Ela Orleans / Dirty Beaches « Double Feature »

Cover pochette dirty beachys- ela orleans Double Feature
La Station Radar et Les Ateliers Ciseaux s’unissent encore une fois, pour le meilleur et en aucun cas pour le pire, pour nous offrir un nouveau split Ep dont ils ont le secret. Double Feature rassemble les deux mondes lointains, et pourtant si homogènes dans leur créativité, d’Ela Orleans et de Dirty Beaches. Deux entités, aux univers très imprégnés, ayant chacune sorti récemment des albums d’une grande profondeur. Ici on parle de climat. Des atmosphères nostalgiques que les deux déracinés recherchent sans cesse à travers leur musique. Une musique pleine d’imaginaire mais qui diffère selon l’artiste. Avec Alex Zhang de Dirty Beaches, c’est un trip acide et crépusculaire dans les bas fonds d’une ville interlope. C’est l’Interzone cher à W.S. Burroughs. Dirty Beaches reste dans les Badlands en parlant d’une Amérique privée de ses années glorieuses durant lesquelles elle se voilait la face pour ne pas voir son côté sombre. Le riff de guitare bouclé façon Gloria des Them de Don’t Let The Devil Find You, joué dans la noirceur vocale et Suicide(aire), est sans aucun doute le meilleur morceau jamais écrit par Alan Vega. De New-York, il en est aussi question avec Ela Orleans. Onirisme solitaire d’une européenne exilée dans la Big Apple, sa musique convoque les spectres d’une ville rendant ses mélodies hypnotiques et émotives. Emprunté de splendeur vintage et de rêveries shoegazées, l’art de l’américano-polonaise atteint son paroxysme sur l’envoûtant Somewhere ou sur le cinématographique Neverend. Saluons cette rencontre miraculeuse gravée à tout jamais pour nos plus grands plaisirs décadents.

La Station Radar / Atelier Ciseaux / Ela Orleans / Dirty Beaches