Ducktails « The Flower Lane »

Ducktails
Seuls quelques albums au penchant lo-fi enregistrés avec des
amis dans la cave de ses parents puis d’autres avec son principal groupe Real
Estate, ont suffit à Matt Modanile pour  apparaitre comme le petit phénomène qu’il ne
fallait pas quitter des yeux et surtout sur lequel il fallait toujours garder
une oreille attentive sur ses moindres faits et gestes solitaires. Derrière sa
dégaine d’éternel étudiant échappé de The Feelies (un autre groupe majeur du
New Jersey), Matt Modanile était devenu  l’homme à suivre. Et notre obstination, pour
ne pas dire fanatisme, est récompensée avec The
Flower Lane
.

Inutile de chercher à faire une comparaison entre Real
Estate et Ducktails tant Matt Modanile semble être l’âme sensible génératrice des
plus beaux moments de Real Estate. Premier album enregistré avec un vrai groupe
(Big Troubles) et à avoir une production digne de ce nom grâce aux doigts
magiques d’Al Carlson (Lucifer Peaking
Lights), The Flower Lane paraît d’emblée
meilleur que les précédents albums. Grâce à une production enfin à la hauteur
des mélodies, Matt Modanile laisse de côté son penchant lo-fi pour tirer vers
le haut ses mélodies lumineuse, et ce, sans perdre son humanité. Sous une patine
éthérée  faite d’arpèges cristallins en
lieu et place d’accords, un saxo occasionnel rappelant un soft rock habile et
pointu dans son référencement, The Flower
Lane
traine une langueur  et une nonchalance
que l’on n’avait plus entendues depuis Pavement. L’écoute prolongée provoque l’impression
d’être dans une enveloppe cotonneuse et chimérique, où tout n’est que caresses
auditives. En esthète de la pop, Matt Modanile exploite ses références jusqu’à
reprendre Planet Phrom de l’ex The
Clean  Peter Gutteridge et plonge son
auditoire dans une nostalgie fantasmée et réverbérée. « The Ivy Covered House » et « The Flower Lane » rappellent à leur
manière les décors idylliques chantés quarante-cinq ans plus tôt dans Penny Lane. Le reste est à rapprocher de
ce qu’ont  pu faire les sœurs Kaplan avec
Puro Instinct. Autrement dit, des mélodies infaillibles, immédiates et charmeuses
dans leur inventivité. Beau, sensible et aérien; les quelques superlatifs
exploités ici ne suffisent pas à décrire ce songwriting plein de finesse.

Derrière sa pochette en forme d’échiquier, The Flower Lane inflige le mat à chaque
morceau. Pas vraiment  étonnant que
Domino Records ait mis tout en branle pour faire venir Matt Modanile et sa bande
(Ducktails, Real Estate, Alex Bleeker And The Freaks) dans son catalogue, tant
tout ce qui vient de près ou de loin de ces nouveaux génies de la pop semble
devenir essentiel pour tout à chacun.

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