Elan Noon :: Have A Spirit Filled

© Rachael Duranti

Elan Noon est un nouveau venu dans la galaxie bien encombrée de l’internationale pop.  On aurait pu passer à côté comme beaucoup d’entre vous qui le découvrez à la lecture de cette chronique.   Mais ce qui nous a poussés à découvrir aujourd’hui Elan Noon, c’est notre fidélité à la maison mère qui sort Have A Spirit Filled à savoir Field Mates Records. Les publications de ce label mené de mains de maître par Dali Zourabichvili sont toujours très goûteuses. Jimmy Whispers, Yuko Yuko, Délage fleurissent un beau catalogue.
Puisque l’on parle de fidélité, Dali l’est tout autant avec ses artistes. En effet, Elan Noon n’est autre que Keenan Mittag-Degala, batteur du groupe Jons dont le dernier album en date est sortie en France grâce aux oreilles curieuses de Dali.
Elan Noon n’est pas à son premier coup d’essai en solitaire. On est passé à côté de Nonsense Piano I, sorti en 2016 dans la plus stricte confidentialité, regroupant huit improvisations au piano. Ne fuyez pas à la lecture de ces lignes. Elan Noon ne fait plus dans l’improvisation pianistique mais plutôt dans le bel ouvrage pop.
La première écoute de Have A Spirit Filled fait le même effet que lorsque l’on a découvert pour la première fois Ram de Paul McCartney. Une œuvre solitaire d’un artiste échappé de son groupe tutélaire et qui s’essaie à quelques expérimentations pop lo-fi.  Mais attention,  rien de passéiste dans la musique du Canadien.  Bien au contraire.  Elan Noon s’inscrit dans son époque avec des ritournelles bien dans l’air du temps façon Mac DeMarco (« False Idols (ft. Suz) », « Could It Be ? »).  Mais le plus intéressant chez Elan Noon, et surtout ce qui le révèle comme songwriter d’exception, c’est lorsqu’il joue sur les cordes sensibles de sa guitare folk. Impossible de ne pas succomber à l’écoute de Vexed avec ses arpèges folk et son accompagnement au clavier Bontempi. L’ouverture Blue nous avait déjà mis la puce à l’oreille quant à la sensibilité exacerbée d’Elan Noon et sa capacité à écrire des instants de bonheurs pastoraux. Pour revenir à MacCartney, Unwise nous fait d’emblée penser à Ram On et Feel No Dread ressemble à une mélopée fragile jouée sur un clavier Casio bon marché par Robert Wyatt. Un autre batteur dont Elan Noon partage beaucoup de sensibilité lorsqu’il s’agit d’écrire de belles mélodies.

Damien