Entretien : Nasser

 
On  ne s’était pas trompé en pariant sur Nasser en début d’année dernière dernière (Voir Bilan2010) , on clôturera donc l’année 2011 avec eux.

Le trio marseillais vient d’achever une tournée marathon et offre pour le fin de l’année un 5eme EP en télechargement libre.

Électrophone les avait rencontré courant Octobre leur de leur passage au Nancy Jazz Pulsations, voici l’entretien.

Electrophone : Votre premier EP «  Nasser#1 » est sorti en 2009 et aujourd’hui on vous retrouve un peu partout (Radio, Festival, presse spécialisée…) que s’est-il passé pour Nasser entre 2009 et aujourd’hui ?
Nicolas : On a  beaucoup travaillé. On doit en être à notre 100ème live et notre premier album marche bien. Après plusieurs EP on a été lauréat de l’ADAMI et ça nous a permis de faire pas mal de festivals (Vieilles charrues, Route du rock, Eurockéennes, Solidays, Garorock…). Sur le coup, je pense que l’engouement pour Nasser s’est surtout construit autour de la scène.

E : Deux ans, c ’est une ascension assez rapide, non ?
N : Oui et on ne va pas s’en plaindre (rire). On a beaucoup de chance on doit avoir une bonne étoile qui veille sur nous.

Au départ  rien n’était  prémédité, on a commencé à faire de la musique surtout par plaisir et pour se vider la tête du stress quotidien. Ensuite tout s’est enchainé rapidement. On a toujours fait les choses avec beaucoup de sincérité et je pense que ça parle au public. On n’a pas envie d’être un feu de paille, on est là aujourd’hui et on a encore envie d’être là demain. Nous ne sommes pas un groupe à tubes, on essaye de se construire petit à petit  sur scène dans la lignée de groupes tels que LCD soundsystem ou Soulwax qui n’ont pas forcément de gros hits mais plutôt une discographie énorme.
E : Comment arrive-t-on à se faire un nom avec de la musique électro dans la ville de Tino Rossi et Iam ?
N : En fait ça a suscité une certaine curiosité car des groupes d’électro rock à Marseille il n’y en a pas. Par la force des choses on sortait du lot et on était là au bon moment. On aurait fait du rap ça aurait été sans aucun doute beaucoup plus difficile.
E : J’ai lu que vous préférez dire que vous faite du Rock Electro plutôt que de l’Electro Rock ? C’est quoi la différence pour vous ?
N : Sur notre album on fait de l’électro Rock du fait de la production souvent retenue qu’oblige la musique en studio. Nos concerts eux sont clairement rock électro. On ne se fixe aucune limite et bien  que la présence de machines et de beat est souvent assimilée  à l’électro, les grosses parties de guitare, de batterie, de cris et de sueur rappellent que nous sommes avant tout un groupe de rock.
E : Après 3 EP clairement électro-rock (ou rock Electro), Numéro 4 votre album sonne résolument rock, pourquoi ce choix ? C’était volontaire de votre part ?
N : On n’aime pas faire 2 fois les mêmes choses et même s’il y a tout de même des morceaux électro dans notre album,  au moment où on l’a enregistré on était dans une ambiance Rock.

On sortirait un album aujourd’hui il sonnerait  encore différent du fait qu’entre temps on a travaillé des nouveaux sons avec des nouveaux instruments. Et puis, on a voulu montrer qu’on n’était pas  seulement un groupe d’électro même si au final on essaye de toujours conserver notre propre identité.
E : Je vous ai vu en live lors de votre dernier passage à Nancy et le souvenir que j’en ai c’est de 3 types super complices avec pour seule idée d’enflammer le public, je suis loin de la vérité ?
N : Non c’est ça et ça nous va très bien… On termine notre tournée fin décembre et justement on va en profiter pour rebosser notre live en y incorporant des nouveaux morceaux.
E : Le magazine Trax dit de votre live qu’il s’apparente à soulwax, la comparaison est plutôt flatteuse, non ?
N : Grave, on est fan. Leur live est monstrueux, c’est un honneur d’être comparé à eux. 
E : Justement, sur les traces de soulwax, vous remixez pas mal d’artistes, on vous remixe également et j’ai vu que Simon fait des DJ sets, c’est un exercice qui vous plait ?
N : On est dans cette culture électro où tous les groupes se remixent entre eux et donc forcément on participe.
E : Vous avez fait des pubs, des clips vidéo et deux d’entre vous font partie du collectif « Double zéro », finalement vous savez tout faire, jusqu’où comptez-vous aller ?
N : On ne sait pas, le plus loin possible…. La musique nous permet de rencontrer pas mal d’artistes et de ne plus passer par des intermédiaires qui souvent te mettent des bâtons dans les roues. On vient de faire le clip de Fanzy, de Munk et  on travaille sur notre prochain clip. On va aussi faire une tournée en Asie et on aimerait faire une fiction un peu barrée autour de ça…on a plein d’idée.
E : Un prochain Album ?
N : Déjà, on présentera notre nouveau live cet été. Pour l’album on n’a pas envie de précipiter les choses, on ne veut pas être un groupe qui sort un album tous les 10 mois mais on a d’ores et déjà prévu de sortir un nouvel album fin 2012.
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