre je ne serai rien

À peine plus qu’hier peut-être moins

Ce couplet refrain annonce toute la nouveauté et le désir de
revanche d’Exsonvaldes. Bien décidé à prendre la part de gâteau qui lui revient
à juste titre, Exsonvaldes a opéré un changement radical dans sa musique. Tout
d’abord en prenant le risque de chanter en français sur plusieurs morceaux
comme L’Aerotrain, L’Inertie, On n’a rien vu venir. Trois titres qui, au final, s’avèrent être les
meilleurs morceaux de Lights. On se
demande pourquoi le groupe n’y avait pas songé plus tôt.

L’autre bouleversement, puisqu’il faut utiliser les bons
mots, se situe dans la musique. Exsonvaldes a mis de l’hédonisme et du soleil
dans sa musique. Ils l’ont même rendue un peu plus synthétique. Ce n’est plus
ici le groupe influencé par Girls In Hawaï et le rock belge en général qu’il
nous avait été donné d’entendre sur les trois premiers albums (Time we
spent together
2004, Near the edge of something beautiful 2009, There's no
place like homes
2010). Sur Lights, le
quatuor parisien marche sur les pas de Phoenix avec le maniérisme en moins. Après
de multiples écoutes de l’album, un seul constat s’impose à nous. Il faut
reconsidérer le cas Phoenix. Arrêter de les porter au pinacle alors que
d’autres groupes comme Exsonvaldes font bien mieux et en toute indépendance.
Avec des tubes imparables (Days et Let Go) placés judicieusement en
ouverture d’album, des belles prises de risque (le chant en français), des
plongées dans les grandes étendues synthétiques (Sémaphores, Action), Lights
arrive à rivaliser avec le seul chef-d’œuvre de Phoenix United.

Illuminé par un éclair de lucidité, Exsonvaldes a repris en
main sa carrière de la meilleure des façons. Ceux à qui on envisageait des Consolation Prizes pour l’ensemble de
leur carrière, les voici bien éloignés de la Bankrupt.

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